Sommet européen : "On ne soigne pas la maladie"

Par , le 09 décembre 2011 à 17h19 , mis à jour le 09 décembre 2011 à 17h50

Dossier : Crise financière

INTERVIEW-Pour Benjamin Carton, économiste au CEPII, les annonces faites dans la nuit de jeudi à vendredi ne règlent pas la crise de la zone euro. Seule la BCE peut le faire à l'heure actuelle. Retour sur les différents points de ce sommet.

[Expiré] UE sarkozy merkel © AFP

TF1News : Comme l'avaient proposé Angela Merkel et Nicolas Sarkozy lundi, le mécanisme européen de solidarité (MES) remplacera le Fonds de secours européen (FESF) non pas en 2013 mais en juillet 2012. Qu'est ce que cela va changer ?

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    Le couple franco-allemand souhaite se baser sur la directive de la commission européenne pour mettre en place une taxe sur les transactions financières. Il souhaite avancer sur la croissance, l'emploi et la compétitivité lors du prochain sommet européen, le 30 janvier.

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    L'euro a brusquement décroché mercredi, chutant à son plus bas niveau par rapport au dollar depuis janvier. Par rapport au yen, il atteint un record de 10 ans.

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  • Les Bourses pas convaincues par l'accord européen

    Les marchés financiers européens et américain ont terminé en forte baisse lundi, prudents face à la menace des agences de notation qui plane sur la zone euro et dubitatifs quant à l'efficacité des mesures issues du dernier sommet européen.

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    Alors que le candidat PS promettait lundi matin de renégocier projet de traité européen s'il est élu en 2012, le président en prenait la défense, estimant que l'accord crée les conditions d'une "sortie de crise" et assurant que la France n'abandonne pas sa souveraineté.

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    Le Premier ministre britannique a expliqué son choix devant le Parlement britannique lundi après-midi lors d'une séance agitée. Une absence a fait jaser : celle de Nick Clegg, son vice-Premier ministre, europhile et partisan de l'accord trouvé par les 26 à Bruxelles...

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  • Moody's garde un oeil sur les pays de la zone euro

    L'agence de notation américaine a annoncé, lundi, qu'elle réexaminerait les notes souveraines des pays de la zone euro et de l'Union européenne au cours du premier trimestre 2012. En cause : l'absence de "mesures décisives pour stabiliser les marchés à court terme".

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  • Sommet : un accord à 26 (sans le Royaume-Uni)

    La zone euro pourrait voir les autres pays de l'UE, à la seule exception du Royaume-Uni, rejoindre l'accord sur le renforcement de la discipline budgétaire conclu à Bruxelles. "Nous ne sommes pas exclus" de l'Union européenne, assure Cameron.

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    Le sommet européen de crise a tourné à l'affrontement avec la Grande-Bretagne et échoué vendredi matin à accoucher d'une révision du traité de l'UE à 27 pays pour renforcer la discipline budgétaire de la zone euro, qui du coup ira seule de l'avant pour adopter de nouvelles règles.

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  • Zone euro : il n'y aura "pas de seconde chance" prévient Sarkozy

    Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont entamé jeudi soir à Bruxelles un sommet crucial pour tenter de trouver des solutions à court et long terme à la crise de la dette qui menace la survie de la zone euro.

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  • Zone euro : les enjeux du troisième sommet "de la dernière chance"

    Les chefs de gouvernement changent, les thèmes du débat aussi, mais l'enjeu reste le même : sauver la zone euro. Après le sommet entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel lundi, voici ce dont parleront nos dirigeants européens jeudi soir.

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  • Paris et Berlin d'accord pour un nouveau traité européen en mars

    Lors d'une conférence de presse à l'Elysée lundi, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont annoncé s'être mis d'accord sur un nouveau traité européen, si possible à 27, mais si besoin à 17.

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  • Zone euro : sur quoi portent les négociations au juste ?

    Traités, rigueur budgétaire, pacte de stabilité... De nouveaux enjeux sont débattus avant le prochain sommet européen "de la dernière chance", les 8 et 9 décembre. De quoi parle-t-on ?

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  • Crise de la dette : les banques centrales volent au secours de la zone euro

    Les principales banques centrales mondiales ont uni leurs forces mercredi pour offrir un peu d'oxygène à la zone euro et à son secteur bancaire qui menace de se gripper à cause de la crise de la dette. Les Bourses européennes ont clôturé en forte hausse, dopées par cette annonce.

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  • Un plan d'aide pour l'Italie ? Le FMI dément, les Bourses apprécient

    Le Fonds monétaire international a démenti lundi l'existence de discussions avec les autorités italiennes concernant un plan de secours pour la péninsule évoqué dimanche par la presse italienne. Les Bourses ont clôturé en forte hausse lundi.

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  • Merkel : nous allons redonner sa "crédibilité" à l'euro

    La chancelière allemande a estimé vendredi que le sommet européen sur la crise de l'euro avait abouti à un "bon résultat" qui allait permettre à l'euro de regagner sa "crédibilité".

    Publié le 09/12/2011 Merkel : nous allons redonner sa "crédibilité" à l'euro
  • Van Rompuy ouvre la voie aux Euro-obligations

    Dans un rapport soumis aux 27, le Président de l'Union Européenne propose d'évoluer vers "l'émission en commun de dette". Il y présente aussi le projet à long terme d'euro-obligations, rejetées pour l'instant par Berlin.

    Publié le 07/12/2011 Van Rompuy ouvre la voie aux Euro-obligations
  • La zone euro sous surveillance négative de S&P : et si c'était une bonne chose ?

    DECRYPTAGE - Si l'agence de notation Standard & Poor's met tous les pays européens dans le même panier, c'est pour donner comme message : "vous ne vous en sortirez qu'ensemble", analyse Emmanuel Kessler de LCI.

    Publié le 06/12/2011 La zone euro sous surveillance négative de S&P : et si c'était une bonne chose ?
  • Comment sauver la zone euro ?

    Les ministres des finances de la zone euro se réunissent mardi à Bruxelles pour étudier le fonds européen de stabilité financière et l'enventuelle réforme du pacte de stabilité.

    Publié le 29/11/2011 Comment sauver la zone euro ?
  • Crise de l'euro : à quoi sert la Banque centrale européenne ?

    La France n'a pas réussi à faire plier l'Allemagne jeudi sur le rôle de la Banque centrale européenne face à la crise. Paris défend une intervention plus grande de l'institution, ce que refuse toujours Berlin. Un blocage lié aux fondements même de la BCE.

    Publié le 23/11/2011 Crise de l'euro : à quoi sert la Banque centrale européenne ?
Plus d'infos

Benjamin Carton, économiste au CEPII* : Assez peu de choses. Le premier élément c'est que le MES va pérenniser le Fonds de secours européen. Or aujourd'hui, ce dernier n'est pas vraiment entré en application. Il n'y a pas de doctrine sur son rôle : il peut racheter des dettes, renflouer des Etats, peut-être des banques... tout est possible mais rien n'est précisé. Il n'a pas de mission définie. Or le MES doit avoir le même rôle. Il n'a donc pas de mission non plus.

Et il n'aura pas plus d'argent que le FESF. Il s'agit d'une accélération des réformes. Mais sur une vision à six mois, s'il y a des tensions sur les marchés, le MES ne sera pas là.

TF1News : Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi a annoncé qu'il gèrerait le FESF et le MES. Cela peut-il avoir son importance ?

Benjamin Carton : C'est une nouvelle importante. S'il prend en charge le Fonds et le mécanisme, il va en préciser la doctrine. Et la BCE est très transparente. Elle va utiliser cet outil pour la "stabilité financière", tout en précisant ce qu'on entend par "stabilité financière". Cela pourrait passer par un rachat de dettes. Mais Mario Draghi a dit qu'il ne procédera pas à des rachats pour des montants importants. Il rentre en contradiction avec le fait qu'il doive gérer un fonds dont ce serait un des buts. D'autant plus qu'il a dit que si les Etats adoptaient des règles budgétaires plus strictes, il pourrait acheter à nouveau de la dette.

TF1News : Les Européens ont également annoncé qu'ils apporteront 200 milliards d'euros au FMI. Est-ce parce qu'ils n'arrivent pas à apporter de l'argent au Fonds de sauvetage ?

Benjamin Carton : Essentiellement oui. Il y a quelque chose d'un peu curieux dans cette histoire (l'Europe qui aide le FMI qui aide l'Europe). En réalité, le FMI a une réputation d'être assez crédible lorsqu'elle aide les Etats, notamment en termes de stabilisation budgétaire. Au lieu que ce soit réalisé dans un cadre européen, on laisse cet argent sous la responsabilité d'un organisme extérieur, moins dépendant des Etats européens. Mais malgré tout, c'est un aveu d'échec.

Cet apport viendra de la BCE. Mais les raisons, les modalités, savoir si le statut du FMI le permet n'est pas détaillé. Faire de la politique ce n'est pas juste des intentions.

TF1News : Concernant la mise en place de l'union budgétaire, allons-nous vers une plus grande intégration européenne ?

Benjamin Carton : La révision des traités vise à pallier les manques du pacte de stabilité adopté en 1997. Ce pacte est inopérant parce qu'il n'a pas conduit les Etats à avoir une politique budgétaire soutenable. Les Etats ont fait attention avant l'adoption de l'euro, et dès qu'il était en circulation, ils ont repris leurs habitudes d'avant.

Aujourd'hui les traités visent à renforcer un pacte de stabilité et de croissance plus contraignant. Mais il s'agit de contraintes envers des politiques nationales, on ne va pas vers une politique européenne. Il n'y a eu aucune annonce de politique coordonnée de croissance en Europe. Alors que les politiques budgétaires n'ont de sens que s'il y a des politiques de croissance coordonnées à coté. Donc on peut être sceptique sur une intégration des politiques en Europe.

TF1News : Pourquoi ce refus des euro-obligations ?

Benjamin Carton : On a une négociation avec deux parties et on veut un résultat gagnant/gagnant. D'un coté tous les pays adoptent des règles budgétaires strictes, notamment les pays qui n'avaient pas de politique budgétaire soutenable à long terme. Et de l'autre coté il y a la BCE et les pays d'Europe du nord qui disent "en échange, on créera des euro-obligations". On a une action pour une promesse, parce que ceux qui font des promesses ne sont pas crus. Rien ne dit par exemple que le gouvernement de Mario Monti restera au pouvoir en Italie dans les prochains mois. Donc rien ne dit que la promesse sera tenue. Donc on ne mène que des politiques restrictives, sans moyen de permettre la reprise de la croissance. On ne fait rien pour faire baisser les taux d'intérêt des Etats, simplement pour garder des budgets faibles.

TF1News : Finalement, peut-on dire que l'euro est (enfin) sauvé ?

Benjamin Carton : Non. Les décisions qui ont été prises ne règlent rien. Le problème ce n'est pas l'euro mais les taux des dettes publiques. Les décisions prises n'auront aucun effet puisqu'on ne soigne pas la maladie. Et cette maladie c'est que les marchés ont peur. Aujourd'hui on ne peut pas dire s'ils sont rassurés, puisque juste après un sommet, les Bourses augmentent et les taux des emprunts d'Etat diminuent. Il faut voir d'ici une semaine.

Il n'y a que la BCE qui peut intervenir là-dessus. Elle le fait un peu, en rachetant des titres de dette des Etats sur les marchés. Mais si on veut comparer avec des pays analogues en termes de croissance, sur le montant de rachat des dettes publiques, la BCE fait à peu près 10 fois moins que les autres banques centrales, notamment la banque centrale anglaise.

* Centre d'études prospectives et d'informations internationales

Par Jessica Dubois le 09 décembre 2011 à 17:19
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8 Commentaires

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  • cristauf436, le 10/12/2011 à 07h11

    Encore un sommet,encore une fois l'europe est sauvé ,et dans une semaine c'est de nouveau la fin de l'europe et de l'euro ^^ des mois que ça dure ça commence a bien faire ....

  • 421123, le 10/12/2011 à 04h03

    @sambrest: "Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage..."

  • Jacques Henri, le 10/12/2011 à 03h05

    Il est vrai aussi que les QE -rachats de dettes, planche a billets - par les banques centrales des US, UK et du Japon ne sont que des expédients a court terme qui ne règlent rien et se retrouveront en inflation. Dans l\'immédiat il faut d\'abord enclencher une démarche vertueuse dans les pays du Sud y compris la France. Si cela est crédible il pourra y avoir des rachats de dette par la BCE. Concernant la mise en place d\'une politique plus globale avec de la croissance dans certains pays est-ce réellement pertinent quand on voit que l\'Allemagne fait 60% de ses exportations avec le reste de l\'Europe?

  • look165, le 10/12/2011 à 02h31

    Au lieu de soigner la maladie, ce qui revient à lui donner une "bonne santé", il vaudrait mieux soigner le malade.

  • bugscannes, le 09/12/2011 à 22h49

    Sambrest est parfait!!!!!

  • sambrest, le 09/12/2011 à 22h04

    ça fait 6 ou 7 accords quand même! ce qui prouve bien que les avant-derniers accords, sensés tout régler, étaient imparfaits!

  • guilmor, le 09/12/2011 à 20h24

    Quelque soit l'accord, il y a toujours des insatisfaits, des personnes qui ne font que commenter sans avoir aucunes responsabilités.

  • guilmor, le 09/12/2011 à 18h51

    Ah ces experts...

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