Peut-on parler d'euro-obligations ? Pas encore. Mais dans la nuit de jeudi à vendredi, les dirigeants de la zone euro ont fait un pas vers une mutualisation des dettes - un autre terme technique plus général que le mécanisme des "euro-obligations".
Concrètement, qu'ont-ils décidé ? Les pays ayant du mal à se financer sur les marchés pourront faire appel au Mécanisme européen de stabilité (MES), qui doit être effectif début juillet. Ce fonds pourra acheter les obligations - les titres de dettes - directement lors de leur émission, selon les premiers éléments fournis par les dirigeants européens.
Le MES devra, avant d'acheter ces dettes, émettre lui-même des titres de dette sur les marchés. Mais plus sûr que les pays en difficulté, il pourra donc emprunter à des taux inférieurs. Et refinancer ceux qui n'y arrivent plus. L'Espagne et l'Italie, qui se voient proposer aujourd'hui des taux élevés et parfois à la limite du supportable lors de leurs émissions de dette, étaient les deux pays intéressés par cette proposition.
Impossible donc de parler d'euro-obligations, dont la définition est la mise en commun des dettes de tous les Etats de la zone euro pour une émission commune. "Ma position sur les euro-obligations n'a pas changé", a répété la chancelière allemande Angela Merkel, vendredi midi. Mais il s'agit bien d'un pas en avant vers une mutualisation des dettes.
Contreparties
Face à une telle avancée, essentiellement poussée par l'Espagne et l'Italie, l'Allemagne a obtenu des concessions. Ce soutien ne pourra pas être fourni aux pays ne respectant pas les recommandations de la Commission européenne et leurs engagements en termes d'assainissement des finances publiques. Angela Merkel a également affirmé que les Etats ainsi aidés seraient placés sous surveillance de la troïka Fond monétaire international - Commission européenne - Banque centrale européenne. Comme les pays (Grèce, Irlande, Portugal et bientôt Chypre) ayant reçus une aide européenne.
Une information démentie par le chef du gouvernement italien Mario Monti, qui s'est targué d'avoir obtenu qu'il n'y ait ni programme ni troïka en échange de ce soutien. Les modalités restent à définir, a indiqué une source européenne.
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