Standard and Poor's prévoit une baisse de l'immobilier en France en 2012

Par A.C., le 15 décembre 2011 à 07h25 , mis à jour le 15 décembre 2011 à 07h32

Dossier : Crise financière

L'agence de notation prévoit pour 2012 une baisse de 5 à 10% des prix de l'immobilier en France, estimant qu'ils avaient trop augmenté dans un contexte de crise économique. Mais pour la zone euro, une "légère récession" est à l'horizon.

Bonne nouvelle pour les acheteurs, moins bonne pour les vendeurs et la conjoncture économique de la France. L'agence de notation Standard and  Poor's prévoit une baisse des prix de l'immobilier dans l'hexagone de 5 à 10% en 2012, estimant qu'ils avaient trop augmenté dans un contexte de crise économique. L'économiste en chef de S&P pour l'Europe, Jean-Michel Six, a indiqué dans  ne note sur "les perspectives du crédit dans le monde en 2012" que l'évolution des prix de l'immobilier en France avait été "un peu un mystère" cette année. 

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"Depuis le début de la crise, on aurait pu s'attendre à voir les prix se stabiliser mais, en fait, il ne l'ont fait que provisoirement et ont commencé à augmenter de nouveau", a-t-il relevé. "Les prix des logements en région parisienne ont grimpé de 18% sur les douze mois jusqu'en septembre 2011, ce qui est un taux très inquiétant dans un contexte de ralentissement économique et de chômage élevé. Donc la France est un peu une exception", a-t-il poursuivi.
 
L'immobilier, l'emploi, le moral des consommateurs...
 
En revanche, le contexte économique de la bonne vieille Europe ne risque pas de s'améliorer.  Si l'agence de notation voit pour 2012 une "légère reprise" aux Etats-Unis, elle envisage une "légère récession" en zone euro. Les économies devraient rester freinées par les inquiétudes autour de la dette publique. S&P n'a pas fourni de prévision chiffrée, mais a indiqué qu'elle voyait la probabilité d'une récession aux Etats-Unis à 35%, et qu'elle tablait sur un  taux directeur de la Banque centrale européenne à 0,5% en fin d'année contre 1%  aujourd'hui.
 
"Une incapacité à régler les problèmes de dette publique en Europe et aux  Etats-Unis pourrait provoquer une crise plus prononcée. L'immobilier, l'emploi  et le moral des consommateurs restent les domaines les plus inquiétants pour les économies développées", a expliqué S&P. Selon Jean-Michel Six, "le secteur manufacturier est déjà en phase de contraction dans la plupart des pays  européens sur fond d'affaiblissement de la demande des marchés émergents et de prudence accrue des consommateurs". Cela devrait persister, a-t-il prévenu. "Nous voyons, de nouveau, une hausse des taux d'épargne dans toute la  région, à cause d'incertitudes renouvelées sur les marchés financiers et de  facteurs politiques. Les ménages deviennent nerveux quant à la possibilité que  la crise dure trop longtemps et que quelque chose de tout à fait dramatique se  produise", a-t-il souligné.

La perte du Triple A, pas un "cataclysme" 

Une dégradation de la note de la dette française ne serait pas justifiée au regard des fondamentaux économiques du pays, estime le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, qui se pose des questions sur l'utilité des agences de notation. Dans le Télégramme de Brest de jeudi, le gouverneur de la Banque de France estime que les agences sont "devenues franchement incompréhensibles et irrationnelles". "Elles lancent des menaces, alors même que les États ont pris des décisions fortes et positives. Les agences de notation font comme s'il ne s'était rien passé. On peut penser que l'utilité des agences pour guider les investisseurs n'est plus avérée aujourd'hui", déclare-t-il. Christian Noyer a tenu ces propos alors que le gouvernement français prépare l'opinion à une dégradation de la note AAA, la meilleure, de sa dette souveraine, ce qui risque d'entraîner une hausse des taux. Il estime en outre que les notes de trois banques françaises ont été dégradées alors qu'elles sont "très bien capitalisées, notamment comparées à leurs homologues européennes et américaines. "Voilà pourquoi je n'ai aucune inquiétude concernant le système bancaire français", souligne Christian Noyer. La perte éventuelle par la France de la note AAA "ne serait pas un cataclysme", a  estimé de son côté mercredi le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, deux jours  après que Nicolas Sarkozy a jugé que cela ne serait "pas insurmontable".

Par A.C. le 15 décembre 2011 à 07:25
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41 Commentaires

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  • revolution2012, le 16/12/2011 à 12h45

    Bien que tes propos ne me plaisent pas, je pense leopold21 qui tu as entièrement raison, les vendeurs ne veulent pas baisser leur prix, au pire ils attendent ou repoussent leur projet, voir le loue pour en tirer des revenus, mais personne ne veut baisser les prix, donc même si ça baisse ce sera de l'ordre de 5 à 10% max, on est loin d'un krach tant attendu !

  • infoniko, le 15/12/2011 à 15h11

    L'immobilier est un marché local, ce n'est pas parce que l'indicateur national est a la baisse que çà baisse partout. ne faites pas d'un cas une generalité. entre 2 communes distantes de 10 kilometres, sur un bien identique, il y a parfois plusieurs dizaines milliers d'euros de differences.

  • infoniko, le 15/12/2011 à 15h07

    Si çà change, pour le même prix global, la banque gagnera plus. le scellier concerne l'investissement locatif, il est donc presque exclusivement vendu par des professionnels, ils vont faire un petit effort pour liquider les stocks mais ne vous inquietez pas, il y a d'autres moyens de defiscaliser en immobilier. la loi sur les plus value n'est plus applicable aujourd'hui. il faut que l'acte authentique soit signé avant le 1 er fevrier 2012, or il faut 2 a 3 mois pour conclure une vente, on est donc hors delais. ce qui va se passer, c'est que les proprios vont retirer leurs biens de la vente, il va donc y avoir plus de demandes que d'offres, la seule chose, c'est que ceux qui veulent acheter auront du mal a se financer. au final, je ne crois pas a une baisse significative. les epargnants vont revenir vers la pierre car elle est plus sure et moins volatile que la bourse.

  • milooser31, le 15/12/2011 à 14h22

    En même temps pas besoin d'avoir fait polytech pour assurer que l'immobilier va stagner ou baisser...

  • leopold21, le 15/12/2011 à 14h11

    J ai dis a part quelques années! L immobilier reste et a toujours été un valeur refuge ne vous en déplaise...........

  • attbib, le 15/12/2011 à 13h54

    Standard and poor's n'avait pas prevu le debut de la crise en 2008 alors leurs previsions qu'ils se les gardent

  • eltacantal, le 15/12/2011 à 13h38

    Forcément qu'ils ne l'ont pas vue ... c'était un problème Américain. Or il est bien connu que les Américains n'ont pas de problème, pas de dettes, qu'ils ont toujours raison, que ce sont les plus forts et les gardiens de la morale et de l'honnêteté. Ah que !

  • fabienlaude-tf1, le 15/12/2011 à 13h31

    C 'est sur que plus personne n 'as un toit puisque avoir des murs et habiter dedans c 'est une chose impossible en France et pour dire la vérité , les gens de l ' immobilier font de la location avec des immeubles qui tombent pour la plus part en ruines ou à refaire. Les Agences auraient une idée pour relancer la Construction ? puisque hélas , chose impossible en France. Peut on faire venir plus d 'étrangers pour nous montrer comment construire des maisons ? Nous , on ne sait pas !

  • polo80200, le 15/12/2011 à 13h16

    Ce sont les mêmes qui n'ont pas vu, ou pas voulu, voir arriver la crise des subprimes aux USA (titrisation de la dette immobilière pour mémoire......)

  • neviofr, le 15/12/2011 à 13h02

    Pour votre information, si l'immobilier stagne, vous perdez chaque année un peu avec l'inflation. Par exemple, avec une inflation de 2%, l'immobilier aura perdu 22%.

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