Madrid le redoutait depuis quelques semaines. C'est chose faite : l'agence d'évaluation financière américaine Standard and Poor's (S&P) a annoncé jeudi avoir abaissé de deux crans la note de solvabilité financière de l'Espagne, de "A", à "BBB+". Cette décision relègue Madrid dans la catégorie des émetteurs de qualité moyenne en mesure de faire face à leurs obligations de manière adéquate.
Cette décision tombe mal pour Madrid, au moment où le gouvernement de droite a lancé un vaste plan d'austérité et de réduction des déficits, qui visait justement à rassurer la zone euro et notamment à juguler les taux d'emprunt sur les marchés obligataires pour sa dette. Un plan qui ne semble donc pas fonctionner.
Dette nette en hausse ?
Pire, la perspective associée à la nouvelle note de l'Espagne est "négative", ce qui signifie que l'agence envisage la possibilité d'un nouvel abaissement. "Dans un environnement de contraction économique, et contrairement à nous prévisions précédentes, nous pensons que la trajectoire des finances publiques du Royaume d'Espagne va probablement se détériorer", écrit l'agence dans un communiqué. De plus, "nous percevons une hausse de la probabilité que l'Etat espagnol doive fournir un soutien budgétaire supplémentaire au secteur bancaire", ajoute le texte. "En conséquence, nous pensons que le risque augmente de voir la dette nette du gouvernement fédéral espagnol croître encore", écrit S&P pour justifier sa décision.
Selon l'agence, la perspective négative associée à la note prend en compte les "risques importants" qui pèsent sur la croissance économique de l'Espagne et ses comptes budgétaires, et les effets que cela devrait avoir sur la note de crédit du pays.






