La taxe carbone débarque le 1er janvier 2010 © Médiathèque de la Commission européenPour le gouvernement, pas question de reculer : la censure du Conseil constitutionnel n'aura été qu'un retard et la taxe carbone verra bel et bien le jour, sous une forme amendée. Et c'est à l'occasion du premier Conseil des ministres de l'année 2010 que Nicolas Sarkozy a annoncé son entrée en vigueur "le 1er juillet" prochain, a rapporté le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel. L'agenda prévu pour cette taxe nouvelle formule a été réaffirmé par le chef de l'Etat : le gouvernement présentera donc, comme prévu, un nouveau projet de loi lors du Conseil des ministres du 20 janvier.
Taxe carbone : le patron d'Airbus craint une "guerre commerciale"
Les tensions croissantes au sein du secteur de l'aviation, au niveau mondial, à propos de la taxe carbone imposée par l'Union européenne aux compagnies aériennes, pourraient provoquer une escalade dont s'inquiète ouvertement ce lundi le patron d'Airbus, Tom Enders.
Publié le 13/02/2012
Bras de fer mondial sur la taxe carbone
La Chine et les Etats-Unis refusent que leurs compagnies aériennes paient la taxe carbone, qui impose à tout vol traversant l'espace aérien européen de payer à proportion de ses émissions polluantes. L'Europe refuse de céder sur le principe... mais se dit prête à discuter.
Publié le 07/02/2012
La nouvelle taxe carbone en vigueur le 1er juillet
La nouvelle taxe carbone, dont la première version a été censurée fin décembre par le Conseil constitutionnel, entrera en vigueur le 1er juillet 2010, selon Luc Chatel.
Publié le 05/01/2010
Suivra alors une période de "concertation" longue de "plusieurs semaines" avec les "acteurs concernés", dont les industriels, qui étaient exemptés de la taxe carbone première version, a précisé Luc Chatel. "Ce n'est qu'après que le texte sera envoyé au Parlement. Le véhicule législatif n'a pas encore été défini (mais) il faudra bien un projet de loi de finances rectificative". Le ministre de l'Education a confirmé que le texte, qui a fait l'objet de critiques au sein de la majorité, ne serait pas présenté avant les élections régionales de mars. Et que le premier "chèque vert" que l'Etat devait verser en compensation de la nouvelle contribution aux ménages les plus modestes ne le serait pas non plus avant cette échéance qui s'annonce difficile pour la droite, contrairement à ce que souhaitait le chef de l'Etat.
Lagarde veut rassurer
Reste que la censure du Conseil constitutionnel a suscité doutes et inquiétudes au sein des industries qui comptaient bénéficier des exemptions prévues par la première mouture du dispositif. Dans un entretien aux Echos ce mardi, Christine Lagarde s'est employée à les rassurer en plaidant en faveur d'une taxe carbone à taux variable pour les industries les plus polluantes afin de ne pas les fragiliser.
"Je plaide pour un mécanisme d'imposition différencié en fonction" de l'exposition de ces industries "à la concurrence internationale et en fonction de l'intensité énergétique de leur production", déclare la ministre de l'Economie. "Nous travaillons sur la possibilité d'appliquer des taux réduits et de mettre en place par ailleurs d'autres mécanismes incitatifs ou des plafonnements, par exemple sur la base de la valeur ajoutée", précise-t-elle. "J'ai le souci de la compétitivité de ces entreprises et il n'est pas question de taxer à tout-va des secteurs à l'équilibre économique fragile", ajoute Christine Lagarde.
Pas de changement pour les ménages
Le Conseil constitutionnel, qui a censuré la taxe carbone le 29 décembre, avait vivement critiqué l'exonération prévue pour les 1.018 entreprises industrielles les plus polluantes, déjà soumises aux quotas de CO2, mais qui ne deviendront payants qu'en 2013. En revanche, la ministre a confirmé au quotidien économique qu'aucun changement n'était prévu pour les ménages, dont la contribution doit leur être restituée, et les pêcheurs ou les routiers, partiellement exonérés. Le gouvernement a prévu de déposer un nouveau projet de taxe carbone le 20 janvier prochain.
Lundi, le rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale, Gilles Carrez (UMP), s'était prononce pour l'instauration progressive et sans exemption d'une "contribution carbone généralisée, sur une même base pour chaque agent économique", contrairement au ministre du Budget Eric Woerth qui avait défendu la veille le maintien de "dérogations". Le ministre du Budget a évoqué notamment le secteur de l'électricité, du nucléaire.
Gilles Carrez souhaite par ailleurs que la taxe carbone soit appliquée mais de manière "neutre pour la grande industrie", déjà soumise à un système de quotas de CO2. Le secteur industriel relevant de l'attribution de quotas de CO2 au niveau européen avait été exempté de la taxe carbone.
| 1% de croissance et moins de chômage ? |
Dans le même entretien, la ministre de l'Economie espère "au moins 1% de croissance" cette année et devrait "probablement" revoir en hausse les prévisions inscrites dans le budget. Adopté en décembre par le Parlement, il s'appuie sur une prévision de 0,75%. Le Premier ministre François Fillon avait affirmé en novembre que la croissance française pourrait atteindre 1,5% en 2010, soit le double de ce qu'a inscrit le gouvernement dans le budget. Le retour de la croissance n'empêchera pas le chômage d'augmenter pendant quelques mois encore, a en outre averti la ministre. "On aura encore du chômage en 2010, soyons clairs (...). On va encore subir le contrecoup de cette crise majeure qu'on a subie en 2009", a-t-elle dit. Le nombre de destructions d'emplois a toutefois été réduit par quatre depuis le début 2009, a-t-elle rappelé. "Je pense que la deuxième partie de 2010 devrait être le moment du reflux, c'est-à-dire le moment où le redémarrage de la croissance peut permettre un étiage, où l'économie cesse de détruire de l'emploi", a dit Christine Lagarde. |
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