Taxe Tobin : le couple franco-allemand de nouveau mis à l'épreuve ?

le 09 janvier 2012 à 06h37 , mis à jour le 09 janvier 2012 à 13h09

Dossier : Dossier Euro

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se retrouvent lundi pour un déjeuner à Berlin dans une ambiance troublée par le cavalier seul de Paris sur un projet de taxation des transactions financières.

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy/Image d'archives/août 2011Angela Merkel et Nicolas Sarkozy/Image d'archives/août 2011 © AGENCE FRANCE PRESSE
Ils risquent de manger froid. L'ambiance devrait être glaciale lundi midi à Berlin lors du déjeuner de travail du président Nicolas Sarkozy et de la chancelière allemande Angela Merkel. Depuis quelques temps, les deux dirigeants ont pris l'habitude de se voir avant chaque sommet pour accorder leurs violons. Cette fois, au menu du rendez-vous, le Conseil européen du 30 janvier. Mais le plat principal sera le projet du chef de l'Etat français d'instaurer une taxe sur les transactions financières. Et cela, le plus rapidement possible.
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    Publié le 20/09/2010 Sarkozy veut la taxe sur les transactions financières
Plus d'infos

 
L'idée s'annonce difficile à digérer. Vendredi, Nicolas Sarkozy a pris de court ses partenaires européens, Allemagne en tête, en déclarant que la France n'attendrait pas qu'ils trouvent un consensus pour mettre en oeuvre la taxe en France. La place financière française s'est insurgée contre ce projet du président français, à quatre mois d'un scrutin présidentiel Dimanche, le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu, a précisé qu'il serait examiné "probablement en février". (Lire : Taxe Tobin : une loi en février ?)
 
La nécessité d'une "approche cohérente"
 
L'annonce a semblé prendre de court la chancelière Merkel, qui se voulait aussi la championne de ce projet censé avoir un effet dissuasif sur la spéculation tout en apportant de l'argent frais. Berlin a sèchement rappelé que sa position était "inchangée. "Le but est d'aboutir à l'instauration d'une taxe sur les transactions financières dans l'Union européenne", a déclaré le porte-parole du gouvernement allemand. Berlin privilégie un consensus au niveau de l'UE, ou au moins de la zone euro, de peur de plomber la compétitivité de la place financière de Francfort.
 
La Commission européenne a elle-même rappelé la nécessité d'une "approche cohérente" entre les pays européens en vue d'obtenir des "résultats efficaces" tandis que le chef du gouvernement italien Mario Monti a jugé "nécessaire que les différents pays européens n'aillent pas en solitaire dans l'application" de cette taxe. Dimanche, le Premier ministre britannique David Cameron est allé encore plus loin, réaffirmant son opposition à tout taxe à moins qu'elle ne soit décidée au niveau mondial.
 
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy doivent aussi s'entretenir des progrès du processus de modification des traités européens, initiés par eux pour durcir la discipline budgétaire et ainsi rassurer enfin les marchés sur la viabilité de la zone euro. Le danger d'une récession imminente en zone euro ainsi que la fragilité du secteur bancaire, toujours tenu à bout de bras par la Banque centrale européenne, devraient également être abordés lors des discussions.

L'Italie ouverte à une taxe Tobin au niveau européen

Rome est disposé à travailler à la mise en place d'une taxe sur les transactions financières au niveau de l'Union européenne, a déclaré dimanche soir le chef du gouvernement italien Mario Monti, tout en exclant d'instaurer un telle taxe, dite Tobin, unilatéralement en Italie. "Le gouvernement de (mon prédécesseur Silvio) Berlusconi avait fait part de son opposition au niveau européen, j'ai fait part en revanche de l'ouverture du gouvernement italien sur ce thème", a répondu M. Monti à la demande d'un journaliste sur la chaîne de télévision publique RAI 3. "Nous sommes disposés à y travailler, mais jamais au grand jamais si elle ne concernait que l'Italie. En revanche, pendant une phase au cours de laquelle nous avons un grand intérêt à obtenir la collaboration étroite de pays comme l'Allemagne et la France, pourquoi pas?" a-t-il affirmé. "Cela n'a rien à voir avec le fait que j'ai été l'élève du Pr Tobin", a-t-il plaisanté.

le 09 janvier 2012 à 06:37
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30 Commentaires

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  • 421123, le 10/01/2012 à 02h18

    Ce "vieux couple" maintenant a eu bien du mal à se retrouver, ils y sont pavenus et réalisent un sacré travail...

  • syberya, le 09/01/2012 à 16h34

    @kosotto1-@loava, vous a me semble t-il mal compris..lol je comprends votre étonnement lol. Amitiés.Marie :o)

  • syberya, le 09/01/2012 à 15h32

    Surtout des français qui la font! et qu'il prend pour des imbéciles depuis Cinq ans !

  • kosotto1, le 09/01/2012 à 15h17

    Je t'aime moi non plus, je vais et je viens....

  • kosotto1, le 09/01/2012 à 14h50

    Loava : ????? je ne comprends pas votre commentaire !

  • alainze, le 09/01/2012 à 14h23

    Bon appetit !

  • languedebois, le 09/01/2012 à 14h11

    Ya ka ; faut qu'on...bla bla... la critique est un art pratiqué par ceux qui regardent et n'agissent pas !!

  • sambrest, le 09/01/2012 à 13h57

    Le problème est que "précipitation", c'est le surnom de Monsieur Sarkozy!

  • sambrest, le 09/01/2012 à 13h56

    Oui... le 432ème si mes souvenirs sont exacts! ;-)

  • zkr78, le 09/01/2012 à 13h43

    Avant de vouloir taxer les flux financiers, Sarkozy ferait mieux de s'attaquer aux niches fiscales encore existantes, et de réduire sérieusement les dépenses de l'Etat. A ce propos il faudrait que la France présente sa note de frais, à la Libye.

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