Michel Rocard et Alain Juppé président la commission sur le grand emprunt © LCIDéjà guère apprécié par la majorité des Français, comme le révèle un sondage ce mardi, le grand emprunt voulu par Nicolas Sarkozy risque en outre de créer des frictions avec Bruxelles. La Commission européenne, gendarme budgétaire de l'UE, a indiqué lundi soir vouloir prendre en compte ce projet de dans l'évaluation de la situation de déficit et d'endettement du pays. Paris souhaiterait plutôt un traitement différencié.
Que va-t-il faire avec 35 milliards ?
Nicolas Sarkozy dévoile ce lundi ses décisions sur l'affectation des sommes que doit permettre de récolter le grand emprunt. <b>En direct dès 11 h sur TF1 News et LCI Radio </b>
Publié le 14/12/2009
Grand emprunt : "Pas moins de 25, pas au-delà de 50 milliards d'euros"
Nicolas Sarkozy décidera de son montant précis "au début du mois de décembre", a annoncé mercredi l'Elysée.
Publié le 04/11/2009
"Il est évident que l'on ne peut pas seulement juger les perspectives de la politique budgétaire et les résultats en termes de déficit ou de dette de l'économie française en tenant compte de l'information disponible aujourd'hui, ou des informations sur le budget 2010" présenté par la France, a prévenu le commissaire aux Affaires économiques, Joaquin Almunia. "Il faut aussi tenir compte de l'impact du grand emprunt" prévu par le président Nicolas Sarkozy, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro. Il a indiqué avoir discuté à cette occasion avec la ministre française, Christine Lagarde, de ce problème.
Prendre en compte les circonstances exceptionnelles
L'emprunt doit servir à financer des projets d'investissement pour l'avenir comme la recherche, les nouvelles technologies, les véhicules propres etc. Il devrait s'élever à entre 25 et 50 milliards d'euros selon la présidence française. L'ancien Premier ministre Alain Juppé, co-président de la commission sur le grand emprunt, a évoqué lundi un montant de 35 milliards, selon le quotidien français Sud-Ouest.
Bruxelles suit ce projet avec grande attention car il risque de son point de vue de creuser un peu plus les déficits et la dette publique de la France, déjà très élevés du fait de la crise économique. La Commission a prévu de demander mercredi à la France de ramener son déficit public dans la limite européenne maximale de 3% du PIB fixée par le Pacte de stabilité (contre plus de 8% pronostiqués cette année), d'ici 2013, au lieu de 2012 jusqu'ici. Alors que Paris table sur un retour dans les clous en 2014 seulement. Bruxelles va aussi faire des recommandations sur les mesures à prendre.
Christine Lagarde s'est de son côté étonnée lundi soir de la volonté de prendre en compte dès à présent ce projet d'emprunt, alors que sa "taille, sa finalité et sa gestion" en matière de comptabilité nationale ne sont pas encore définies. La ministre française des Finances a laissé transparaître le mécontentement de son gouvernement à l'égard de la nouvelle date butoir de 2013 fixée par Bruxelles. Elle a souligné la nécessité d'un "retour à un équilibre des finances publiques de manière réaliste" et "crédible", sous entendant que 2013 ne serait guère tenable. "Le principe du Pacte (de stabilité) révisé, c'est de prendre en compte les circonstances exceptionnelles pour le retour à l'équilibre" des comptes publics en Europe, a fait valoir de son côté une source française. "Si ça (la situation actuelle de récession), ce n'est pas une circonstance exceptionnelle, qu'est-ce qui en est une? Un bombardement nucléaire ?".
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