"Un petit pas pour l'euro, un grand pas pour l'Estonie"

Par TF1 News, le 01 janvier 2011 à 09h47 , mis à jour le 01 janvier 2011 à 09h51

L'Estonie, un des trois pays baltes sortis du giron soviétique en 1991, a officiellement adopté samedi la monnaie européenne, au moment où celle-ci traverse une crise sans précédent.

Le passage en 2011 à TallinnLe passage en 2011 à Tallinn © TF1/LCI

L'Estonie est devenue ce 1er janvier, à minuit heure locale, le dix-septième membre de la zone euro mais le premier pays issu de l'Union soviétique, un acte de foi compte tenu de la crise de la dette que traverse le bloc monétaire. Le Premier ministre Andrus Ansip a été l'un des premiers Estoniens à retirer des euros à un distributeur mis en place pour l'occasion. "C'est un petit pas pour la zone euro, mais un grand pas pour l'Estonie", a-t-il dit, une poignée de billets à la main. "Nous sommes fiers de devenir un Etat membre de la zone euro", a-t-il ajouté. Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, et les Premiers ministres letton et lituanien étaient présents dans la capitale estonienne pour célébrer l'événement. Les deux autres Etats baltes espèrent imiter leur voisin en 2014 et ainsi renforcer leur indépendance par rapport à Moscou.

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1,3 million d'Estoniens ont ainsi dit adieu à leur monnaie nationale, la couronne, qui avait remplacé le rouble soviétique en 1992, après le divorce de ce pays balte d'avec l'URSS. "L'Estonie est le pays le plus pauvre de la zone euro. Nous avons donc beaucoup à faire maintenant que l'objectif d'y adhérer a été atteint", a encore commenté le Premier ministre estonien Andrus Ansip en saluant le moment historique marqué à Tallinn par un imposant spectacle de feux d'artifices. "Avec l'entrée de l'Estonie dans la zone euro, plus de 330 millions d'Européens utilisent désormais les billets et pièces en euros. Ceci reflète bien l'attrait et la stabilité de l'euro pour les États membres de l'Union européenne", a déclaré pour sa part le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, dans un communiqué diffusé vendredi à Bruxelles.

"Félicitations à l'Estonie, mais condoléances aussi"

La plupart des sondages montrent que 50% des Estoniens sont favorables à ce changement, contre 40% qui y seraient opposés. Mais l'entrée dans l'euro au terme d'une année noire pour la monnaie unique européenne n'est pas du goût de tous les Estoniens. Et les "anti-euros", s'appuyant sur les déboires de la Grèce au printemps puis de l'Irlande cet automne, estiment qu'adopter aujourd'hui la devise européenne revient à "acheter le dernier billet à bord du Titanic". Les grands pays de l'ancien bloc communiste, à commencer par la Pologne, la Hongrie et la République tchèque, considèrent pour leur part que leurs économies sont plus à l'abri en dehors de la zone euro qu'en dedans.

Avec sa prévision pour 2010 d'un déficit public équivalant à 1,3% du produit intérieur brut et une dette de 7,2% du PIB en 2009, l'Estonie est le meilleur élève de la zone euro en ce qui concerne la rigueur budgétaire. La zone euro ne sera néanmoins pas profondément modifiée par cette entrée : le PIB de l'Estonie représente 0,2% de l'ensemble. Sa monnaie est déjà arrimée à l'euro - qui s'échange contre 15,6466 couronnes - comme la Lituanie et la Lettonie. L'Estonie, dont le PIB s'est contracté de 14% en 2009 du fait de la crise, espère que le passage à l'euro marquera la fin de ses difficultés économiques. Tallinn attend notamment les investisseurs internationaux, qui n'ont désormais plus à craindre de dévaluation, et escompte que l'adoption de la monnaie unique sécurisera les crédits des 1,3 million d'Estoniens.

Paul Krugman, lauréat du prix Nobel d'économie, juge lui que l'adhésion à l'euro couronne la mutation de l'Estonie et son émancipation de l'aire soviétique, mais en souligne le coût pour son économie. "Félicitations à l'Estonie, mais condoléances aussi, écrit-il sur son blog. Ce n'est pas vraiment l'adhésion éclatante à l'euro qu'on vous avait promis".

Par TF1 News le 01 janvier 2011 à 09:47
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21 Commentaires

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  • lianis, le 02/01/2011 à 13h22

    Quel commentaire nullissime. Ce n'est pas parce qu'on est contre l'Europe qu'on croit au pays des bisounours. Par contre je suis d'accord avec vous, que ce soit le PS ou l'UMP c'est le même combat, un gouvernement de riches, pour les riches... qui continuerait à enfoncer le pays dans le capitalisme, l'ultralibéralisme, le désengagement de l'Etat dans tous les secteurs... beau système... je pense qu'il faut aller regarder ailleurs que ces deux partis, voter pour un représentant qui nous ferait sortir de l'UE, sortir du capitalisme, sortir de l'Euro... pour un gouvernement qui penserait aux citoyens, à tous les citoyens...

  • ouzouz31, le 02/01/2011 à 08h17

    Bienvenu,au pays le plus pauvre,on va le gater,le gaver jusqu'a l'implosion,que la zone euro a donne a la Grece Irlande,Portugal,Espagne,Italie,et bientot France.Ils ne feront plus la fete dans peu de temps.

  • johannaeidler, le 01/01/2011 à 23h37

    Quelle erreur! Le prix Nobel d'économie N'EXISTE PAS !!! Il s'agit du prix de la banque royale de Suède, en sciences économiques en l'honneur d'Alfred Nobel. D'ailleurs, le pseudo prix n'est pas délivré par l'académie royale des sciences de Suède au contraire 5 véritables prix Nobel: Physiologie (médecine), chimie, paix, littérature et physique.

  • phiphi13, le 01/01/2011 à 18h27

    Bien sûr que nous sommes pauvres, alors pourquoi faire rentrer ce pays, comme tous ces pays de l'est Hein ? Sûrement pas pas pour relever le niveau de l'europe !

  • didierbretagne, le 01/01/2011 à 18h10

    Quelle tristesse de lire ces commentaires. Ce qui me surprend est que, comme les autres, je suis allé dans des grandes surfaces les jours précédents Noël puis le jour de l'an. Les rayons regorgeaient de victuailles et les cadis étaient souvent bien remplis. Dans les magasins de vêtements et cadeaux de toutes sortes même constat. Je fini par croire que ceux qui ne font pas partie de cette population sont les seuls qui s'achètent des ordinateurs et interviennent sur tout petit problème qui se présente.

  • a.1.2.c.4, le 01/01/2011 à 17h59

    Quel dommage ... pour vous ...! Le pays des bisounours n'existe pas encore ...! Quoique, au PS ils en sont persuadés ...! Vous inquiétez pas, s'ils gouvernent (?) un de ces jours ... vous paierez encore plus ...! :o)))

  • zora63, le 01/01/2011 à 17h37

    Et quand je pense à ce cher Fabius qui nous l'annonçait comme la dernière merveille, pas de quoi être fier...

  • zora63, le 01/01/2011 à 17h36

    Un grand pas vers la pauvreté généralisée, les banques elles se frottent les mains !!!

  • roudore, le 01/01/2011 à 17h36

    Et devinez qui va financer ce pays au bord de la faillite?nous bien evidement!! j ai voté contre l europe mais je paie quand meme

  • cipolje, le 01/01/2011 à 17h08

    Vous avez encore la naïveté de penser que la France est toujours un des pays les plus riches d'Europe? La pauvreté de l'Estonien moyen ferait peut-être réver plus d'un de nos concitoyens! cependant vous avez sans doute raison en pensant que ce pays va vite déchanter. Et cette désillusion, je pense même que ce sera encore nous qui en paierons les frais!

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