Le passage en 2011 à Tallinn © TF1/LCIL'Estonie est devenue ce 1er janvier, à minuit heure locale, le dix-septième membre de la zone euro mais le premier pays issu de l'Union soviétique, un acte de foi compte tenu de la crise de la dette que traverse le bloc monétaire. Le Premier ministre Andrus Ansip a été l'un des premiers Estoniens à retirer des euros à un distributeur mis en place pour l'occasion. "C'est un petit pas pour la zone euro, mais un grand pas pour l'Estonie", a-t-il dit, une poignée de billets à la main. "Nous sommes fiers de devenir un Etat membre de la zone euro", a-t-il ajouté. Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, et les Premiers ministres letton et lituanien étaient présents dans la capitale estonienne pour célébrer l'événement. Les deux autres Etats baltes espèrent imiter leur voisin en 2014 et ainsi renforcer leur indépendance par rapport à Moscou.
Crise de la dette: d'autres pays européens devront-ils se faire aider ?
L'économiste en chef du FMI a affirmé jeudi que d'autres pays européens que la Grèce ou l'Irlande auraient intérêt à se faire aider par le FMI et l'Union européenne dans leur combat contre la montée de la dette publique.
Publié le 30/12/2010
1,3 million d'Estoniens ont ainsi dit adieu à leur monnaie nationale, la couronne, qui avait remplacé le rouble soviétique en 1992, après le divorce de ce pays balte d'avec l'URSS. "L'Estonie est le pays le plus pauvre de la zone euro. Nous avons donc beaucoup à faire maintenant que l'objectif d'y adhérer a été atteint", a encore commenté le Premier ministre estonien Andrus Ansip en saluant le moment historique marqué à Tallinn par un imposant spectacle de feux d'artifices. "Avec l'entrée de l'Estonie dans la zone euro, plus de 330 millions d'Européens utilisent désormais les billets et pièces en euros. Ceci reflète bien l'attrait et la stabilité de l'euro pour les États membres de l'Union européenne", a déclaré pour sa part le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, dans un communiqué diffusé vendredi à Bruxelles.
"Félicitations à l'Estonie, mais condoléances aussi"
La plupart des sondages montrent que 50% des Estoniens sont favorables à ce changement, contre 40% qui y seraient opposés. Mais l'entrée dans l'euro au terme d'une année noire pour la monnaie unique européenne n'est pas du goût de tous les Estoniens. Et les "anti-euros", s'appuyant sur les déboires de la Grèce au printemps puis de l'Irlande cet automne, estiment qu'adopter aujourd'hui la devise européenne revient à "acheter le dernier billet à bord du Titanic". Les grands pays de l'ancien bloc communiste, à commencer par la Pologne, la Hongrie et la République tchèque, considèrent pour leur part que leurs économies sont plus à l'abri en dehors de la zone euro qu'en dedans.
Avec sa prévision pour 2010 d'un déficit public équivalant à 1,3% du produit intérieur brut et une dette de 7,2% du PIB en 2009, l'Estonie est le meilleur élève de la zone euro en ce qui concerne la rigueur budgétaire. La zone euro ne sera néanmoins pas profondément modifiée par cette entrée : le PIB de l'Estonie représente 0,2% de l'ensemble. Sa monnaie est déjà arrimée à l'euro - qui s'échange contre 15,6466 couronnes - comme la Lituanie et la Lettonie. L'Estonie, dont le PIB s'est contracté de 14% en 2009 du fait de la crise, espère que le passage à l'euro marquera la fin de ses difficultés économiques. Tallinn attend notamment les investisseurs internationaux, qui n'ont désormais plus à craindre de dévaluation, et escompte que l'adoption de la monnaie unique sécurisera les crédits des 1,3 million d'Estoniens.
Paul Krugman, lauréat du prix Nobel d'économie, juge lui que l'adhésion à l'euro couronne la mutation de l'Estonie et son émancipation de l'aire soviétique, mais en souligne le coût pour son économie. "Félicitations à l'Estonie, mais condoléances aussi, écrit-il sur son blog. Ce n'est pas vraiment l'adhésion éclatante à l'euro qu'on vous avait promis".
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