Une dégradation de la note américaine qui tombe au pire moment ?

Par L.D., le 06 août 2011 à 16h37 , mis à jour le 07 août 2011 à 14h32

Dossier : Crise financière

La dégradation de la note de la dette souveraine américaine, qui intervient en pleine période de doute sur la fiabilité des économies occidentales, risque d'attiser le climat de crise mondiale et pourrait avoir des conséquences néfastes tant aux Etats-Unis qu'en Europe.

Les cours des Bourses mondiales dévissent depuis le 1er août 2011.Les cours des Bourses mondiales dévissent depuis le 1er août 2011. © Abaca

L'agence Standard and Poor's (S&P) a dégradé vendredi la note de la dette des Etats-Unis, une première historique qui risque d'attiser le climat de crise mondiale sur fond de panique boursière liée aux craintes de ralentissement global et à la situation financière de la zone euro.
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Les Etats-Unis étaient notés "AAA" par Standard and Poor's depuis la création de cette agence en 1941. Ils conservent cette note, la meilleure possible, auprès des deux autres grandes agences, la doyenne Moody's (depuis 1917) et Fitch Ratings, mais tombent à "AA+" chez S&P.

Pourquoi alors S&P a-t-elle pris cette décision en pleine période de doute sur la fiabilité économique des puissances européennes et américaine ? L'agence de notation justifie son coup de tonnerre par le plan, "insuffisant" à ses yeux, de rééquilibrage des finances publiques américaines, voté cette semaine pour permettre de relever le plafond de la dette de plus de 14.500 milliards de dollars du pays et lui éviter le défaut de paiement. Elle a en outre averti qu'elle n'excluait pas une nouvelle dégradation à l'avenir. "Le plan de rééquilibrage du budget sur lequel le Congrès et l'exécutif se sont récemment mis d'accord est insuffisant par rapport à ce qui, de notre point de vue, serait nécessaire pour stabiliser la dynamique à moyen terme de la dette publique", a expliqué S&P.

Réouverture des bourses lundi

Une justification qui ne convainc pas  le prix Nobel d'économie Paul Krugman : "Ces gens ne sont certainement pas en position d'émettre un jugement", brocarde-t-il sur son blog, se souvenant des "AAA" distribués par S&P et ses concurrentes aux produits "toxiques" à l'origine du krach mondial de l'automne 2008. L'administration Obama dénonce de son côté l'appréciation de Standard and Poor's en affirmant qu'elle était "entachée d'une erreur de 2.000 milliards de dollars", selon un porte-parole du département du Trésor.

Quoiqu'il en soit, à l'heure actuelle, les répercussions de la perte par la première économie mondiale de son sceau d'excellence sont encore difficiles à évaluer et seront guettées de près à la réouverture lundi des marchés financiers en pleine tourmente. Les créanciers des Etats-Unis ont réagi de façon mesurée, à l'exception du premier d'entre eux, la Chine, qui a exhorté Washington à cesser de vivre au-dessus de ses moyens. Mais la dégradation des Etats-Unis a été annoncée alors que les marchés financiers étaient fermés pour le week-end après une semaine noire qui a vu les principaux indices boursiers de la planète plonger en raison d'inquiétudes sur la santé de l'économie américaine et la crise de la dette en zone euro. A Wall Street, l'indice Dow Jones a signé sa pire semaine depuis mars 2009, cédant 5,75% en cinq jours. Le plongeon a été pire en Europe, où les trois principales places, Londres, Francfort et Paris ont toutes abandonné plus de 10%. En clair, cette dégradation augure mal d'une réouverture sereine des marchés boursiers qui risquent de s'enfoncer dans un marasme au long cours.

Le cas italien

Premier indice du possible chaos à venir, la Bourse saoudienne, la première place boursière mondiale à réagir à la dégradation de la note souveraine américaine, a perdu 5,46% samedi en clôture. Dimanche, c'est la bourse de Tel Aviv (Israël), l'une des premières à ouvrir depuis l'abaissement de la note de la dette souveraine américaine, qui a plongé de 6%. Les transactions ont démarré avec près d'une heure de retard car les systèmes automatiques d'interruption se sont mis en marche quand les échanges d'avant-Bourse ont baissé de plus de 5%. C'est la première fois que ces "coupe-circuits" se déclenchent depuis le 21 septembre 2008, après la faillite de la banque Lehman Brothers, a précisé un porte-parole de la Bourse.

Et sur le front de la crise de la dette européenne ? Les dirigeants européens, dont plusieurs se sont entretenus vendredi avec Barack Obama, sont eux aussi sur le pont pour tenter de calmer les marchés, inquiets d'une contagion à l'Italie et l'Espagne de la crise de la dette, deux semaines seulement après l'accord sur un nouveau plan de sauvetage de la Grèce. Mais, là encore, l'abaissement de la note américaine pourrait peser lourd dans l'analyse des investisseurs sur les capacités de la zone euro à juguler sa propre crise.

 

Par L.D. le 06 août 2011 à 16:37
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54 Commentaires

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  • makiawell, le 07/08/2011 à 20h40

    Ca va tanguer serieux dans moins de 2 heures....et pourtant je ne sais pas pourquoi, mais je trouve que cette annonce le 3 Aout, pile poil avant la date limite, cette agence qui fait cavalier seul,...c'est comme si je sentais un coup de poker, un bluff, contre un joueur, mais lequel ?

  • dieutoupuissant, le 07/08/2011 à 19h54

    Par châtiment, j'entends l'abaisseement de la notation des Etats Unis. Cela est exemplaire pour tous les autres pays fortement endettés, dont la France, notre beau pays si mal gèré...

  • kosotto1, le 07/08/2011 à 19h40

    Rose-marie : c'est bien ce que j'ai dit : effort partagé par tous de façon équitable !

  • anousdeux49, le 07/08/2011 à 17h39

    Et si l'argent du jour au lendemain n'avait plus aucune valeur nul part qu'adviendrait t'-il de ce monde ?

  • edita76, le 07/08/2011 à 16h42

    Et oui faire la guerre revient cher...

  • mrpropre, le 07/08/2011 à 16h17

    On s'en fout. Il y aurait un risque de "crack boursier" ou de "jeudi noir" si la Finance était callée sur une économie réelle. Ca fait belle lurette que cela n'est plus le cas. Alors triple AAA ou pas....pfff...les organismes qui notent les économies des pays afin de perspectives sont les établissements qui n'ont pas vu la crise arriver. Bel exemple d'anticipation. Je le leur met quel note ?

  • claudrouledouce, le 07/08/2011 à 15h38

    Moicontribuable, sortez de ce corps......

  • comnios, le 07/08/2011 à 15h36

    Peu importe leur attitude passée, mais si elles décident de rétrograder la Grèce ou l'Irlande, alors elle n'ont pas le choix de rétrograder les EUA dont la situation est au moins aussi mauvaise

  • comnios, le 07/08/2011 à 15h35

    @rose-marie pour avoir vécu 15 ans a l'étranger et encore y vivre, je peux vous dire que la France n'est pas autant au dessus de ses moyens. Le problème n'est pas le social du tout. Contrôlons toutes les irrégularités de ceux qui profite du système et vous verrez que le social ne coûte pas si cher que ca

  • comnios, le 07/08/2011 à 15h33

    @bebert la France a un ratio dettes/GDP de 80%, les US de plus de 100%. Vous pouvez utiliser tous les arguments fantoches que vous voulez, la France est en meilleure sante economique que les US. Et encore, on ne regarde meme pas au noveau de l'individu car la c'est bien pire. Pour info je sais de quoi je parle, je suis un francais vivant aux US

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