Votre commune a-t-elle été ruinée par les "emprunts toxiques" ?

le 21 septembre 2011 à 08h49 , mis à jour le 21 septembre 2011 à 08h52

Selon un document confidentiel de la banque Dexia cité par Libération, pas moins de 5500 collectivités locales et établissements publics ont été victimes de ces emprunts. Le surcoût total pour les collectivités touchées "était évalué à 3,9 milliards d'euros à la fin 2009", avance le quotidien.

Claude Bartolone, président du Conseil général de Seine-Saint-Denis, avait été le premier à évoquer ouvertement le problème des "emprunts toxiques", contractés au plus fort de la bulle spéculative qui avait précédé la crise financière de 2008-2009 : avec 97% de ses emprunts appuyés sur ces produits dits "toxiques", qui ont vu leurs taux enfler vertigineusement lorsque la bulle avait éclaté, son département se retrouvait dans l'obligation de rembourser une dette devenue exponentielle. Claude Bartolone avait donc décidé de s'attaquer directement... à Dexia, banque spécialisée dans les prêts aux collectivités, responsable selon lui de cette situation devenue inextricable, par son "défaut de conseil". Et combien d'autres collectivités dans le même cas ? Si quelques situations emblématiques avaient été révélées, comme celle de Saint-Etienne, beaucoup de municipalités ou départements préféraient jouer profil bas en espérant bénéficier de l'appui de personnalités politiques locales afin de pouvoir négocier.

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Ces chiffres qui faisaient défaut, Libération affirme y avoir eu accès, en se procurant un document confidentiel de la banque Dexia. Il recense, selon le quotidien, "les 5500 collectivités locales et établissements publics ayant souscrit les fameux prêts toxiques entre 1995 et 2009". "Ce listing... atteste qu'au plus fort de la bulle, DCL avait distribué pour 25 milliards d'euros à ses clients", ajoute Libération qui souligne que "selon l'estimation faite par la banque, le surcoût de ces emprunts était évalué à 3,9 milliards d'euros à la fin 2009. Ce qui veut dire que les collectivités devraient payer une pénalité de cet ordre".

"Double menace sur les contribuables"

Le document de Dexia "montre que tout le monde est concerné: collectivités de droite comme de gauche, grandes communautés urbaines comme petites villes", souligne encore Libération. Le quotidien cite l'exemple d'Antibes "qui avait emprunté 60 millions, paierait 21 millions en plus de cette somme". "Le département de la Loire règlerait, lui, une ardoise de 22 millions en sus des 96 millions de prêts toxiques et l'hôpital de Dijon devrait s'acquitter de 31 millions d'intérêts pour un emprunt toxique de 111 millions", écrit encore Libération.

Parmi les mécanismes de ces emprunts toxiques, le quotidien cite les emprunts pour partie à taux fixe et pour partie à taux variable "qui est, par exemple indexée sur la parité euro-franc suisse". "Quand la parité passe au dessous d'un certain seuil, les taux augmentent en proportion", précise Libération. "Avec la crise de l'été ... à cause de la hausse du franc suisse, de nombreuses communes ont vu leur taux d'intérêt passer à 10 ou 15%", écrit-il.

"L'addition pourrait encore grimper avec des prêts qui courent jusqu'en 2025 ou 2030", souligne Libération qui conclut que "ces emprunts toxiques n'ont pas fini de pourrir la vie des collectivités. Et des contribuables, sur qui pèse une double menace : l'augmentation des impôts locaux et un déficit de services publics".

le 21 septembre 2011 à 08:49
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21 Commentaires

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  • pagan29200, le 22/09/2011 à 00h11

    Scène "étonnante" dans le conseil minicipal d'une petite commune qui,venait de réaliser des travaux dans son centre bourg. Un commercial passe dans les rangs des élus et remets des enveloppes. Un personne se déclare surprise, l'enveloppe lui est aussitôt enlevée, elle ne faisait pas partie de la majorité municipale que avait voté pour le projet ... En Afrique Noire ? Au Magreb ? En Asie ? En Amérique du sud ? NON, en BRETAGNE NORD !

  • cars38, le 21/09/2011 à 19h36

    Il suffit de ne pas voter toujours pour les mêmes incapables et de demander la supression de toutes ces instances (conseils generaux , regionnaux , communauté de communes , parc nationaux et regionaux etc ..) qui parasitent le pays et les contribuables pour quel résultat?? une gestion catastrophique et des résultats plus que nuls

  • cars38, le 21/09/2011 à 19h32

    Personne !!!! malheureusement : la manne du contribuable est inépuisable ....

  • mario, le 21/09/2011 à 17h17

    Qui certife les bilans des collectivites le public ou le prive ?

  • raghnar47, le 21/09/2011 à 16h45

    Il ne faut pas être naïf à ce point, si on vous propose un taux 0%, il faut automatiquement s'attendre un jour ou l'autre à un retour de manivelle...........

  • xxl.44., le 21/09/2011 à 16h03

    Ceci est logique car durant leur mandat les élus veulent lancer des travaux qui des fois ne servent pas as grand chose ( comme en ville des ronds-points alors qu'un feux serais bien plus utile etc...)de lancer les travaux tous au même moment il faut les échelonner mais l'on fais rien pendant plusieurs mandats et a la fin on lancent les travaux .?????

  • auero, le 21/09/2011 à 15h32

    Exact!!! quand je vois Mr Bartolone se plaindre il doit s'en prendre à lui et son équipe

  • juju1925, le 21/09/2011 à 14h18

    Heureusement que je gère mon porte monaie de manière plus responsable

  • jeff1, le 21/09/2011 à 14h15

    Les élus qui ont souscrit ces emprunts doivent aussi rendre des comptes à leurs concitoyens car chacun sait que les taux variables sont risqués.

  • 2012libre, le 21/09/2011 à 13h59

    Il ne s'agit pas de naïveté, mais bien d'escroquerie politique : les taux proposés étaient proches de zéro les trois premières années, avec une hausse (non quantifiable !!!!) par la suite. Ceux qui ont signé ces contrats voulaient se faire réélire, en tant que "bons gestionnaires", dans un monde utopique où l'argent aurait dû couler à flots et n'être jamais remboursé. Comme ce monde n'existe pas, la note est arrivée, bien salée (mais ça, on le savait déjà).

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