Dette grecque : l'Europe bloquée, les USA s'impatientent

Par , le 16 septembre 2011 à 17h08 , mis à jour le 16 septembre 2011 à 21h13

Dossier : Crise financière

Réunis en Pologne, les ministres des Finances de la zone euro ont décidé vendredi de reporter à octobre toute décision sur le versement de prêts dont la Grèce a pourtant besoin. Face au blocage européen, Washington montre des signes d'impatience.

Ca coince toujours sur le front de la dette grecque. La zone euro a décidé vendredi de reporter à octobre toute décision sur le versement d'une nouvelle tranche de prêts dont la Grèce a pourtant impérativement besoin. Outre ce nouveau délai, les ministres des Finances européens, réunis pour deux jours pour le forum de l'Eurogroupe à Wroclaw, en Pologne, ont également échoué à trouver un accord sur les garanties demandées par la Finlande. Face à ces atermoiements, la bourse de Paris a clôturé en baisse (lire en pied).
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  • Les Bourses européennes s'enfoncent dans le rouge

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    Le député d'Europe-Ecologie-Les Verts estime que ce que demande les gouvernements allemand et français à la Grèce est irresponsable.

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  • La Chine, le Brésil ou l'Inde à l'aide de la zone euros ?

    La Chine, le Brésil ou l'Inde pourraient venir à la rescousse de la zone euro. L'hypothèse est surprenante mais sérieuse même si les Européens disposent encore de quelques armes pour restaurer la confiance. Explications.

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  • Notation des banques : ça change quoi ?

    L'agence de notation Moody's a abaissé d'un cran la note du Crédit Agricole et de la Société Générale. Les conséquences devraient être limités mais c'est l'image et la réputation des banques françaises qui risquent d'être écornées.

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  • Crise grecque : les banques françaises en danger ?

    Engagées en Grèce, les banques françaises comme la Société Générale et BNP Paribas risquent gros en cas de faillite du pays. Le gouvernement s'est voulu rassurant, mais la méfiance est de mise sur les marchés.

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  • "Il n'y a pas de risque de faillite dans les banques françaises"

    François-Xavier Piétri, chef du service Economie de TF1 et LCI, estime que même si la Grèce n'arrive pas à rembourser ses prêts, les banques françaises ne sont pas menacées de faillite.

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  • Zone euro : la semaine de tous les dangers

    Mercredi, les experts de la "troïka", composée de l'Union européenne, du FMI et de BCE seront de retour en Grèce pour éplucher les comptes. Le gouvernement grec compte sur leur feu vert pour obtenir une nouvelle aide de 8 milliards d'euros. Un refus serait synonyme de faillite.

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  • Besson : évoquer une nationalisation des banques est "prématuré"

    Le ministre de l'Industrie a jugé lundi sur BFM TV qu'il était "totalement prématuré et à côté du sujet" d'envisager une nationalisation partielle des banques françaises, qui se trouvent dans le collimateur des marchés depuis plusieurs semaines.

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Plus d'infos

Les tergiversations européennes commencent d'ailleurs à irriter les Etats-Unis, qui montrent de plus en plus de signes d'impatience. Washington a exhorté la zone euro à mobiliser plus d'argent face à l'aggravation de crise de la dette qui inquiète le monde entier et à mettre fin à ses divisions. Convié exceptionnellement à la réunion des ministres européens, le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner s'est alarmé des divisions en Europe sur les meilleurs moyens de régler la crise. Ces propos ont été très modérément appréciés par les intéressés. L'Allemagne a rejeté la proposition américaine affirmant qu'on ne pouvait plus puiser davantage dans l'argent des contribuables, mais qu'une ponction sur les marchés via une taxe sur les transactions financières, y compris aux Etats-Unis, permettrait de dégager les fonds nécessaire. Problème : Washington est fermement opposé à cette taxe. C'est donc l'impasse.

Prêt vital pour la Grèce
 
A Wroclaw, l'annonce de report du déblocage du prêt a été faite par le chef de file des ministres des Finances de l'Union monétaire, Jean-Claude Juncker : "Nous prendrons notre décision sur la prochaine tranche d'aide en octobre, en nous fondant sur les déclarations de la troïka". L'objectif pour cette "troïka", qui regroupe les bailleurs de fonds (UE, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne), est de prendre une décision au début du mois en vue d'un décaissement de l'argent "mi-octobre", a précisé le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.

Précision utile : cette tranche d'un montant de 8 milliards d'euros tiré du premier plan d'aide à la Grèce décidée en 2010, devait initialement être versée courant septembre. Elle est vitale pour Athènes, qui sans elle, se retrouverait en faillite au mois d'octobre. Mais pour Olli Rehn, c'est une manière de mettre une fois de plus la pression sur Athènes : "La balle est dans le camp de la Grèce", affirme-t-il, estimant que la mise en oeuvre totale des mesures d'austérité reste cruciale pour la Grèce. De son côté, le gouvernement grec a déjà reconnu qu'il n'avait pas atteint les objectifs budgétaires fixés par ses créanciers, à cause d'une récession plus dure que prévu, mais qu'il avait la "détermination" de poursuivre les efforts demandés.  Vendredi, le président de la BCE Jean-Claude Trichet a exhorté la Grèce à tenir ses promesses de réformes en matière budgétaire. Afin d'accélerer le processus, le ministre des Finances grec Evangelos Venizelos tiendra lundi une téléconférence avec des inspecteurs de l'Union européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international.
 
Mais la Grèce n'est pas le seul problèmen rencontré au forum de l'Eurogroupe. Il y a aussi les exigences demandées par certains pays du Nord, réputés plus vertueux en matière de gestion budgétaire, et qui voient d'un mauvais œil les demandes de rallonge de la Grèce. La Finlande en fait partie. Concernant la question des garanties exigées par Helsinki, en contrepartie de nouveaux prêts à la Grèce dans le cadre d'un deuxième plan de sauvetage de près de 160 milliards d'euros en cours de préparation, la zone euro ne peut qu'avouer implicitement un blocage : "Des progrès ont été réalisés" mais aucun accord n'a été trouvé, a ainsi indiqué Jean-Claude Juncker. Plus tôt, la ministre finlandaise des Finances avait fait part de son scepticisme quant à une issue positive sur ce point.

Mise en gage de terres grecques
 
La question de garanties "collatérales" empoisonne les relations au sein de la zone euro depuis plusieurs semaines et retarde la mise en oeuvre du second plan d'aide à la Grèce, d'environ 160 milliards d'euros, décidé le 21 juillet. En échange de nouveaux prêts à la Grèce, Helsinki a obtenu l'assurance de recevoir des garanties financières. Une disposition qui fait des envieux au sein de la zone euro, certains pays comme l'Autriche, les Pays-Bas et la Slovaquie souhaitant obtenir le même traitement de faveur. Ce qui risque de ralentir encore plus son processus de validation. Autre écueil : la forme prise par ces garanties qui doit être acceptée par les 16 autres membres de la zone euro et qui ont d'emblée exclu les paiements en liquide. Parmi les pistes évoquées: mettre en gage des terres grecques ou donner des participations dans des entreprises grecques.
 
Quoiqu'il en soit, la requête des Finlandais, qui émane du parti eurosceptique au pouvoir à Helsinki, est devenue un vrai casse-tête pour la zone euro qui doit éviter d'affaiblir le plan de soutien à la Grèce et éviter que trop d'Etats demandent ensuite le même traitement.

 

La Bourse de Paris termine en baisse

La Bourse de Paris a terminé vendredi en baisse de 0,48%, pessimiste avant les conclusions d'une réunion entre les ministres des Finances européens sur la Grèce, alors que l'Europe continue à se distinguer par ses atermoiements dans ce dossier.
Après avoir ouvert en légère hausse, le CAC 40 est repassé dans le rouge dans la matinée pour céder à la clôture 14,54 points à 3.031,08 points dans un volume d'échanges étoffé de 5,60 milliards d'euros. "La séance a été difficile car beaucoup d'informations ont révélé que la réunion en Pologne n'était pas aussi prometteuse que ce que l'on espérait", a résumé Dov Adjedj, vendeur d'actions chez Aurel BGC.

Par Laurent Deschamps le 16 septembre 2011 à 17:08
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26 Commentaires

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  • lmalsc, le 17/09/2011 à 18h24

    L'euro se porte bien . Avant , quand les gouvernements dépensaient plus que leurs recettes , ils faisaient marcher la planche à billets et dévaluaient la monnaie . Maintenant ce n'est plus possible , alors les gouvernements ont emprunté .Et maintenant les dettes sont tellement énormes que plus personne ne veut prèter , sauf à des taux trop élevés .Alors il faut rembourser .En période de crise , avec moins de recettes .Et avec des emprunts pour relancer les économies , avec l'espoir de sortir de la crise .??? Alors , pour moi , une bonne gestion passe par un équilibre des dépenses et des recettes dans notre pays , et ne pas jetter l'argent par les fenètres en prètant à ceux qui ne pourront jamais rembourser . Désolé pour les grecs !

  • allison589, le 17/09/2011 à 14h03

    Si il n'y avait pas de guerre il y aurait déjà plus d'argent ...

  • 1raleur, le 17/09/2011 à 12h24

    L'Europe , c'est quoi ? Réponse , c'est régler des problèmes qu'on a enssemble et qu'on auraient pas eu si on était resté seul .

  • ophalos, le 17/09/2011 à 10h58

    La France avait voté NON à l'Europe il me semble .... merci Sarko - ,laissons les grecs se débrouiller -

  • lolme24, le 17/09/2011 à 09h35

    "L'Europe ! L'Europe ! L'Europe !....."

  • ypsm, le 17/09/2011 à 01h22

    "Je ne suis pas expert mais je crois que " l'union " européenne et l'euro avec des pays ou l'éconnomie est tellement differente ne peux plus fonctionner" Effectivement vous mettez le doigt sur le principal problème de la zone Euro, celui des parités fixes. Les anciennes monnaies nationales sont liées depuis la création de l'Euro par des taux de change fixe, ce qui est contre-nature dans la mesure où il y a des différences de compétitivité (qui ne sont que le fruit de choix politiques) importantes au sein de la zone Euro. Avant la création de l'Euro il y avait déjà une parité fixe liant le Franc au DM par exemple, mais celle-ci était révisée à intervalle régulier (2/3 ans) pour permettre une dépréciation du Franc face au DM et retrouver ainsi de la compétitivité. Maintenant que cela n'est plus possible, on obtient une Europe scindée en deux groupes: -l'Allemagne, l'Autriche, les Pays Bas et a Finlande, pour qui la valeur de l'Euro n'est pas un frein et qui ont donc une balance commerciale "excédentaire" (ils exportent plus qu'ils n'importent). -les PIIGS + la France pour qui la monnaie unique est trop forte, qui n'exportent plus (assez) et ont une balance commerciale "déficitaire" ; ces pays ponctionnent les excédents du premier groupe pour maintenir la tête hors de l'eau. Le cas de la France est d'ailleurs assez dramatique, le déficit cumulé atteignant de nouveaux records au fur et à mesure que les mois passent (plus de 600Md? depuis l'adoption de la monnaie unique). Maintenant la question est, jusqu'à quand va durer ce manège ?

  • clementine1218, le 17/09/2011 à 00h58

    Il y a coup de main et coup de main l' Europe demande plus de garantie a la Grèce ça parait plutôt normal vu qu'ils n'ont pas fait grand chose. Quant au usa qu'il ce mêle de leur dette bien plus énorme que la notre. Les vaches a lait en on marre de ce faire traire.

  • ypsm, le 17/09/2011 à 00h53

    "l'argent des Français [...] jeté par la fenêtre" En pratique c'est déjà le cas, entre les placards dorés des proches du pouvoir, les cohortes de fonctionnaires inefficients, le renflouage de banques qui auraient du être abandonnées à leur sort et subir la sanction du marché, les politiques d'aides diverses et variées, etc... le choix ne manque pas.

  • claudcouledouce, le 17/09/2011 à 00h19

    Non vous préférez ne plus avoir de salaire si vous êtes fonctionnaire ou dans le meilleur des cas le voir baisser de 20 à 30% et risquer de le perdre (1 chance sur 4) si vous travaillez dans le privé. Si vous êtes au chômage priez pour que la Grèce soit sauvée.

  • claudcouledouce, le 17/09/2011 à 00h15

    Si EADS transferrait ses usine de Finlande à la Grèce ? Que feraient les Finlandais sans l'Europe ?

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