© DRCopinage, cooptation, réseau... les relations personnelles sont un bon moyen de trouver un emploi. La voie royale selon certains : 43% des salariés auraient trouvé leur emploi par "relations personnelles ou professionnelles", selon une étude de l'Apec de 2004 citée par Cooptin. Selon une autre enquête Apec de 2006, auprès des recruteurs cette fois-ci, seuls 15% des embauches seraient le fait de réseaux ou de cooptation par d'autres salariés.
Quoiqu'il en soit, avoir des contacts ne peut pas nuire et c'est en partant de ce constat que plusieurs sociétés ont lancé des sites de recrutement sur la base de la cooptation. Jobmeeters et CooptIn, les deux principaux acteurs de ce tout jeune marché, ont vu le jour fin 2005. CooptEmploi, le challenger, s'est lancé en avril 2006. Le principe du service est simple : une entreprise qui souhaite recruter consulte le fichier de candidatures dont disposent les sites et leur envoie l'annonce. Les personnes contactées peuvent alors répondre à l'annonce, ou bien, si elle ne leur convient pas, la transmettre à un ami ou une connaissance que cela pourrait intéresser. Jusque-là, rien de révolutionnaire. La nouveauté réside dans le versement d'une prime aux "coopteurs".
Chèque-cadeau
Chez CooptIn, la récompense est à la discrétion de l'employeur : "Elle peut aller de 0 à 1500 euros en fonction du profil recherché", selon Pierre-Georges Lenthieul, responsable de Cooptin. Le service, qui fait partie de Keljob, se rémunère en faisant payer un forfait à l'entreprise pour avoir accès à son fichier de candidatures.
Chez Cooptemploi, le système est un peu différent : l'entreprise ne paie rien tant qu'elle n'a pas trouvé son bonheur. Si elle embauche une personne dont elle a eu connaissance via le site, elle lui versera un montant proportionnel au salaire : 300 euros si la personne recrutée gagne 15.000 euros par an, 800 euros si c'est entre 35.000 et 45.000 euros. Et pour attirer les candidatures, Cooptemploi propose "non seulement de rémunérer les parrains mais aussi les personnes recrutées", explique Jérôme Bichot, co-fondateur de Cooptemploi. Nous nous engageons à reverser 40% du montant facturé à l'entreprise à la personne qui a été recrutée et 10% à la personne qui l'a parrainée, si parrain il y a". Les montants qui peuvent aller de 120 à 800 euros pour le "recruté" et de 30 et 200 euros pour le parrain sont versés sous la forme de chèque-cadeau. Cooptemploi revendique un fichier de 2500 candidats et 66 entreprises clientes, CooptIn 10.000 inscrits et une cinquantaine de clients.
Les candidatures sont filtrées
Quel avantage pour les entreprises ? "La cooptation permet d'avoir accès à des candidatures ciblées : c'est comme si le candidat avait déjà passé un entretien, il est filtré. Car si je coopte quelqu'un pour mon entreprise, je vais faire attention et ne proposer que des personnes dont je suis sûr", estime Pierre-Georges Lenthieul. Quant au risque de n'embaucher que des clones, le patron de CooptIn minimise car ce mode de recrutement ne concerne pas plus d'un tiers de la masse salariale.
Quant aux demandeurs d'emploi, outre l'appât du gain, ils peuvent élargir leur réseau. "Si je travaille chez Keljob et que je voie qu'une personne de chez Google a laissé son CV, je peux le contacter et lui proposer que nous partagions les offres d'emplois que nous recevons", explique Pierre-Georges Lenthieul. Et élargir le champ des possibles.
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