Cendrier et mégots © TF1/LCIL'annonce par Dominique de Villepin de l'interdiction, dès février prochain, de la cigarette dans les lieux publics suscite les foudres de la Confédération des buralistes, qui juge un délai d'un an dans l'application de l'interdiction totale de fumer "insuffisant concernant les bars-tabacs". Aussi, "dans l'attente d'un rendez-vous très rapide auprès de M. de Villepin, les élus de la Confédération vont se réunir pour décider des modalités d'une mobilisation des 31.000 buralistes de France", a réagi la Confédération. Son président, René Le Pape, assure que "cette mesure va précipiter les fermetures d'établissements, notamment dans les zones rurales où ils constituent le dernier point de convivialité et d'activité commerciale".
Et René Le Pape de rappeler qu'en Italie, les professionnels avaient disposé d'un délai de deux ans pour s'adapter, et que selon un sondage Sofres effectué en août, 65% des Français sont favorables à une dérogation pour les bars-tabacs. Des arguments qui ne touchent guère les partisans de l'interdiction, lesquels se sont vivement félicités dès dimanche soir de cette décision. Le député du Bas-Rhin Yves Bur, en pointe du combat pour l'interdiction du tabac, a ainsi jugé que cette annonce "replace enfin les préoccupations de santé publique au coeur de l'action politique". Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale et médecin ORL de formation, a salué "une avancée pour la santé publique".
Les fumoirs, "interdiction déguisée"
Pourtant, les buralistes ne sont pas seuls à protester. Sur la même longueur d'onde, l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih), a réagi dimanche par la voix de son vice-président Francis Attrazic : "Pour nous cette solution n'est pas satisfaisante du tout, puisque le seul aménagement qu'il y a est surtout en termes de délai". Concernant la possibilité, passé le délai supplémentaire qui court jusqu'au 1er janvier 2008, d'installer des "fumoirs" dans les cafés, tabacs ou restaurants, l'Umih juge que cette solution équivaut à une "interdiction déguisée". En effet, "les caractéristiques techniques de ces fumoirs font que ce sont des équipements qui ne pourront pas être utilisés par 95 ou 99% de nos professionnels", affirme Francis Attrazic.
Selon lui, la décision du gouvernement n'aura de plus guère d'impact sur le tabagisme passif, car ce problème se rencontre essentiellement au domicile des fumeurs. Il a précisé que son mouvement allait voir "quel type de mobilisation" envisage la Confédération des Buralistes pour "éventuellement se joindre à eux". Le créneau le plus vulnérable des professions représentées par l'Umih est celui des cafés et des bars, a-t-il souligné, évoquant des "conséquences économiques terribles".
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




