La fin du "roulé sous les aisselles"

Par , le 23 octobre 2006 à 16h00 , mis à jour le 02 novembre 2006 à 15h58

Adieu les produits qui surfent sur la référence des recettes à l'ancienne, l'industrie alimentaire exposée au Sial de Paris, est repartie vers le futur selon Xavier Terlet qui analyse les tendances alimentaires pour LCI.fr.

De l'extrait de vanille en vaporisateur, de bons crus de vins en Tetra pak, voici quelques-uns des produits innovants du SIAL 2006.De l'extrait de vanille en vaporisateur, de bons crus de vins en Tetra pak, voici quelques-uns des produits innovants du SIAL 2006. © DR

LCI.fr : Est-ce que, comme pour la mode, les tendances alimentaires changent fréquemment et suivent des cycles ?

Xavier Terlet, consultant en tendances alimentairesXavier Terlet (consultant en tendances alimentaires et PDG de XTC) : La mode se renouvelle deux fois par an, pour l'alimentaire, les cycles sont plus longs mais on observe tout de même de vrais changements. Je constate aujourd'hui en regardant toutes les nouveautés qui sont présentées au Sial que nous sommes tombés dans l'ère du "nutritionnellement correct". Face aux médias qui dénoncent les risques d'obésité du fait d'une nourriture trop riche, trop grasse, les industriels s'adaptent. Ils proposent de plus en plus de produits allégés, des gammes "nutri-santé". C'est vrai même sur le segment des aliments-plaisir comme le chocolat et la confiserie, ce qui est, selon moi, un peu triste.

LCI.fr : Pré-découpés, sous vide, en conserves prêts à gratiner... les légumes semblent avoir la côte ?

X.T : C'est vrai. Les consommateurs entendent sans cesse qu'il faut manger 5 à 10 fruits et légumes par jour, il est normal que l'industrie réagisse. L'apparition de salade toute prête en sachet il y a 15 ans était une petite révolution, aujourd'hui le concept s'adapte aux salades de fruits, aux crudités à grignoter etc. Le consommateur veut bien manger des légumes mais il a besoin d'être aidé. On peut le regretter, comme Jean-Pierre Coffe, mais les Français passent de moins en moins de temps dans la cuisine donc le rôle des industriels est de leur simplifier la vie sans tout faire à leur place car ils ne veulent pas non plus du "tout-cuit". Par exemple, si vous aimez la soupe au potiron, vous serez peut-être content de trouver des barquettes de potiron pré-découpé. Vous échappez à l'épluchage mais vous pouvez faire votre recette comme vous l'entendez. Idem pour les moules, si vous les trouvez déjà grattées et lavées, ça vous facilite la vie.

LCI.fr : Est-on encore dans l'ère du "cuit au chaudron", "moulé à la main" et "recette de grand-mère" ?

XT: De moins en moins. Au contraire, le cap est mis sur la modernité : à l'instar des chefs qui jouent sur les textures et jouent au chimiste, l'industrie alimentaire innove. On voit beaucoup de plats qui mêlent design et goût, des verrines avec de belles associations de couleurs, des carpaccios de légumes... Il y a cinq ans, pour réussir, il fallait un packaging en papier kraft et une mamie sur l'emballage. Aujourd'hui, même les marques distributeurs comme Monoprix Gourmet ou Picard jouent sur des emballages modernes, sobres, très designs.

LCI.fr : Au regard des nouveautés, beaucoup de produits semblent fait pour le grignotage. Est-ce la fin du repas autour de la table et le règne de l'apéro dînatoire ?

X.T : Il y a 20 ans, l'apéritif, c'était trois bouteilles d'alcool, des cacahuètes et ensuite on passait à table. Aujourd'hui, près d'un dîner entre amis sur deux se fait autour d'une table basse. L'apéritif est beaucoup plus consistant -tapas, formage, charcuterie, toasts- et c'est un repas en tant que tel.

LCI.fr : De plus en plus de produits proposent des emballages individuels, sachet fraîcheur ou bien des packagings très consommateurs de plastique. N'est-ce pas une hérésie écologique ?

X.T : C'est vrai mais les Français n'en sont pas au niveau des Allemands ou des Suisses. Ce qui est arrivé à Nestlé en Suisse est assez parlant. La marque a lancé un nouveau chocolat conçu par le chef catalan Ferran Adria et a confié le design du produit à l'architecte Jean Nouvel. Le résultat est très beau mais utilisait du plastique. Ca a provoqué une mini révolution de l'autre côté des Alpes et la PDG de Nestlé-Suisse est sur le départ. Bref, nous n'en sommes pas là en France mais comme on commence à trier les déchets, cette préoccupation pourrait grandir.

Par Sophie Lutrand le 23 octobre 2006 à 16:00
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11 Commentaires

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  • Michel, le 25/10/2006 à 16h52

    Retraité, je passe du temps dans ma cuisine, et j'aime ça. J'ai aussi la chance d'habiter une région où le goût n'est pas un vain mot. Il me semble néanmoins que nos industriels font des efforts pour préserver la qualité française. Un surgelé ou un sous-vide français vaudront toujours mieux qu'une tambouille "fraîche" germanique ou anglo-saxonne. Quant aux conserves "premier prix" dont se contentent malheureusement trop de nos concitoyens, voyez du côté du Ministère des Finances.

  • No, le 24/10/2006 à 18h29

    Moi aussi maman avec un poste a responsabilité mais je pense que nous devons mettre nos priorités au bon endroit. Sans TV, économie de 3 heures par jour. De plus, je cuisine avec mes enfants qui adorent ça.

  • PASCALE, le 24/10/2006 à 14h54

    C'est comme pour tout ce qui a fait le progrès ces dernières decennies : il y a a prendre et à laisser et le bon sens doit seul prévaloir Maman avec un poste à responsabilité, je ne peux pas me permettre tous les jours de faire la cuisine de mes grands mères et je suis bien aidée par les dernières innovations telles que les frites au four (je sais les puristes vont hurler mais c'est beaucoup plus digeste qu'un bain de friture qui embaume toute la maison) J'utilise ses aides à la cuisine pour faire des recettes plus traditionnelles Cela ne m'a pas empêcher pendant ma pause déjeuner de mettre à mijoter un boeuf bourguignon pour ce soir mais quand je fais des moules, je préfère les acheter dans un conditionnement qui me garantie leur fraicheur et limite le temps de grattage qui n'a vraiment rien de gratifiant ! Je préfère m'occuper de mes enfants pendant ce temps là Tout est question de dosage mais prennons ce qui est bon dans le progrès, n'en déplaise aux puristes qui n'ont que ça à faire

  • Benji, le 24/10/2006 à 14h43

    Rien ne vaut un bon fast food, ça c'est de la bouffe!

  • No, le 24/10/2006 à 12h50

    Wouash!!! Je préfère encore les dubitchus de monsieur preskovic. IL me semble qu'au lieu d'inventer des légumes sous plastique polluant, on ferrait mieux de nous inciter à aller au marché (exercice) avec un panier (pas de plastique) pour acheter de vrais légumes (si possible pas OGM) pour faire de bons petits plats santé (sans une tonne de sel, de sucre et de conservateurs!). Seulement voilà, ce n'est pas payant pour l'Industrie agro alimentaire ni pour les laboratoires pharmaceutiques!

  • Vastre, le 24/10/2006 à 12h47

    Marcel de Parthenay parle de bon sens. Le cassoulet, la choucroute, la bouillabaisse et le pot au feu ont de beaux jours devant eux. Fabriquer de la m... ne fera que favoriser le transit intestinal. "Circulez, il n'y a rien à déguster, mais tout à ch..."

  • Marcel, le 24/10/2006 à 11h43

    Vous allez me faire vomir!! j'ai preparer un pot-au-feu avec les légumes de mon potager il est en train de mijoter bon appétit avec vos cochonneries

  • Mamie, le 24/10/2006 à 11h09

    Ok pour les déchets plastique, ils trouverons une solution,mais l' innovation des légumes épluchés et détaillés, moules lavés etc..nous facilite la vie,et si en plus c' est léger, je dit bravo pour les femmes ( et le cholesterol !! )je ne veux pas passer 3hrs dans la cuisine, à faire les plats de ma grand-mère,nous avons beaucoup de chance,le travail de la femme est plus facile aujourd' hui

  • Katy, le 24/10/2006 à 10h31

    Beurk je préfère encore la cuisine de grand-mam, j angoisse pour le devenir de notre assiette....

  • Alexfromb, le 24/10/2006 à 10h07

    Je suis pas trop d'accord avec la fin de l'interview. La reduction du volume des dechets est deja une priorité pour certains consommateurs qui trient. je suis pour une limitation progressive du plastique qui dans les poubelles se plie pas, s'ecrase mal et se recycle à peine.

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