Les grands crus de Paris sont partis à prix d'or

Par Par D.H. (avec agence), le 21 octobre 2006 à 19h42 , mis à jour le 30 octobre 2006 à 12h39

La vente aux enchères des 5000 grands crus de la ville a rapporté en deux jours près d'un million d'euros.

TF1-LCI © TF1-LCI

Château Petrus, Romanée Conti, Château Margaux : tous se sont arrachés comme des... gros pains. Les 4960 grands crus de la ville de Paris étaient mis aux enchères vendredi et samedi et ont rapporté 961.030 euros, soit près du double de ce qu'attendiat l'expert en charge de la vente (il avait misé sur 550.000 euros).

La journée de vendredi avait déjà été un succès, avec 400 lots sur 793 vendus pour la coquette somme de 434.900 euros. Deux bouteilles de Romanée Conti 1986 (un Bourgogne prestigieux mis à prix 1500 euros) ont même atteint les 5000 euros l'unité... Trois bouteilles de Château Petrus 1989 (mises à prix 1200 euros) ont été adjugées 4000 euros pièce, et un Petrus 1990 à 3900 euros. Et samedi, un Pétrus de 1988 a été vendu 2.500 euros, ce qui constitue un "record mondial" pour ce millésime. Cette prestigieuse cave avait été constituée sous les mandats de Jacques Chirac à l'époque maire de la capitale et de Jean Tiberi.

"Ne soyez pas rapiat"

Une forte proportion d'étrangers, notamment beaucoup de Russes, d'Américains ou d'Asiatiques, étaient présents. Parmi eux Stephen Williams, directeur de la Antique Wine Company. En un quart d'heure, ce négociant londonien a acheté la totalité des 12 lots de 3 bouteilles de Lafite Rothschild proposés, entre 2000 et 2100 euros le lot : "nous savons que ces vins étaient parfaitement conservés, nous sommes dans la capitale de la France, la patrie du vin".

"Je ne sais pas si ces prix sont fous, mais ils sont déraisonnables", a estimé un négociant européen dépassé, Bruno Gueuning, venu de Genève pour "prendre le pouls du marché" et incapable de suivre face à ces "comportements de type spéculatif". Certains ont cependant suivi à la lettre la consigne lancée par Dominique Giafferi, le commissaire priseur de cette vente : "ne soyez pas rapiat".

Au total, les trois-quarts des bouteilles de la cave de la mairie de Paris ont ainsi quitté les sous-sols de l'Hôtel de Ville, conformément aux "directives" du socialiste Bertrand Delanoë, qui avait promis "de réduire les frais de réception". Autre raison critiquée par certains ("la crue n'est pas l'ennemi des crus") mais avancée côté mairie : une crue soudaine de la Seine pourrait détruire à jamais ces trésors.

Par Par D.H. (avec agence) le 21 octobre 2006 à 19:42
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10 Commentaires

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  • Michel, le 22/10/2006 à 17h55

    Lamentable. Une des villes les plus belles du monde, la plus chargée d'histoire et de prestige en est réduite dorénavant à offrir du Kiravi. Pour encore gagner trois sous espagnols, monsieur-dame Delanoe risque fort bien de brader le Louvre.

  • Denis, le 22/10/2006 à 13h27

    Ce vin a été financé par l'argent des parisiens... pourquoi ne pas avoir organisé une grande dégustation !!!

  • Françoise, le 22/10/2006 à 12h28

    C'est une très bonne idée de Mr Delanoë que de s'être débarassé de cette manière d'un stock de grands crus qui sentaient le soufre, et qu'il aurait été indécent de servir à table pendant que dans Paris intra-muros des gens de tous horizons doivent se contenter de ce que leur servent les organisations caritatives. Si le produit de la vente estimé était déjà réservé à certains projets, c'est une bonne chose qu'il ait dépassé toute les espérances, et je fais confiance au Maire de Paris pour consacrer l'excédent non attendu à l'accueil de jour des SDF et au relogement des familles entassées à prix prohibitifs dans des immeubles insalubres et dangereux.

  • Lent Pêcheur 2, le 22/10/2006 à 11h05

    Et Maintenant,que va-t'il faire de tout l'argent qu'il a récolté, Tout cet argent,pour Qui,Pour quoi?

  • AUDUREAU, le 22/10/2006 à 06h17

    TANT MIEUX POUR LES NOUVEAUX ACQUEREURS MAIS QUELLE HONTE , POUR UN PAYS COMME LA FRANCE PAYS DU VIN RECONNU DANS LE MONDE ENTIER POUR SA GASTRONOMIE ;DE LAISSER PARTIR CES BOUTEILLES PERTE DE PRESTIGE , PERTES DES VALEURS IL FAUT VRAIMENT ETRE

  • Will, le 22/10/2006 à 01h08

    C'est les patrimoines et la notoriété de la france qui part

  • Momo, le 21/10/2006 à 22h37

    Une fois n'est pas coutume, bonne initiative de Delanoe. Les elus doivent donner l'exemple et reduire leur train de vie.

  • Sebastien, le 21/10/2006 à 21h37

    Quelle démagogie... Cette cave était une des meilleures de France et représentait notre culture du vin à travers le monde. Elle n'a pas coûté grand chose lors de sa conception (environ 15000 euros par an, même pas un emploi au smic à la mairie de Paris), et elle valait de l'or. Très regrettable.

  • Marcel, le 21/10/2006 à 20h24

    Continuons a vendre les bijoux de familles l'argent n'a pas d'odeur

  • Ethanol, le 21/10/2006 à 20h10

    Maintenant, on sait pourquoi la taxe d'habitation est si élevée!!!!

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