Paris liquide sa cave

le 20 octobre 2006 à 13h56 , mis à jour le 20 octobre 2006 à 14h33

Les plus grands noms des vins, notamment de Bordeaux, sont à l'honneur lors de cette vente de deux jours organisée par la mairie de Paris.

TF1/LCI : Bouteilles de vinBouteilles de vin © TF1/LCI

Château pétrus, romanée conti, château margaux : la mise aux enchères de près de 5000 bouteilles (4960 très précisément) jusque là soigneusement à l'abri dans les caves de la mairie de Paris a débuté vendredi après-midi, au Crédit municipal. La plupart des bouteilles qui vont quitter les sous-sols de l'hôtel de ville pour être adjugées vendredi et samedi font partie de la réserve constituée, par Bernard Bled, sous les mandats de Jacques Chirac et Jean Tiberi. Elle représente à elle seule "les trois-quarts" de la cave de la mairie, qui compte quelque 7000 flacons, a précisé Claude Maratier, l'expert chargé d'évaluer les 793 lots mis à la vente.

Les vedettes de cette vente sont deux bouteilles de romanée conti 1986, mises à prix 1500 euros chacune, ainsi que 12 bouteilles de château pétrus (Pomerol) de 1990, à 1200 euros la pièce. "Mais dans les deux cas nous devrions atteindre les 2500 euros la bouteille", assure Claude Maratier. "L'estimation de départ est de 550.000 euros, mais au total on pourrait atteindre les 800.000 euros", juge ce spécialiste, selon qui plusieurs acheteurs venus des Etats-Unis, de Russie ou d'Asie sont venus jeter un coup d'oeil sur les bouteilles, lors de leur exposition, depuis jeudi matin. Les recettes iront au budget de la municipalité.

Des vins à la portée de toutes les bourses

Les plus grands noms du vignoble bordelais sont à l'honneur lors de cette vente, pour les amateurs les plus éclairés et les plus fortunés. Mais il y en a aussi pour les portefeuilles moins garnis, avec par exemple des lots de 12 bouteilles de morgon-les-charmes (Beaujolais) à 48 euros ou 18 bouteilles de deschartrons, un Bordeaux blanc, à 16 euros.

Raison officielle de la vente : une crue soudaine de la Seine pourrait détruire à jamais ces trésors. Mais la volonté de la mairie de Paris de réduire son train de vie et l'aspect financier sont également en jeu, vu le niveau des cours atteint par certains de ces élixirs : "Servir 10 bouteilles de château pétrus lors d'un repas, c'est mettre 25.000 euros sur la table, et ce n'est pas forcément très raisonnable", plaide Claude Maratier. Aujourd'hui, nous favorisons "les cocktails debout", et donc le champagne, a précisé le chef du protocole de la mairie de Paris, vendredi matin, à l'antenne de RTL. "Je regrette qu'on vende le vin des Parisiens", a pour sa part déclaré, nostalgique, Bernard Bled sur les lieux de la vente.

D'après agence

le 20 octobre 2006 à 13:56
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