Un paquet de cigarettes. © SXCLa mission d'information sur le tabac a voté mardi soir le rapport présenté par le député UMP Pierre Morange - et amendé par tous les groupes - qui prévoit d'interdire de fumer dans les lieux publics, au plus tard au 1er septembre 2007. Aucun membre de la mission n'a voté contre. Le rapport a été adopté par les élus UMP, les socialistes s'abstenant, de même que quelques UMP, comme Lionnel Luca, et l'UDF André Santini.
Le rapport de la mission prône l'interdiction de fumer dans les lieux publics en France au plus tard le 1er septembre 2007, y compris dans les cafés, bureaux de tabac, hôtels, restaurants et discothèques. La France, avec ce texte, suivrait le mouvement général en Europe, lancé en 2004 par l'Irlande qui a imposé l'interdiction totale de fumer dans les lieux publics. L'Italie, la Suède, la Grande-Bretagne et l'Espagne ont à leur tour adopté des lois très draconiennes.
Le document, consultable depuis lundi matin par tous les membres de la mission, prévoit de recourir à un décret pour durcir la législation actuelle et non à une loi. Le rapport se prononce pour un "délai unique" applicable à tous les secteurs. Toutefois, il envisage que le gouvernement puisse faire le choix d'accorder un délai supplémentaire aux cafés, hôtels, restaurants et discothèques, mais dans ce cas il souhaite une application au plus tard le 30 juin 2008. Le rapport prévoit la possibilité facultative de créer des fumoirs "hermétiquement clos" avec des systèmes d'extraction et des normes sanitaires très rigoureuses dans lesquels il n'y aurait aucun service.
"Donner l'exemple"
"Si on voulait faire descendre les buralistes dans la rue, on ne s'y prendrait pas autrement qu'avec ces conclusions", a estimé René Le Pape, président de la Confédération des débitants de tabac. Il a réitéré ses demandes de délai d'application de cinq ans et de mesures d'accompagnement pour aider notamment la filière à se diversifier. Depuis 2003, les prix des cigarettes ont augmenté de 45% en France, alors que les ventes ont chuté de 32% en raison de l'explosion des ventes transfrontalières.
Pour "donner l'exemple", le bureau de tabac situé dans l'enceinte de l'Assemblée nationale sera fermé à partir de janvier a annoncé mardi matin sur RTL le président de l'Assemblée, Jean-Louis Debré.
D'après agence
Un fumeur sur deux disposé à arrêter ou réduire sa consommation
Près d'un fumeur sur deux (49%) déclare que l'interdiction totale de fumer dans les lieux publics l'inciterait à arrêter ou à réduire sa consommation, selon une étude Ifop auprès de 453 fumeurs rendue publique mardi. Parmi eux, 18% estiment qu'ils diminueraient leur consommation, 18% qu'ils la réduiraient en vue d'arrêter totalement, et 13% qu'ils arrêteront totalement de fumer à cette occasion.
Ces bonnes intentions sont plus marquées chez les femmes, les moins de 35 ans et les fumeurs de plus d'un demi paquet par jour. 56% des femmes envisagent de diminuer ou stopper leur consommation contre 43% des hommes. Les moins de 35 ans parlent davantage de réduire le nombre de cigarettes grillées que leurs aînés (44% contre 32%). Une meilleure hygiène de vie est la principale motivation pour 65% des personnes déclarant vouloir arrêter ou diminuer leur consommation. Viennent ensuite la préoccupation de la santé de ses proches ou de son entourage (20%) et les économies potentielles (15%).
Au restaurant, plus des trois quarts des fumeurs (79%) estiment qu'ils se retiendront tout au long du repas le jour ou il sera interdit de fumer dans les lieux publics. 72% d'entre eux déclarent qu'ils allumeront une cigarette dès la sortie du restaurant, près d'un sur trois n'hésitera pas à sortir fumer à l'extérieur au cours du repas, voire plusieurs fois.
Etude Niquitin/Ifop réalisée du 18 au 22 septembre auprès d'un échantillon de 453 personnes déclarant fumer, âgées de 18 ans et plus.
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