Dominique de Villepin sur le plateau du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI © TF1/LCIL'annonce était très attendue. Elle est désormais officielle. Le tabac "sera interdit dans tous les lieux publics, écoles, collèges, magasins" à compter du 1er février 2007, a déclaré le Premier ministre dimanche soir sur le plateau du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro. "Nous sommes partis d'un constat simple. Deux chiffres : 60.000 morts par an liés directement à la consommation de tabac ; 5.000 morts par an liés au tabagisme passif. Cela représente plus de 13 morts par jour. C'est une réalité inacceptable pour notre pays."
Cependant, "les établissements qui traditionnellement accueillent les fumeurs, comme les bar-tabacs, restaurants, discothèques disposeront d'un délai supplémentaire jusqu'au 1er janvier 2008", a-t-il précisé. Au-delà, il reviendra aux responsables de ces lieux d'installer des "fumoirs strictement réglementés, dans lesquels le personnel n'aura pas la possibilité d'entrer ni ne pourra servir de consommations". Les débitants de tabac auraient souhaité un délai "plus long, d'environ cinq ans", a reconnu le Premier ministre : "Il faudra bien sûr qu'en terme de chiffre d'affaires ils puissent trouver des solutions de rechange".
Prise en charge partielle du coût du traitement anti-tabac
Les contrevenants seront frappés d'une "amende forfaitaire" de 75 euros pour les individus et de 150 euros pour les établissements responsables. Un décret sera préparé dans les prochains jours et sera prêt pour novembre, afin de respecter le délai de trois mois nécessaires à son application, a ajouté Dominique de Villepin, en précisant qu'il "restera possible de fumer dans la rue et les lieux privés".
Le gouvernement a "multiplié les concertations pour arriver à la meilleure décision possible", a ajouté le Premier ministre, saluant les "travaux remarquables de la commission parlementaire" rendus la semaine dernière qui suggérait une date unique d'interdiction à compter du 1er septembre 2007. "Il était difficile d'attendre, ma conviction est que les Français sont aujourd'hui prêts", a-t-il estimé. "Par ailleurs, il m'apparaissait difficile comme chef de gouvernement d'engager le prochain gouvernement alors que c'est ma responsabilité". Il a par ailleurs annoncé que l'Etat prendrait en charge "un tiers du coût du traitement" pour les personnes souhaitant arrêter de fumer.
Interrogé sur une interdiction de l'alcool, il a répondu: "Je ne crois pas, nous sommes dans des sociétés de liberté, il faut apprendrer à réguler son propre comportement. Ce qui relève de la liberté individuelle doit relever de la liberté individuelle, néanmoins la responsabilité de la société est d'encadrer, d'expliquer, d'informer, de limiter les risques, d'acccompagner le traitement de ceux qui en ont besoin", a-t-il affirmé. "C'est une préoccupation très forte quand nous voyons les ravages que cause l'alcoolisme, notamment chez les jeunes, où l'augmentation de la consommation est tout à fait préoccupante. Il y a un gros travail pédagogique vis-à-vis des plus jeunes" et il faut "permettre à tous ceux qui tombent dans l'alcoolisme de s'en sortir. Il y a là une responsabilité collective sur laquelle il faut travailler".
(D'après agence)
100 millions d'euros par an pour aider les fumeurs à arrêter |
"Nous allons doubler le nombre de personnes qui ont recours à des patches, gommes ou médicaments pour passer de 600.000 à 1,2 million de personnes et nous allons aussi doubler le nombre de consultations de tabacologie et l'aide aux associations : c'est un engagement de près de 100 millions d'euros par an", a déclaré le ministre de la Santé Xavier Bertrand dimanche soir au journal de France 2. Et de commenter : "Ce n'est pas facile d'arrêter de fumer", il s'agit "d'accompagner les fumeurs". |
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