© LCIOuvriront, ouvriront pas? La polémique sur l'ouverture dominicale des magasins, serpent de mer du commerce, est relancée. Motif : les 24 et 31 décembre tombent cette année un dimanche. Le ministre du Commerce Renaud Dutreil a affirmé mercredi qu'il trouverait "absurde" que les magasins soient fermés. "Il n'y a que deux villes qui aujourd'hui s'y sont opposées, c'est Nantes et Angers. Dans toutes les autres villes de France j'ai le sentiment que les maires permettront l'ouverture le 24", a-t-il ajouté.
Les syndicats y sont radicalement opposés. La fédération CFE-CGC dénonce une "vision consumériste" de la société, alors que la CFTC-Paris appelle les consommateurs au boycott des grandes surfaces le 24, pour protéger les droits des salariés et défendre les commerces de proximité.
Jacques Perrilliat, président de l'Union du grand commerce de centre-ville (UCV, qui fédère des enseignes comme les Galeries Lafayette, le Printemps, Monoprix ou la Fnac) réagit.
Les magasins doivent-ils ouvrir le 24 et le 31 décembre?
Il n'y a pas une seule réponse. Il y a des réponses par spécialité. En ce qui nous concerne, nous avons fait des choix collectifs. Les magasins d'alimentation, comme Monoprix ou la Grande épicerie du Bon Marché, seront ouverts. Par contre, les Galeries Lafayette et le Printemps seront fermés. Ces enseignes ont estimé qu'elles avaient mieux à faire que le 24 et le 31 en terme de chiffre d'affaires. Elles ont davantage parié sur le 17 décembre. Dans les commerces, la plupart des conventions collectives prévoient que le salarié soit payé double quand il travaille le dimanche. Il dispose aussi de jours de récupération pendant la semaine. Du coup, quand l'employé gagne double, il en coûte trois à l'entreprise.
Que dit exactement la loi sur l'ouverture le dimanche?
C'est inextricable, personne ne sait exactement à quoi il a droit. Il y a un système de dérogations. Commune par commune, les commerçants peuvent demander à leur maire d'ouvrir certains dimanches. L'élu accepte ou refuse. A titre d'exemple, Rennes, Nantes et Angers refusent systématiquement. Bordeaux et Toulouse en accordent deux. Paris, Lille et Marseille en donnent cinq. Mais il y a des aberrations. Dans la périphérie de Nantes, à Saint-Herblain, l'hypermarché a droit à ses cinq dimanches. On fait semblant d'oublier les problèmes de concurrence. De la même manière, dans une petite commune près de Marseille, le maire a pris un arrêté qui autorise l'ouverture des magasins tous les dimanches. C'est illégal, tout le monde le sait.
Que pensez-vous des déclarations de Renaud Dutreil?
Ça n'a pas de sens. Je ne vois pas pourquoi un maire qui a refusé les demandes d'ouverture les accorderait subitement. C'est un sujet politiquement sensible. Souvenez-vous, il y a quelques mois, le même ministre semblait défavorable à la multiplication des ouvertures le dimanche, expliquant que cela "détruirait des centaines de milliers d'emplois".
Et ailleurs en Europe?
Il y a tous les cas de figure. En Angleterre, pendant longtemps, c'était "Sunday closed". Aujourd'hui, tout est ouvert. En Allemagne, le gouvernement a décidé que ce type de problème devait être réglé au niveau des Länder. Je sais notamment que le Land de Berlin a décidé de libéraliser les nocturnes, mais pas les dimanches. Les mœurs dans ces domaines changent très vite. Aujourd'hui, en France, tous les sondages montrent que les consommateurs souhaitent plus d'ouverture. Mais est-ce que cela sera pareil dans cinq ans?
Retour MYTF1
Chargement en cours...





