Conférence de presse de Ségolène Royal à Pékin © TF1/LCISégolène Royal veut faire la "transparence" sur son patrimoine. Soumise à l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) notamment grâce aux biens immobiliers qu'elle possède (lire aussi "Ségolène et François contre-attaquent") la candidate du Parti socialiste tenterait-elle de payer moins d'impôts par des montages financiers ? C'est ce qu'ont sous-entendu ses détracteurs ces derniers jours. "On lui fait un mauvais procès. Avoir des parts dans une société civile immobilière n'a jamais permis de payer moins d'impôts ou de se soustraire à l'ISF", affirme maître François Carré, vice-président de la chambre des notaires de Paris.
Ségolène Royal détient en effet des parts d'une société civile immobilière familiale, "La Sapinière", pour un montant de 355.800 euros (voir le détail des parts en lisant). "Ces parts sont prises en compte dans le calcul de l'impôt sur la fortune et s'ajoutent à celles du conjoint", précise Vincent Brezet, secrétaire national du Snui (syndicat national unifié des impôts). Et si Ségolène Royal et François Hollande ne sont pas mariés, cela ne change rien car, contrairement à l'impôt sur le revenu, le calcul de l'ISF porte sur le patrimoine du foyer fiscal, marié, pacsé ou vivant en union libre.
Conseillé aux couples non mariés
Toujours selon le Snui, si Ségolène Royal affirme payer 862 euros au titre de l'ISF, cela veut dire que le patrimoine déclaré par son compagnon et elle-même se situe autour de 934.000 euros. Ils feraient donc partis de la première tranche de l'ISF comprenant les patrimoines entre 760.000 euros et 1,2 million d'euros taxé à 0,55% (voir ci-dessous le patrimoine pris en compte dans le calcul de l'ISF).
Quel est l'intérêt d'avoir créé une SCI ? "Le principal avantage d'une SCI est de sécuriser un achat. Je préconise très souvent ce système pour les couples non mariés", explique Maître Carré. Le notaire cite également l'exemple des maisons de famille : "si le bien est détenu en indivision, il suffit qu'une seule personne veuille se retirer pour provoquer la vente du bien". Dans le cas d'une SCI, celui qui veut se retirer "vend ses parts et en priorité aux autres associés."
La SCI traîne une mauvaise réputation
"L'intérêt n'est pas fiscal", souligne Didier Zelphati, avocat fiscaliste à Paris. Même si, de ce fait, Ségolène Royal réduit son patrimoine en le partageant avec des membres de sa famille ? "Oui, car si le bien est vendu, Ségolène Royal ne touchera que la part dont elle est propriétaire. Et en cas de décès, les enfants paieront des droits, comme dans toute succession", poursuit-il. "Le seul avantage fiscal que l'on peut trouver, en cherchant bien, c'est qu'une part de SCI est un peu moins bien évaluée qu'une indivision car il est plus difficile de s'en défaire", estime maître Carré. "Les personnes d'un certain âge ont souvent une image fantasmée des SCI car avant 1978, elles n'étaient pas immatriculées et donc pas contrôlées, ce qui a permis à des familles possédant des immeubles à Paris de dissimuler leurs biens. Mais je vous assure que ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui". Un mauvais procès, donc.
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