Six pays dans le noir... et des accusations

le 30 janvier 2007 à 13h30 , mis à jour le 01 février 2007 à 10h55

La méga-panne qui avait affecté l'Europe en novembre dernier était due au non respect par l'allemand EON des procédures de sécurité, selon Bruxelles.

TF1/LCI : Ligne électrique à haute tensionLigne électrique à haute tension © TF1/LCI

Le 4 novembre dernier, une surchauffe du réseau électrique allemand avait entraîné des coupures d'électricité pour une dizaine de millions d'Européens, principalement en France (cinq millions de personnes touchées), mais aussi en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas, en Italie et en Espagne. Plus de peur que de mal... mais l'Europe entière était passée très près du black-out complet. D'où l'enquête lancée par Bruxelles...

Aujourd'hui, le scénario de la panne est connu : selon le rapport final de l'Union pour la coordination du transport d'électricité (UCTE), qui regroupe les réseaux de transport de 23 pays européens, le facteur déclencheur a été la mise hors service d'une ligne haute tension dans le nord de l'Allemagne pour permettre le passage d'un navire. Ce qui a provoqué la surcharge des lignes et la coupure du réseau européen en trois parties : ouest, est et sud-est. Dans la zone ouest, la puissance électrique était insuffisante - poussant les automates à couper l'approvisionnement dans plusieurs pays - alors que dans la zone est, elle était trop importante.

Un constat alarmant

Question : comment le passage d'un navire a-t-il pu provoquer une réaction en chaîne aussi catastrophique ? Aujourd'hui, s'appuyant sur le rapport final de l'UCTE, la Commission européenne accuse. Et elle cite trois grandes raisons pour cette méga-panne. Première cause : EON Netz, gestionnaire du réseau à l'origine de la panne, "n'a pas appliqué la procédure de sécurité et ne possédait même pas les outils techniques pour vérifier que le réseau était exploité en sécurité". Selon ce rapport, EON a aussi commis une erreur en n'informant pas les autres gestionnaires de réseaux européens des actions qu'il prenait. Enfin, l'UCTE dénonce "l'insuffisance des investissements dans le réseau, au niveau tant de sa fiabilité que de son exploitation".

Du coup, le commissaire européen à l'Energie Andris Piebalgs estime plus que jamais nécessaire "une action commune visant à garantir la sécurité de l'approvisionnement électrique dans l'ensemble de l'UE", via notamment "des normes communes, essentielles et contraignantes, pour la sécurité des réseaux", un "renforcement de la coordination" entre les gestionnaires des réseaux de transport et une "amélioration des investissements".

D'après agence

le 30 janvier 2007 à 13:30
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

4 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Alain, le 30/01/2007 à 14h37

    ET vive les privatisations ! Pendant se temps EON veut acheter l'espagnol Endesa pour beaucoup de milliards d'euros !

  • Florian, le 30/01/2007 à 14h35

    Privatisez, qu'ils disaient.

  • Bidou, le 30/01/2007 à 14h34

    Il est facile d'accuser quelqu'un lorsque celui-ci n'est soumis à aucune autre règle que celles du bon sens. L'UCTE et la Commission Européenne n'ont qu'à donner un cahier des charges clair aux divers gestionnaires des réseaux électriques. Pour l'heure, c'est le grand bazar et chacun gère son petit truc dans son petit coin. Nul n'est responsable, on trouve seulement des fautifs.

  • Jo, le 30/01/2007 à 14h17

    Reste une question sans réponse : " pourquoi 5 millions de Français dans le noir sur 10 millions de clients en europe " ? la france serait-elle plus fragile ou moins lucrative que les autres ??

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience