Viande douteuse : Sorovisa victime de calomnie ?

Par , le 31 janvier 2007 à 19h08 , mis à jour le 01 février 2007 à 11h15

A la suite de contrôles vétérinaires, la société de découpe de viande avait fait l'objet de soupçons concernant la qualité de ses produits. La Sorovisa a déposé plainte pour dénonciation calomnieuse.

SorovisaSorovisa © DR

Mise en cause le 20 janvier par des fuites dans la presse concernant un contrôle des services vétérinaires dans ses locaux à propos de la qualité et la traçabilité de sa viande, la société Sorovisa contre-attaque. "Nous avons déposé une plainte avec constitution de partie civile auprès du doyen des juges d'instruction de Saintes pour dénonciation calomnieuse cette semaine", affirme maître Vincent Huberdeau, avocat de Sorovisa.

Un article du Parisien-Aujourd'hui en France rapportait le 20 janvier que des agents de la répression et des fraudes avaient signalé "une odeur nauséabonde sur les tables de découpe" et des "viandes noires à l'aspect inquiétant". La société de découpe et de conditionnement de viande est l'un des principaux fournisseurs des restaurants scolaires de la région et l'information, reprise par de nombreux média dont LCI.fr, avait alors mis en émoi les responsables d'établissements.

De graves accusations

L'affaire remonte au 25 septembre 2006. Ce matin-là, Jean-Jacques Blaix, président de Sorovisa installée à Saint-Sulpice de Royan, n'est pas présent puisqu'il est en vacances. "Les services vétérinaires et une trentaine de gendarmes armés ont débarqué à 6h du matin pour un contrôle assez brutal", affirme maître Huberdeau, qui lui était sur les lieux. "Ils ont trouvé un carton de viande congelée dont la date de péremption était largement dépassée", rapporte l'avocat, "mais cette viande n'allait pas être commercialisée, elle était en attente d'être détruite".

Par ailleurs, les services vétérinaires auraient contesté l'étiquetage de lots de trois tonnes de viande congelée et demandé leur destruction. Motif invoqué : "tromperie sur la nature, la qualité et l'origine d'une marchandise pouvant entraîner des risques sur la santé de l'homme", selon Jean-Jacques Blaix.

Un motif qu'il conteste. "Quand nous découpons de la viande et la mettons sous vide, nous collons une étiquette sur le lot indiquant sa traçabilité ainsi que la date limite de consommation (DLC), indique-t-il. Nous pouvons ensuite, dans les limites de la DLC, décider de la congeler tout en indiquant sur une nouvelle étiquette la date de congélation et la nouvelle date limite de consommation".

Dénonciation d'un salarié, enquête à charge ?

Près de quatre mois plus tard, Jean-Jacques Blaix est convoqué par la gendarmerie le 16 janvier et placé en garde à vue tandis qu'une perquisition est effectuée dans les locaux de la Sorovisa. "Je leur ai fourni tous les documents et factures qu'ils souhaitaient", affirme le patron de l'entreprise familiale pour qui, "la lumière doit être faite au plus vite". L'entrepreneur veut laver sa société de tout soupçon.

Selon celui-ci, toute cette affaire proviendrait d'un litige avec l'un de ses salariés. "Les gendarmes nous ont dit que les services vétérinaires avaient reçu des lettres de dénonciation", ajoute l'avocat de la Sorovisa. C'est donc, avec "en tête, l'idée qu"ils allaient tomber sur des problèmes graves", que les inspecteurs auraient effectué leur contrôle en septembre. L'avocat estime même qu'ils "ont été pour le moins négligents car ils auraient dû mettre les lots incriminés sous scellé pour procéder à des tests".

Pas de retrait de l'agrément

Contacté par LCI.fr, le directeur départemental des services vétérinaires de Charente-Maritime a refusé de s'exprimer car une enquête préliminaire, diligentée par le parquet de Saintes, est en cours. Il a simplement indiqué que la société Sorovisa disposait toujours de l'agrément des services vétérinaires. Même discrétion auprès du parquet de Saintes où l'on indique que l'enquête est en cours et que l'affaire ne fait pas l'objet, pour le moment, de mise en examen.

Est-il possible que des inspecteurs des services vétérinaires méconnaissent les règles d'étiquetage ? La Direction générale de l'alimentation (DGAL) semble en douter. Elle reconnaît cependant que si la situation constatée avait été grave, "une suspension, voire un retrait d'agrément sanitaire, aurait pu être demandé".

Par Sophie Lutrand le 31 janvier 2007 à 19:08
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