Bush affirme sa confiance en Wolfowitz

le 12 avril 2007 à 18h38 , mis à jour le 13 avril 2007 à 21h20

Le conseil d'administration de la BM a pourtant lâché son président, qui avait accordé des augmentations à une collaboratrice dont il était l'amant.

TF1/LCIWolfowitz, président de la banque mondialePaul Wolfowitz, président de la banque mondiale © LCI

George W. Bush continue à avoir confiance en Paul Wolfowitz, malgré le scandale provoqué par les faveurs salariales accordées à une employée avec laquelle il avait une liaison, a indiqué vendredi la Maison Blanche. Pourtant, le président de la Banque mondiale, que les employés de l'institution multilatérale appellent à la démission, semble de plus en plus isolé, après avoir été lâché par son conseil d'administration.

Les administrateurs, réunis dans la nuit de jeudi à vendredi, ont indiqué, dans un communiqué, que l'ancien numéro deux du Pentagone ne les avait pas informé des augmentations de salaire qu'il a personnellement octroyées à sa compagne Shaha Riza. Ce faisant, ils ont brisé la dernière ligne de défense du président de la Banque qui a jusqu'alors laissé entendre qu'il avait agi avec l'accord implicite du conseil. Le Financial Times relaie ouvertement les appels à la démission, à la veille de l'ouverture de l'assemblée semestrielle de la Banque à Washington.

La veille, contrit et repentant, l'ex-"faucon" de l'administration Bush et soutien inconditionnel de l'intervention en Irak avait présenté ses excuses lors d'une conférence de presse. Evoquant une "erreur", il avait dit "assumer toute la responsabilité des détails de l'accord" portant sur les augmentations de salaire dont a bénéficié Shaha Riza, qui était encore payée par la Banque après avoir été détachée au département d'Etat en septembre 2005. Elle aurait reçu, selon des documents internes de la Banque mondiale qui ont été transmis à la presse, plus de 60.000 dollars d'augmentation de salaire portant ses émoluments à quelque 200.000 dollars par an, soit plus que la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice elle-même. 

Campagne anti-corruption

C'était la première fois que Wolfowitz, arrivé à la tête de la Banque en juin 2005, reconnaissait une implication directe dans cette affaire qui le place dans une position très délicate, d'autant plus qu'il s'est lancé dans une campagne anti-corruption à la tête de l'institution. Il avait jusqu'ici éludé toute allusion à cette affaire qui met en émoi le personnel de la Banque mondiale.

Ex-responsable de la communication de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient, Shaha Riza avait été détachée de cette institution en septembre 2005 pour rejoindre le département d'Etat, six mois après l'arrivée à la présidence de Paul Wolfowitz. Ce dernier avait après son arrivée à la tête de la Banque informé le Conseil d'administration de la liaison qu'il entretenait avec elle et celui-ci avait recommandé qu'elle soit détachée dans une autre administration pendant la durée du mandat du nouveau président.

D'après agence

le 12 avril 2007 à 18:38
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