Paul Wolfowitz traqué par les photographes (mai 2007) © TF1/LCIPour l'heure, les pressions n'ont pas suffi à le convaincre de quitter son poste de lui-même. Le conseil d'administration de la Banque mondiale devait donc poursuivre ce mercredi ses délibérations pour fixer le sort de Paul Wolfowitz. Lundi, le rapport du comité avait conclu que le président de l'institution avait "violé les règles déontologiques en demandant personnellement l'avancement de sa compagne Shaha Riza", également employée de la Banque mondiale.
Officiellement, le président de la Banque mondiale écarte toute démission, mais la presse américaine, qui souligne le changement de ton de la Maison Blanche, parie déjà sur la démission de l'ex-numéro deux du Pentagone. Il pourrait d'ailleurs démissionner dès mercredi, aux termes d'un accord lui permettant de sauver la face, a affirmé la chaîne de télévision américaine ABC, citant des responsables de l'institution multilatérale.
Changement de ton à Washington
Lors de l'audition de mardi, Paul Wolfowitz a imploré la clémence du conseil qui menace de le destituer, et promis de changer ses méthodes de gestion. Un appel dans lequel il n'a pas manqué de rappeler à demi-mot le soutien inconditionnel dont il bénéficiait jusqu'à ces dernières heures auprès de l'administration Bush. "J'implore chacun de vous d'être équitable en prenant votre décision car celle-ci affectera non seulement ma vie mais elle affectera aussi la manière dont l'institution est considérée aux Etats-Unis et dans le monde", a déclaré Paul Wolfowitz devant les administrateurs. "J'ai peur que la façon dont l'enquête en cours est menée puisse porter un tort à long terme à l'institution bien plus grand que les prétendues accusations de manquement à l'éthique qui ont été, dans la réalité, résolues il y a plus d'un an", a-t-il poursuivi.
Paul Wolfowitz, qui préside la Banque depuis juin 2005, a reconnu qu'il s'était trop appuyé sur ses conseillers personnels et a promis d'apporter des changements dans ses méthodes de gestion. Il a aussi réaffirmé que les augmentations de salaire accordées à sa demande à sa compagne Shaha Riza, également salariée de la Banque mondiale, faisaient partie d'un accord "raisonnable. Mon attitude s'agissant de la mise à disposition de Mme Riza ne justifie pas que des actions soient prises contre moi ou aboutisse à la conclusion que vous n'avez pas confiance dans ma direction", a-t-il ajouté, suggérant implicitement au conseil de ne pas aller jusqu'à se prononcer par un vote sur sa destitution.
D'après agence
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