Paul Wolfowitz à la Banque Mondiale (à droite, de face) © TF1/LCILes conclusions du comité d'éthique de la Banque mondiale n'ont pas encore été officiellement rendues publiques, mais elles ont été dévoilées lundi par le New York Times sur son site internet : ses membres ont formellement notifié au président de l'institution, Paul Wolfowitz, qu'ils l'estimaient coupable de conflit d'intérêt dans la décision d'augmenter le salaire de sa compagne.
Ces conclusions augmentent la pression sur Wolfowitz, qui risque sa place dans cette affaire de népotisme. Il est accusé d'avoir demandé personnellement que Shaha Riza, employée au service communication de l'institution, soit augmentée de façon substantielle, pour gagner près de 200.000 dollars par an. Le conseil d'administration de la Banque affirme qu'il n'a pas été informé de cette promotion et qu'il ne l'a pas approuvée. Et c'est lui qui a ensuite chargé le comité d'éthique d'établir si oui ou non Wolfowitz avait violé les règles de la Banque en y consentant.
Première victime : Kevin Kellems
Le scandale a déjà fait une première victime lundi avec la démission de Kevin Kellems, l'un des plus proches conseillers de Wolfowitz. Il était chargé de son image. "Etant donné la situation dans laquelle évolue actuellement la direction (...), il est très difficile de contribuer à faire progresser efficacement la mission de l'institution", a-t-il expliqué. Ancien journaliste, Kevin Kellems avait été nommé par Wolfowitz dès que l'ancien numéro deux du Pentagone était arrivé à la tête de l'institution multilatérale, en juin 2005. Les deux hommes avaient travaillé ensemble au ministère américain de la Défense où Kellems était entré en août 2001, avant de devenir le porte-parole du vice-président Dick Cheney à la Maison Blanche.
Kevin Kellems a régulièrement été cité par les opposants à Wolfowitz comme l'un des symboles d'une gestion du pouvoir jugée centralisée et autoritaire. A cet égard, son départ pourrait être interprété comme une volonté de l'ancien faucon de l'administration Bush de prendre acte des critiques qui lui sont faites, avec l'espoir d'assurer sa survie politique. "Certains peuvent y voir un dernier effort pour éviter un vote de défiance du conseil d'administration de la Banque, plus tard dans la semaine", estime Manish Bapna, président du Bank Information Center, un organisme indépendant qui étudie l'action de l'institution multilatérale. "Mais c'est trop peu et trop tard. La démission de Kellems ne fera pas taire les critiques".
D'après agence
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