Paul Wolfowitz, président de la banque mondiale © LCILes conclusions, publiées lundi soir, du comité ad hoc nommé par le Conseil d'administration de la Banque mondiale sont sans équivoque : Paul Wolfowitz a bien violé les règles de l'institution en accordant à sa compagne Shaha Riza, également salariée de la Banque, d'importantes augmentations de salaires. Mais plus grave encore, ce comité ad hoc recommande au Conseil d'administration dans ses conclusions de "considérer si M. Wolfowitz est capable d'exercer le leadership nécessaire pour assurer que la Banque puisse continuer à fonctionner au mieux de ses capacités pour remplir son mandat". Et souligne dans son rapport que c'est également la question de l'ensemble de la bonne gestion de l'insitution qui est posée.
Le Conseil d'administration a indiqué lundi soir qu'il se réunirait ce mardi à 17 heures locales (soit 23 heures, heure française) et qu'il entendrait à cette occasion Paul Wolfowitz, à la tête de l'institution depuis juin 2005. Le Conseil a le pouvoir de renvoyer le président mais cela ne s'est encore jamais produit dans l'histoire de la Banque, créée aux lendemains de la Seconde guerre mondiale pour lutter contre la pauvreté dans le monde. Selon des sources diplomatiques s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, la tactique retenue est plutôt de tenter de contraindre Paul Wolfowitz à démissionner face aux preuves réunies contre lui sans qu'il soit nécessaire de procéder à un vote formel du Conseil.
Le soutien inconditionnel des Etats-Unis
L'affaire remonte à l'été 2005, lorsque Wolfowitz - précédemment numéro deux du Pentagone et à ce titre l'un des architectes de la guerre en Irak - a pris la présidence de la Banque. C'est lui-même qui a alors prévenu les instances dirigeantes de l'institution de la relation qui l'unissait à Shaha Riza, elle-même employée de la Banque. Celles-ci avaient alors estimé que cette dernière devait être détachée au sein d'une autre administration, en l'occurence le département d'Etat, mais c'est Paul Wolfowitz lui-même qui avait pris la décision de lui accorder d'importantes augmentations de salaire dans le cadre de ce détachement. Sa ligne de défense a toujours été de dire qu'il avait pris cette décision sur les instructions de fonctionnaires de la Banque, ce que réfute le comité ad hoc.
Depuis que cette affaire a éclaté il y a environ un mois, les associations du personnel de la Banque et certains de ses cadres dirigeants ont réclamé la démission de Wolfowitz ainsi que certains Etats membres comme l'Allemagne. Mais Paul Wolfowitz jouit toujours du soutien de l'administration américaine qui l'a nommé à ce poste. Les Etats-Unis, en vertu d'une règle non écrite, nomment le président de la Banque mondiale et les pays européens celui de l'institution soeur, le Fonds monétaire international. Principal actionnaire de la Banque mondiale avec environ 16,4% des voix, les Etats-Unis auraient besoin du soutien d'autres pays, en cas de vote, pour empêcher un renvoi du président.
D'après agence
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