François Fillon, en meeting à Nantes, le 13 juin 2007 © TF1-LCILe sujet est complexe, même le Premier ministre l'admet. Alors que ses explications sur la TVA sociale mardi soir avait semé le trouble dans les esprits (lire notre article), François Fillon a reconnu mercredi soir, lors d'un meeting de soutien aux candidats UMP à Nantes, que la TVA sociale n'était "pas simple", même s'il a maintenu qu'elle était une "idée juste". Du coup, le n°1 du gouvernement a recommencé son décryptage sur ce mécanisme, instauré en Allemagne depuis début 2007, qui consiste à basculer une partie du financement de la Sécurité sociale des entreprises vers les ménages, par une baisse des cotisations patronales et une hausse simultanée de la taxe sur la valeur ajoutée. Le chef du gouvernement avait indiqué mardi qu'il ne serait de toutes façons pas mis en oeuvre en 2008.
Le Premier ministre a toutefois paru revenir mercredi soir sur "l'ordre de grandeur" de la hausse de l'ordre de 5 points qu'il avait lui-même évoqué mardi soir. "5% est un plafond au regard de nos engagements européens. Faudra-t-il aller jusque là? Nous le verrons." Il a aussi énuméré les écueils possibles d'un tel projet, que la gauche appelle désormais "TVA anti-sociale" et que lui préfère appeler "TVA anti-délocalisations". Il faut, a-t-il dit, "que la baisse de cotisations se retrouve dans les prix et non pas dans les marges des entreprises, que le niveau global des impôts et cotisations reste constant, que l'inflation soit maîtrisée, et qu'il n'y ait pas de dérive qui ampute le pouvoir d'achat des Français". "Si ces conditions sont réunies, alors nous pourrons avancer", a-t-il réaffirmé. "Et je le dis solennellement, si elles ne le sont pas, alors nous ne le ferons pas". "Le gouvernement y travaille."
DSK veut bien en discuter avec Fillon
Justement, Eric Besson, qui a été chargé mardi de plancher sur le dossier, avec le ministre Jean-Louis Borloo, a reconnu mercredi qu'il y avait un "risque potentiel" de hausse des prix, tout en précisant que ce risque ne s'était pas matérialisé en Allemagne et au Danemark où la TVA sociale est utilisée. "Le risque inflationniste existe" mais "on peut trouver des mécanismes pour l'atténuer en concertation avec les partenaires sociaux et notamment les chefs d'entreprise", a-t-il ajouté.
"Il n'y a pas de hausse de la TVA en soi, ça n'a pas de sens", a pour sa part lancé Jean-Louis. "Je suis en charge pour voir comment, avec nos amis allemands (...), on réorganise les charges sociales du pays. Cela devient l'augmentation de la TVA!", a déploré le ministre. "On regarde sérieusement avec les Allemands, puis on verra ça avec les partenaires sociaux à la rentrée. Le premier texte, c'est sur le pouvoir d'achat. On ne va pas aller dans l'autre sens", a-t-il insisté.
De son côté, l'ancien ministre Dominique Strauss-Kahn, interpellé par François Fillon, s'est dit prêt à débattre avec lui, "et le plus tôt sera le mieux". Selon lui, la TVA sociale va "chambouler le porte-monnaie de beaucoup de Français".
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