Le label bio européen pas du goût des Français

Par , le 12 juin 2007 à 19h23 , mis à jour le 12 juin 2007 à 20h50

La Commission s'est mis d'accord sur les contours d'un label bio européen. Les acteurs français l'estiment trop laxiste et envisagent de créer un nouveau label, dans lequel les consommateurs pourront véritablement avoir confiance.

[Expiré] [Expiré] Champ de maïs © www.sxc.hu

Un label et beaucoup de mécontentements. Les 27 ministres de l'Agriculture réunis à Luxembourg ont décidé mardi de mettre en place, à partir de 2009, un label européen pour les produits biologiques. Après un an et demi de négociations, les 27 se sont donc entendus sur un nouveau règlement, qui rend le label bio européen obligatoire sur les étiquettes. Les labels nationaux pourront cependant y être adjoints, afin de ne pas dérouter les consommateurs qui y sont déjà habitués.

  • Un logo tout bio tout neuf

    <b>Interview - </b>Depuis jeudi 1er juillet, un nouveau logo européen en forme de feuille a fait son apparition sur les produits. Elisabeth Mercier nous explique pourquoi il fallait un nouveau logo.

    Publié le 02/07/2010 Un logo tout bio tout neuf
Plus d'infos

Ce n'est pas sur la création d'un label européen mais sur le contenu du cahier des charges que le désaccord porte avec les acteurs de la filière biologique en France. Le texte que les ministres ont signé précise qu'un produit fini devra contenir au moins 95% (en masse) d'ingrédients biologiques pour bénéficier de cette appellation, au lieu de 70% précédemment. Une avancée ? "Non, pas du tout, s'exclame Henri Thepaut, président de la FNAB (Fédération nationale de l'agriculture biologique). Car, avant, il était interdit de faire allusion au mot biologique sur un produit s'il comportait moins de 70% d'ingrédients issus de l'agriculture bio. En 2009, il suffira de 5% d'ingrédients bio. Dès lors qu'on mettra une fraise bio dans un yaourt, on pourra le dire sur le paquet".

Repartir de zéro

Deuxième point litigieux du texte européen : la tolérance aux traces d'OGM. Après un âpre débat, les 27 ont accepté que les produits bio puissent contenir des traces d'OGM, dans la limite de 0,9%. Une mesure présentée par la Commission comme le moyen de protéger les producteurs de bio contre des contaminations accidentelles d'OGM.

Plusieurs associations écologistes craignent, elles, une perte de confiance des consommateurs pour les produits bio. Cet accord "ignore les préférences des consommateurs, qui sont prêts à payer pour avoir de la nourriture de haute qualité, sans OGM, et il met en danger le secteur de l'agriculture biologique", estime Greenpeace. Plutôt que d'accepter une tolérance, "l'UE doit mettre en place une législation pour protéger les agriculteurs de la pollution par les OGM", réclament l'association Les Amis de la Terre et le Bureau européen pour l'Environnement, dans un communiqué commun. "Pour nous, les producteurs doivent avoir le droit de se protéger contre une contamination OGM et les consommateurs exiger des produits bio 100% sans OGM", estime le président de la FNAB.

Pour ce dernier, il s'agit d'un véritable "hold-up européen". "A partir de 2009, le label AB (Agriculture biologique) devra se plier au cahier des charges européens, beaucoup moins exigeant que le nôtre actuellement. Si nous voulons conserver notre qualité et le faire savoir aux consommateurs, nous allons devoir créer un nouveau logo et le faire connaître". Ce qui représentera un gros investissement pour la filière qui se reconnaissait pour le moment sous la bannière "AB". L'association Les Amis de la Terre parle, eux, de "Waterloo de l'environnement" et accuse Christine Lagarde, ministre française de l'Agriculture, de les avoir trahis.

Par Sophie Lutrand le 12 juin 2007 à 19:23
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7 Commentaires

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  • Poitevin, le 13/06/2007 à 18h18

    Comme toujour nos hommes politiques,font preuve de grand courage...les associations qui nous defende,je les remerçies.

  • BT, le 13/06/2007 à 13h58

    Je ne suis pas d?accord pour un label européen au départ. C?est comme si l?identité/renommée d?un pays disparaissait (ex pour le champagne: "Made in Europe"). Personnellement je voudrais connaitre la provenance des produits : je n?ai pas envie de manger de la salade venant de Tchernobyl ! De plus, si les produits dits Bio contiennent des OMG même à pourcentage faible, ce n?est plus un produit bio.

  • Ahh, le 13/06/2007 à 12h53

    L'Erurope nous tire vers le bas, ce n'est pas une surprise et sans doute la raison pour laquelle les Francais ont refusé de signer lors du referundum. Les décisions sont prises par des inconnus à l'autre bout de l'Europe sans que les populations ne puissent rien contester car elle n'est informé que des décisions prises. Peu t'on parler de dictature ?? presque... Les Francais disent NON aux OGM et malgré cela, l'Europe nous l'impose dans nos champs et nos assiettes. Et malheur à ceux qui s'y opposent (proces, prison etc etc) On en veut plus de VOTRE Europe de la France du haut !!!

  • Stanczak, le 13/06/2007 à 12h37

    Sortons de l'europe, il y en a marre. Des décisions au rabais, qui pénalise les bons élèves

  • Amiral, le 13/06/2007 à 11h18

    Avant il fallait 70 d'ingrédients BIO, maintenant il faut 95% d'ingrédient BIO et il nous dit que c'est moins bien qu'avant ??? Y a quelque chose qui n'est pas très clair là !!?

  • Scan le Gentil, le 13/06/2007 à 10h21

    Je ne comprend pas comment on peut qualifier de Bio des produits contenant des traces d'OGM. On se souvient que les lobbies des industries agro alimentaires sont tellement puissants qu'ils arrivent à faire croire que les carburant issus de l'agriculture sont "bio" alors que leur exploitation va ruiner la biodiversité. Mais là, ils récidivent. Ils manoeuvre pour faire passer cette décision honteuse à l'Europe des 27 pour pervertir le label BIO et ainsi de le décridibiliser. Les consomateurs ne pourront donc plus faire confiance à la notion de BIO, ni même la comprendre. J'espère qu'un organisme indépendant osera créer un label BIO 0% OGM. 0,9% c'est beaucoup. Tellement énorme que si c'était la même quantité de sel, on a fait un scandale de peur de faire crever d'ambolie pulmonaire les petits vieux. C'est comme si on autorisait 0,9% de vin du Chili dans une bouteille d'AOC de Bordeaux. Ou mieux, 0,9% de fruit traité au pesticide dans un fruit naturel, la peau d'une pomme par exemple. D'ailleurs quelque soit le pourcentage d'OGM ce serait déjà trop car incidieusement pernicieux. J'en invoque à la liberté de savoir ce que l'on consomme, ce que l'on mange. Il est normal que l'on accepte de manger des OGM, c'est une liberté que d'accepter d'ingérer des éléments dont certains (une trés petite minorité, d'accord, moins de 1%) sont mutagène et cancérigène, ce qui est prouvé scientifiquement, mais dont la concentration est 'tolérable' pour un produit industriel alimentaire. On accepte bien de respirer les gaz d'échapement des autres en démarrant sa voiture. Je demande à chacun des responsables politiques des 27 pays européens de nourrir ses propres enfants tous les jours avec des produits Bio contenant 0,9% d'OGM. On verra s'ils sont d'accord.

  • Vastre, le 13/06/2007 à 03h35

    Les agriculteurs français, s'ils veulent encore vendre en Europe dans quelques années, n'ont peut-être pas intérêt à produire le lapin à plumes ou la poule à poils !

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