© www.sxc.huUn label et beaucoup de mécontentements. Les 27 ministres de l'Agriculture réunis à Luxembourg ont décidé mardi de mettre en place, à partir de 2009, un label européen pour les produits biologiques. Après un an et demi de négociations, les 27 se sont donc entendus sur un nouveau règlement, qui rend le label bio européen obligatoire sur les étiquettes. Les labels nationaux pourront cependant y être adjoints, afin de ne pas dérouter les consommateurs qui y sont déjà habitués.
Un logo tout bio tout neuf
<b>Interview - </b>Depuis jeudi 1er juillet, un nouveau logo européen en forme de feuille a fait son apparition sur les produits. Elisabeth Mercier nous explique pourquoi il fallait un nouveau logo.
Publié le 02/07/2010
Ce n'est pas sur la création d'un label européen mais sur le contenu du cahier des charges que le désaccord porte avec les acteurs de la filière biologique en France. Le texte que les ministres ont signé précise qu'un produit fini devra contenir au moins 95% (en masse) d'ingrédients biologiques pour bénéficier de cette appellation, au lieu de 70% précédemment. Une avancée ? "Non, pas du tout, s'exclame Henri Thepaut, président de la FNAB (Fédération nationale de l'agriculture biologique). Car, avant, il était interdit de faire allusion au mot biologique sur un produit s'il comportait moins de 70% d'ingrédients issus de l'agriculture bio. En 2009, il suffira de 5% d'ingrédients bio. Dès lors qu'on mettra une fraise bio dans un yaourt, on pourra le dire sur le paquet".
Repartir de zéro
Deuxième point litigieux du texte européen : la tolérance aux traces d'OGM. Après un âpre débat, les 27 ont accepté que les produits bio puissent contenir des traces d'OGM, dans la limite de 0,9%. Une mesure présentée par la Commission comme le moyen de protéger les producteurs de bio contre des contaminations accidentelles d'OGM.
Plusieurs associations écologistes craignent, elles, une perte de confiance des consommateurs pour les produits bio. Cet accord "ignore les préférences des consommateurs, qui sont prêts à payer pour avoir de la nourriture de haute qualité, sans OGM, et il met en danger le secteur de l'agriculture biologique", estime Greenpeace. Plutôt que d'accepter une tolérance, "l'UE doit mettre en place une législation pour protéger les agriculteurs de la pollution par les OGM", réclament l'association Les Amis de la Terre et le Bureau européen pour l'Environnement, dans un communiqué commun. "Pour nous, les producteurs doivent avoir le droit de se protéger contre une contamination OGM et les consommateurs exiger des produits bio 100% sans OGM", estime le président de la FNAB.
Pour ce dernier, il s'agit d'un véritable "hold-up européen". "A partir de 2009, le label AB (Agriculture biologique) devra se plier au cahier des charges européens, beaucoup moins exigeant que le nôtre actuellement. Si nous voulons conserver notre qualité et le faire savoir aux consommateurs, nous allons devoir créer un nouveau logo et le faire connaître". Ce qui représentera un gros investissement pour la filière qui se reconnaissait pour le moment sous la bannière "AB". L'association Les Amis de la Terre parle, eux, de "Waterloo de l'environnement" et accuse Christine Lagarde, ministre française de l'Agriculture, de les avoir trahis.
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