La confection du pain © E.P.I- C. NOURY Amateurs de baguette et de bière : et si votre avenir était entre les mains de la bourse ? Depuis un an, le cours des produits agricoles s'envole. Celui du blé de meunerie à Paris a augmenté de presque 45% en un an, atteignant aujourd'hui un niveau historique. Même chose pour le maïs (+50%). Mais la tendance n'est pas propre à la France. A Chicago, le cours du blé a augmenté de 49% depuis juin 2006 et le maïs de 55%. Quant au cours de l'orge, il a presque doublé au printemps 2006, une hausse qui depuis ne s'est pas arrêtée.
La raison de ces envolées ? Les conditions météorologiques tout d'abord, qui peuvent entraîner de faibles récoltes et par conséquent une augmentation des cours. Aux Etats-Unis, troisième producteur mondial de blé, la production a été mise à mal par les fortes pluies qui se sont abattues sur les grandes plaines du sud des Etats-Unis. La sécheresse en Ukraine a par ailleurs contraint le pays à suspendre ses exportations. Résultat : le stock mondial de blé est au plus bas depuis 1981.
Autre élément qui contribue à l'envolée des cours : le développement des biocarburants, à commencer par l'éthanol. Ainsi, les cours du maïs, du blé, mais aussi de l'orge, qui servent à la fabrication de ces carburants, explosent. Yasser Balawi, directeur des achats chez Heineken France, parle même de "spéculation" sur le marché de l'orge.
Peu de répercussion pour le consommateur
Pour l'heure, les consommateurs demeurent à l'écart de l'envolée du prix des produits agricoles. A la Maison de la boulangerie, on attend le mois de juillet et la rencontre du syndicat de la meunerie pour savoir si l'augmentation du cours du blé aura un impact sur le prix du pain. "Pour l'instant, on ne sait pas. Mais si le prix du blé augmente considérablement, on peut penser que le prix du pain augmentera lui aussi", explique Nadia Dhoukar, chargée de la communication du syndicat.
Du côté des brasseurs, à qui l'orge, transformée en malt, sert à la fabrication de la bière, l'envolée des cours a déjà posé la question de la répartition des coûts. Selon Yasser Balawi, le malt se vend 30% plus cher en 2007 qu'en 2006, mais il explique que l'entreprise n'est pas capable de répercuter la totalité de l'augmentation sur le prix de vente, car les grandes surfaces imposent un gel de prix. "Notre prix de vente final n'a pas bougé", assure le directeur des achats. Mais si l'orge continue d'augmenter à ce rythme, Heineken, comme a priori tous les autres brasseurs, ne pourra pas tenir longtemps.
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