Ségolène Royal, le 7 mai 2007, au lendemain de sa défaite à la présidentielle © TF1/LCIAlors que le dossier est sous le feu des critiques (lire ci-dessous), François Fillon a envoyé mardi une "lettre de mission" au ministre de l'Economie Jean-Louis Borloo et au secrétaire d'Etat chargé de la Prospective Eric Besson pour "lancer la réflexion sur la TVA sociale". Le premier doit vérifier s'il est possible "d'affecter une partie de la TVA au financement de la protection sociale, en contrepartie d'une baisse des charges sociales pesant sur le travail ". Le second doit aller voir ce qui se fait à l'étranger, principalement au Danemark et à l'Allemagne (voir la vidéo : l'exemple allemand). Ces travaux devront "évidemment être conduits sur la base d'une concertation approfondie avec les partenaires sociaux".
"C'est enfin sorti", a commenté Ségolène Royal : "François Fillon a avoué que la TVA allait augmenter"."Jusqu'alors c'était caché", a-t-elle lancé, ironisant sur une possible "génération spontanée d'argent public qui va nous permettre de payer 20 milliards d'euros de cadeaux fiscaux par an". Pour les Français, a-t-elle affirmé, "c'est un impôt nouveau qu'ils vont découvrir après" et "une mauvaise action politique qui va enlever du pouvoir d'achat à ceux qui n'en ont pas beaucoup".
"Faire payer les vieux"
"TVA antisociale", a rétorqué Laurent Fabius qui estime qu'il s'agit de "financer les avantages fiscaux de quelques uns par une ponction sur l'ensemble de la population". Ce serait "faire passer la TVA en moyenne de 19,6 à 24,6 points ce qui est énorme et injuste", a-t-il déploré. "La réalité de ça, c'est qu'on va faire payer les personnes âgées qui jusqu'à maintenant ne payaient pas", a déclaré Dominique Strauss-Kahn sur Europe 1. Il a en revanche préconisé d'utiliser "la TVA pour lutter contre les délocalisations, c'est-à-dire (...) produit par produit" et pour lutter contre les délocalisations.
"La TVA sociale, cela veut dire que tous les Français, spécialement les plus pauvres, ceux qui ont le plus de difficultés, vont avoir des charges accrues et une baisse de leur niveau de vie", a jugé François Bayrou sur RTL.
"Les prix n'augmenteront pas"
François Fillon s'est toujours défendu de vouloir alourdir les impôts, et même d'utiliser la TVA sociale à des fins comptables, "pour boucher les trous occasionnés par nos dépenses publiques et sociales". Jean-François Copé, député de Seine-et-Marne, a abondé en assurant que "le plan fiscal de Nicolas Sarkozy trouvera son financement par des économies et par la croissance" et non par une quelconque TVA.
L'ancien ministre de l'Economie Jean Arthuis préconise, lui, une hausse de cinq points de la TVA afin de "compenser une baisse des cotisations sociales des entreprises". Selon lui pourtant, les prix des produits français "n'augmenteront pas" car les entreprises répercuteront intégralement la baisse de leurs cotisations sur les prix de leurs produits.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




