Les pêcheurs de La Turballe ont bloqué le port de plaisance © TF1/LCIIl n'y aura pas de pêche à l'anchois avant juillet 2008. Mercredi, la Commission européenne a décidé de ne pas rouvrir cette pêche dans le Golfe de Gascogne et n'accordera donc pas de quota cette année aux pêcheurs français qui le réclamaient. La Commission a pris sa décision "après examen des éléments scientifiques". La Commission devrait proposer en contrepartie un plan de soutien aux pêcheurs français d'anchois, qui ont organisé ces dernières semaines différentes manifestations pour réclamer la réouverture de la pêche.
Le ministre de l'Agriculture et de la Pêche Michel Barnier "regrette très vivement" la décision de la Commission européenne et a annoncé une enveloppe de 15 millions d'euros pour les pêcheurs, qui sera répartie selon trois axes : "L'indemnisation des professionnels de la pêche dans le cadre de la mise en oeuvre d'un arrêt biologique temporaire de la pêche de l'anchois, un plan de sortie volontaire de flotte pour les professionnels qui le souhaitent et un plan de sauvetage et de modernisation de la flotte des anchoyeurs", détaille le ministère. Des experts de la commission européenne se rendront en France "dès la semaine prochaine" pour élaborer le plan de soutien aux pêcheurs du Golfe de Gascogne.
La France avait demandé lundi à la Commission de rouvrir la pêche à l'anchois pour trois mois et d'accorder à ses pêcheurs un quota de 3 à 4.000 tonnes dans le Golfe de Gascogne. La pêche à l'anchois est fortement restreinte dans le Golfe de Gascogne depuis 2005, et les experts scientifiques de la Commission ont demandé fin juin l'arrêt total de la pêche au moins jusqu'en juillet 2008. Face à cette interdiction, les pêcheurs d'anchois français, basés aux Sables d'Olonne, à Saint-Gilles-Croix de-Vie (Vendée) et à La Turballe (Loire-Atlantique) ont mené ces dernières semaines d'importants mouvements de protestation.
Risque de "disparition de la filière française" |
Le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM) proteste contre la décision de la Commission européenne et considère qu'elle "implique à court terme la disparition de la filière française. Le comité s'interroge également sur les intentions de la Commission européenne et se demande si cette dernière n'est pas entrain de « déployer une stratégie d'éradication de la flotte française au profit d'une flotte espagnole qui n'est pas exempte de critiques". Elle dénonce la flotte espagnole, et affirme que « cette flottille en surcapacité de pêche dépasse ses propres quotas, triche en pêchant du poisson sous taille et menace la pérennité de certains stocks". |
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