© sxc.huL'Assemblée nationale a voté vendredi matin les mesures entraînant la quasi suppression des droits de succession inscrite dans le projet de loi pour le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat (TEPA) dit "paquet fiscal". Toutes ces dispositions sont réunies dans l'article 4 du texte qui prévoit la suppression totale des droits de succession pour le conjoint survivant, que le couple soit marié ou pacsé. Il relève également de 50.000 à 150.000 euros l'abattement pour les enfants, de 5000 à 15.000 euros pour les frères et un abattement de 5000 euros pour les neveux et nièces.
Sous l'effet de ces mesures, 95% des successions seront exonérées. Ces mêmes abattements relevés s'appliquent pour la donation de biens entre vifs tous les six ans. Cet article permet également une donation en numéraire pour un membre de la famille majeur, qui a été relevé de 20.000 à 30.000 euros par un amendement de Louis Giscard d'Estaing (UMP). En revanche, l'article garantit une imposition des plus-values réalisées lors de la vente de stock-options, données ou héritées. Le surcoût pour l'Etat est de 2 millions en 2007, 5 millions en 2008.
Des "cadeaux aux plus aisés"
Selon le rapporteur général du Budget, l'UMP Gilles Carrez, un couple avec deux enfants et un patrimoine de 600.000 euros ne paiera pas de droits de succession en cas de décès d'un des parents. Autre exemple, un couple avec deux enfants et un patrimoine de 1,5 million d'euros. En utilisant tous les leviers du texte, ce patrimoine pourra être transmis aux héritiers "en franchise de droits", soit un gain de "200.370 euros" par rapport aux règles actuelles.
Cet article du projet de loi a donné lieu à de vifs échanges entre députés de l'opposition et de la majorité jeudi soir (lire l'article). L'opposition a dénoncé des "cadeaux fiscaux aux plus aisés" alors qu'avec les règles actuelles "89% des successions en ligne directe sont exonérées de droit", selon le rapporteur général du Budget, Gilles Carrez.
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