© TF1Théoriquement, l'information n'aurait pas dû filtrer avant sa publication au Journal officiel et sa mise en pratique lundi. Mais il y a eu une fuite de la part des buralistes mercredi soir. "Ca ne les dérange sans doute pas que les fumeurs se ruent chez eux ce week-end pour faire le plein avant la hausse", laisse-t-on entendre à Bercy. La hausse de 6% du prix des cigarettes intervient après trois et demi de statu quo (lire notre article). Et à la demande de l'Union des fabricants de tabac. Un paquet de cigarettes à 5 euros passera à 5,30 euros.
Contrairement aux prix de l'électricité ou du gaz que l'Etat doit également homologuer, ce dernier n'a pas le pouvoir de refuser une hausse car les prix du tabac sont libres. Seule la distribution des cigarettes constitue un monopole et c'est pour cela que les augmentations ont besoin d'être homologuées par l'Etat. "L'union des fabricants de tabac nous a transmis sa demande courant avril pour une hausse en août", affirme-t-on au cabinet d'Eric Woerth, ministre du Budget. Pourquoi avoir tenu au secret cette hausse alors ? "Tout simplement pour que les gens ne remplissent pas leurs baignoires de cartouches de cigarettes avant lundi", argue-t-on à Bercy. Las.
Anticipation
Les cigarettiers vont donc profiter de cette hausse mais moins que d'autres. Car, 80% du prix d'un paquet de cigarettes reviennent à l'Etat (64% en droits de consommation, 16% de TVA), et sont affectés à la Sécurité sociale. 12% vont au fabricant et 8% au détaillant. "Cette hausse des tarifs va rapporter en 2007 100 millions d'euros supplémentaires à la Sécu, 12 millions aux fabricants et 10 millions aux débitants", a indiqué la direction des douanes à LCI.fr. Dans ce calcul, l'Etat prend en compte l'effet d'une hausse des prix sur les fumeurs. "Si la hausse est forte, le nombre de personnes qui arrêtent de fumer est de 0.7%, 0,3% quand la hausse est faible". Dans ce cas, l'hypothèse retenue est de 0,3% à 0,5% de fumeurs en moins. Entre 2003 et 2004, la hausse des prix était de 40% ce qui s'est traduit par une baisse de 30% des cigarettes vendues en volume. "En 2007, les recettes liées au tabac pour l'Etat français passeront de 11,5 à 11,6 milliards d'euros".
Quant à la date choisie pour effectuer cette hausse, selon Bercy, les fabricants ont voulu anticiper l'interdiction de fumer dans les bars et restaurants au 1er janvier prochain et ne pas augmenter leurs tarifs au même moment.
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