Les avis d'imposition © LCI"C'est clairement une piste de réflexion, puisque (la ministre de l'Economie et des Finances) Christine Lagarde en a pris l'engagement" : Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement, a confirmé mercredi, à l'issue du Conseil des ministres, qu'un impôt-plancher était à l'étude. Mais "ce n'est pas un scoop", a-t-il souligné alors que le gouvernement l'avait déjà évoqué en juillet. "L'idée, c'est de travailler sur les 'niches fiscales' et de clarifier tout cela", a-t-il expliqué, rappelant que Christine Lagarde s'était "engagée à revenir devant la commission des finances en octobre pour faire le point sur cette question".
Laurent Wauquiez s'est également dit surpris par les débats de ces derniers jours à ce sujet, lancés selon lui par le Parti socialiste. "Il y a une façon un peu artificielle de faire monter un débat sur lequel la donne est parfaitement claire", a-t-il fait valoir. Mercredi matin, le PS avait dénoncé "les zigzags fiscaux du gouvernement" qui en réfléchissant à un impôt-plancher, reconnaît et essaie "de corriger les injustices de ses propres baisses d'impôts".
Impôt minimum pour tous ou pas ?
Le mécanisme, s'inspirant d'un dispositif existant aux Etats-Unis, consiste à fixer un montant minimum d'impôt dont doit s'acquitter tout contribuable. Selon Pierre Méhaignerie, l'actuel président de la commission des Affaires sociales, l'impôt-plancher ne concernerait cependant que "la dernière tranche, ou les deux dernières, mais certainement pas au-delà", pour empêcher les "hauts revenus de déduire par des niches fiscales la quasi totalité de leurs revenus". La dernière tranche concerne les revenus supérieurs à 66.679 euros et la deuxième tranche, ceux compris entre 24 873 à 66 679 euros.
Pour l'Etat, ce dispositif permettrait de récupérer une partie des dizaines de milliards d'euros abandonnés aux 400 catégories de contribuables bénéficiant de "niches fiscales", qui recouvrent les dispositions permettant de payer moins d'impôt sous certaines conditions, ou les vides législatifs permettant d'échapper à l'impôt sans être en infraction. Pierre Méhaignerie voit en l'impôt minimum une compensation au "bouclier fiscal", qui prévoit qu'aucun contribuable ne peut payer plus de 50% de ses revenus en impôts, contre 60% auparavant.
D'après agence
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