Un rayon de supermarché (archives). © DRLe dossier du pouvoir d'achat est en haut de la pile du gouvernement. Il a été évoqué jeudi par Nicolas Sarkozy, lors de son discours devant le Medef. Et encore vendredi, comme le président visitait un centre commercial à Bois d'Arcy, dans les Yvelines (lire ci-dessous notre encadré).
C'en est trop pour Système U. Le groupe aux 3 enseignes (Hyper U, Super U et Marché U) dénonce le fait que le gouvernement use "d'artifice politique" en portant la responsabilité de la relance du pouvoir d'achat sur la grande distribution. Celle-ci est prise comme "bouc émissaire", estime Serge Papin, le patron de Système U, dans une interview au Monde (de samedi).
Pourtant, affirme-t-il, les prix des produits de marques propres aux enseignes de Système U ont baissé de 5% depuis 2000 et ceux des grandes marques internationales de 3%. "Depuis les accords Sarkozy de juin 2004 sur la baisse des prix, notre bénéfice a chuté de 30%. La rentabilité sur le chiffre d'affaires est d'à peine 2%. Si on descend en dessous, on entre dans une zone de risque pour l'entreprise et donc pour l'emploi", prévient-il.
Le gouvernement multiplie les annonces
"On a le sentiment actuellement d'assister à un concours d'effets de manche. Il faut juste prévenir les hommes politiques que la campagne électorale est terminée", ironise Serge Papin, mais "nous n'avons pas attendu le gouvernement pour vendre des produits à prix coûtants". "Qu'il y ait un souci de pouvoir d'achat en France est incontestable, mais il s'agit avant tout d'un problème de revenus", estime-t-il.
Face aux craintes de hausses des prix des produits alimentaires liées à la flambée des matières premières agricoles, le gouvernement a récemment multiplié les annonces, notamment à l'encontre de la grande distribution. Interventionniste, Xavier Darcos, le ministre de l'Education nationale, a obtenu mardi des distributeurs des baisses de prix sur des fournitures scolaires, réclamées par les associations familiales qui ont dénoncé une hausse jusqu'à 2,06% du coût de la rentrée 2007. Et lors de l'université d'été du Medef jeudi, Nicolas Sarkozy a dit souhaiter un assouplissement du seuil de revente à perte, ce qui permettrait de faire baisser les prix. "Nos marges de manoeuvres ne sont pas aussi importantes que le laisse entendre Nicolas Sarkozy", prévient Serge Papin.
| Sarkozy en visite dans un centre commercial |
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Il l'avait promis. Le président a indiqué qu'il y aurait "avant la fin de l'année" une "réforme complète" de la loi Galland dans la grande distribution, qu'il avait initiée lorsqu'il était ministre des Finances. Réforme notamment des marges arrière, ces sommes que réclament les distributeurs aux fournisseurs pour mettre en valeur un produit en tête de gondole ou dans un catalogue. Le chef de l'Etat visitait un centre commercial à Bois d'Arcy, dans les Yvelines. Il est reparti avec trois pots de pâte à tartiner offerts, et 2 DVD.
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