Philippe Séguin présentant le rapport annuel de la Cour des comptes (13 septembre 2007) © TF1/LCISelon Philippe Séguin, la perte de recettes pour la Sécurité sociale est abyssale : 3 milliards d'euros en 2005. Sachant que le déficit total du régime général s'élevait cette année-là à 11,6 milliards d'euros... Et le coupable est tout désigné : l'exonération de cotisations sociales des stock-options. Le premier président de la Cour des comptes a cité cet exemple, pour lui frappant, lors de la présentation mercredi du rapport annuel de l'institution qu'il dirige. Or, a-t-il souligné, les stock-options constituent "un complément de salaire au versement différé ou une incitation à l'actionnariat, et sont donc bien un revenu lié au travail, donc normalement taxable".
Philippe Séguin, parcours d'un gaulliste convaincu
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Au-delà des stock-options, le rapport annuel de la Cour des comptes sur la Sécurité sociale est pour une part consacré aux mécanismes d'intéressement (participation, indemnités de départ, etc.), souvent exonérés de cotisations sociales, qui réduisent "l'assiette des prélèvements sociaux qui financent le régime général (salariés du public et du privé)" de la Sécu. Et au-delà de l'exonération de la plus-value d'acquisition des stock-options, l'ensemble de ces dispositifs a représenté une perte de recettes pour le régime général comprise entre 6 et 8,3 milliards d'euros en 2005.
Des "gains importants" pour "un nombre restreint d'individus"
En filigrane des critiques du premier président de la Cour des comptes, une question sur l'équité : 8,5 milliards d'euros de stock-options ont été distribués en 2005 et "les gains réalisés par les bénéficiaires sont souvent importants et concentrés sur un nombre restreint d'individus". Selon Philippe Séguin, "les 100 premiers bénéficiaires devraient toucher chacun une plus-value de plus de 500.000 euros et les 50 premiers de plus de 10 millions d'euros. Rien que pour chacun de ces cinquante-là, les cotisations manquantes s'élèvent à plus de 3 millions d'euros" par bénéficiaire.
Les indemnités de départ à la retraite ou de licenciement sont elles aussi exonérées de cotisations, "ce qui correspond à une perte de plus de 4 milliards d'euros", a souligné Philippe Séguin. Dans son rapport, la Cour des comptes demande ainsi le plafonnement, voire la suppression de ces dispositifs d'exonération.
D'après agence
| Les stock-options interdites faute de participation ? |
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