La crise des subprimes met un pied en France

Par , le 22 octobre 2007 à 15h35 , mis à jour le 23 octobre 2007 à 15h44

Interview- L'Association française des usagers des banques est submergée de lettres de particuliers qui ne peuvent plus faire face à leurs mensualités. En ligne de mire : les crédits à taux variables.

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 LCI.fr : Pourquoi l'Association française des usagers des banques tire-t-elle la sonnette d'alarme aujourd'hui ?

Serge Maître (président de l'Afub) : Nous avons deux soucis. D'abord, mettre en garde les candidats à un emprunt contre les dangers des taux révisables car, contrairement à ce qu'on nous dit, il y en a de plus en plus. En 2005, ils représentaient 5% des crédits octroyés, 8,5% en 2006 et sans doute autour de 10% actuellement. Ce sont les chiffres des courtiers en ligne. Mais chez une banque comme le Crédit foncier de France, les crédits à taux d'intérêts variables représentent 35% des contrats. Notre deuxième problématique est de trouver une solution pour ceux qui ont déjà signé ce type d'emprunt et qui aujourd'hui se retrouvent dans une situation compliquée.
 
LCI.fr : Avez-vous eu connaissance de cas alarmants ?

S.M : En moins de deux semaines, nous avons reçu environ 250 témoignages de la part de personnes en désarroi. Par exemple, un couple avait emprunté 200.000 euros sur 30 ans avec un taux variable. En un an, leur taux d'intérêt est passé de 3,4% à 5,7%. Donc, pour ne pas trop augmenter leurs mensualités -qui sont tout de même passées de 150 euros à 230 euros-, la durée du remboursement a été prolongée de six ans. 36 ans au lieu de 30.
C'est un cas extrême mais il est loin d'être isolé. Une personne avait emprunté 120.000 euros au taux de 3,4% en avril 2006 sur 25 ans. Aujourd'hui, son taux est passé à 4,80% et son emprunt court désormais sur 34 ans, 9 ans de plus que prévu ! Autant dire que le coût de son crédit explose.
 
LCI.fr : Est-ce la faute des banques ?

S.M : Ce qui m'étonne c'est que l'on ait fait souscrire des crédits à taux révisables à des gens à un moment où ils étaient presque au même niveau que les taux fixes, ce qui réduit à néant leur intérêt. Il y a 5 ans, il y avait deux points d'écart entre les taux fixes et les variables, il était donc judicieux d'avoir recours aux seconds. Mais depuis quelques années, ce n'est plus du tout le cas.
 
LCI.fr : Sous-entendez-vous qu'il s'agit de malhonnêteté de la part des banques ?

S.M : Il s'agit en tout cas d'un défaut de mise en garde et tout simplement d'un manque de bon sens économique.
 
LCI.fr : Y a-t-il un risque de crise comme celle que connaissent les Etats-Unis avec les subprimes ?

S.M : Il y a une dérive inquiétante en effet. Les Américains considèrent que la France ne fait que différer la crise en préférant allonger les durées d'emprunt plutôt que d'augmenter les remboursements des personnes qui ont des mauvaises surprises avec leur emprunt immobilier. Mais lorsque cette variable d'ajustement sera épuisée, il faudra augmenter les mensualités et là, on courra le risque d'obliger les gens à revendre leur bien faute de pouvoir rembourser leur prêt. Mais on en est pas au niveau américain, ne serait-ce que parce que ça ne concerne qu'environ 30.000 dossiers en France contre 12 millions aux Etats-Unis et que les prix ne s'effondrent pas.
Pour ne pas en arriver là, nous demandons aux banques de renégocier les emprunts de leurs clients en difficulté. Le CIC s'y est déjà engagé.

Les heures sup contre la crise, selon Lagarde

La crise financière "sera compensée par les mesures sur les heures supplémentaires" et "les autres mesures engagées par le gouvernement", a déclaré Christine Lagarde lundi à l'occasion d'un point presse à New York.

Par Sophie Lutrand le 22 octobre 2007 à 15:35
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20 Commentaires

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  • Roger, le 24/10/2007 à 13h17

    "Il s'agit en tout cas d'un défaut de mise en garde..." Faut pas être naïf non plus et éviter de prendre des taux variables non capé !

  • Faby, le 23/10/2007 à 15h04

    Mon mari et moi avons réalisé 2 investissements immobiliers successivement et avons fait appel au Crédit Foncier. Nous avons souscrit les 2 fois des crédit à Taux Variable sur la durée mais nous savions dès la signature du contrat quelle était la durée maximum nous pouvions être amené à payer, c'est contractuel, nous n'avons pas l'impression de nous être faits avoir, il suffit de gérer son budget et sommes persuadé que nous n'irons pas au bout des 24 ans prévus, nous rembourserons avant. Le Crédit Foncier nous a été de bons conseils mais il faut quand même être un minimum avertis et ne pas se laisser faire.

  • Egnalos, le 23/10/2007 à 13h17

    Pour emprunter dans les grands banques les dossiers sont fait avec sérieux, mais genre sofinco, qui est une succursale du Vrédit agricole, ce que le crédit agricole ne prête pas vous l'obtenez avec sofinco, ou médiatis, cetelem etc, ma fille se trouve dans ce cas là, son mari est tenté par tout ce qui est nouveauté, micros, appareils photos....à crédit bien sure, mais au moment de tous ces remboursements, pas d'argent sur le compte si bien que 6100 euros empruntés en MAI, ils doivent à ce jour 6456,00 les mensualités n'étant pas honorées, on ajoute des intérêts et frais a la somme empruntée, je trouve que les caisses de crédit à l'empreint facile devraient être plus sévèrent puisqu'ils tombent sur des gens qui ne savent pas gérer un budjet, ils en profitent.

  • Bouchet, le 23/10/2007 à 12h53

    Attention aux pièges de l'encadrement et du dirigisme que l'on sent poindre

  • Bredouille, le 23/10/2007 à 12h46

    Pardonnez-moi d'avance mon manque de savoir mais quelle est la différence entre un taux variable et un taux indexé ? Merci à la personne qui saura m'éclairer !

  • Pomier, le 23/10/2007 à 12h39

    Nul la réaction de Mme Lagarde, j' ai acheté un logement avec un prêt variable sur 15 ans, cela fait 3ans que je rembourse et maintenant, il me reste à payer sur 14 ans, plus une augmentation de loyer d'environ 20 euros, pour moi cela vient à dire que je suis toujours au même point. J'ai 51 ans et nous avons acheté ce bien en vue de notre retraite. Je pense que nous avons un gros problème.

  • Kriss13, le 23/10/2007 à 12h14

    Tout contrat, avant de le signer, il faut le lire. Et si l'on souhaitait un prêt à taux variable, prendre un prêt capé +-1 ou 2%. Quant à vendre son logement, dans ces conditions(25,30 ans), le prix de vente couvre, probablement juste le crédit.

  • Letschert, le 22/10/2007 à 18h11

    Par pitié vérifiez vos chiffres lorsqu'on les multiplies les un aux autres on arrive à des incohérences totales dans votre article

  • Alain, le 22/10/2007 à 18h10

    Un message à l'attention de monsieur Maitre, président de l'Afub. Comme le fait remarquer justement Olivier de Vendôme, un emprunt de 200000 ? sur 30 ans à 5.7% revient à 1160 ? par mois et non à 230 ?....

  • Jean Marc, le 22/10/2007 à 18h07

    Comment un ministre d'état peut-il impunément dire une idiotie pareille ?: La crise financière "sera compensée par les mesures sur les heures supplémentaires" et "les autres mesures engagées par le gouvernement", a déclaré Christine Lagarde lundi à l'occasion d'un point presse à New York. Autant dire que travailler plus servira à rembourser plus, on n'est très loin du soucis d'augmenter le pouvoir d'achat des français et si Serge Maître (président de l'Afub) n'ose pas le dire, il y a bien à mes yeux malhonnêteté de la part des banques qui proposent encore des crédits à taux variable à une époque où les taux fixes sont quasiment au même niveau. L'attitude du Crédit Foncier ne m'étonne absolument pas et de la à penser que tout cela se passe avec la bénédiction du ministère des finances ...

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