A Cergy, la grève ne profite qu'au coiffeur

Par Matthieu DURAND, le 14 novembre 2007 à 15h51 , mis à jour le 14 novembre 2007 à 16h52

A la gare de Cergy-le-Haut, les commerçants voient presque tous leur chiffre d'affaires baisser lors des grèves de transports. Témoignages.

RER gare © DR

Comment beaucoup de quartiers en banlieue, Cergy-le-Haut, dans le Val d'Oise, s'est construit autour de la gare. Une dizaine de commerces couronne ainsi la place en demi-lune dite des trois gares (SNCF, RATP et bus). La clientèle est principalement constituée de voyageurs pressés de partir au travail ou de rentrer chez eux. Alors, forcément, une grève comme celle de ce mercredi n'est pas faite pour arranger les affaires.

"C'est catastrophique, lâche le gérant de la boulangerie-salon de thé. Le midi, on fait 20 couverts au lieu de 50-60. Je n'ai pas encore le chiffre définitif des ventes mais c'est très calme." Lors de la grève du 18 octobre dernier, le chiffre d'affaires avait baissé de 5% à Cergy-le-Haut et de 30% à la boulangerie de Cergy-Saint-Christophe, également située à proximité d'une gare. "S'il n'y a pas de trains, il n'y a pas de clients", résume une employée de la boulangerie de Cergy-le-Haut. Et d'évoquer une perte de 600 euros par jour.

"C'est beaucoup plus calme", confirme le libraire qui n'a toutefois "pas de statistiques là-dessus". Même son de cloche au bar-tabac. A la cordonnerie aussi, il y a "moins de clients que d'habitude". Le parking payant au pied de la gare, souvent complet, est pour une fois quasiment vide : selon son gérant, "les deux-tiers des gens sont partis travailler en voiture" alors que d'habitude, ils se rendent de leur domicile à la gare en voiture puis prennent le train. Pour autant, les conséquences économiques seront limitées, la majorité des utilisateurs possédant un abonnement à l'année.

Sourire chez le coiffeur

"Les gens
en profitent
pour faire
leurs achats"
Le pharmacien

A l'UGC Ciné Cité qui partage le parvis central avec la gare, l'impact n'est pas flagrant. "On avait eu un tout petit peu plus de monde le 18 octobre, souligne M. Hervé, le directeur du complexe. Mais aujourd'hui [mercredi], c'est notre premier jour de la semaine, c'est difficile à dire." "Une grève d'un jour ou deux n'a pas d'impact mais à partir de trois, les dégâts se font sentir", constate pour sa part le pharmacien. La chute des ventes peut atteindre jusqu'à 30%, assure-t-il. Mais aujourd'hui, il y aurait même plus de monde que d'habitude. "Les gens en profitent pour faire leurs achats", remarque-t-il.

Idem au Franprix, où la queue aux caisses est un peu plus longue qu'un jour normal. Le 18 octobre dernier, relève Philippe Santos, le directeur, "le magasin avait enregistré une hausse de 5% de son chiffre d'affaires". Au salon de coiffure, le discours tranche avec celui des voisins : "Il y a davantage de monde car beaucoup de personnes ont posé leurs RTT", déclare la gérante. "On travaille beaucoup sans rendez-vous, justifie-t-elle, et beaucoup de clientes se disent : ‘Comme je ne travaille pas, je vais en profiter pour aller chez le coiffeur'." Résultat : un jour de grève se traduit par 30% d'activité en plus. Le malheur des uns...

"Moins d'heures sup"

A cette exception près, les grèves de transport sont accueillies avec fatalisme par les commerçants. "On ne peut pas faire grève non plus, la banque n'acceptera pas", plaisante la cordonnière. "Que voulez-vous qu'on fasse ?, demande le boulanger. Le personnel en profite pour préparer les décorations pour les fêtes de fin d'année. Cela fera un peu moins d'heures supplémentaires à payer... Dommage pour Monsieur Sarkozy."

Les deux commerçants sont davantage préoccupés par la baisse globale de la consommation : "Les gens n'ont pas envie de dépenser", remarque la cordonnière. "Depuis début novembre, la chute de notre chiffre d'affaires est flagrante", poursuit le boulanger. Quant à savoir pourquoi : "Je ne sais pas". Fatalistes, vous dit-on.

Employés (presque) pas affectés

La plupart des employés travaillant dans les commerces de Cergy-le-Haut vivent à Cergy-Pontoise. Ils viennent à leur travail en bus. Certains ont pris leur voiture. A la pharmacie, un salarié fait quant à lui le trajet quotidien Paris-Cergy en train. Son employeur lui a demandé de poser un jour de congés s'il ne pouvait pas venir. Il a préféré dormir à l'hôtel.


 

Par Matthieu DURAND le 14 novembre 2007 à 15:51
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4 Commentaires

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  • Jeff, le 15/11/2007 à 06h06

    Logique alors que syndicats et associations d'etudiants coupent les cheveux en quatre.

  • Laeti, le 14/11/2007 à 19h23

    Je corrige mes fautes avant que l'on ne m'en fasse le reproche, ce qui semble etre la spécialité de certaines personnes : Tous les jours en horaires décalés.

  • Michel, le 14/11/2007 à 18h38

    Commerçants qui pleurent et commerçants qui rient. Vase communiquant.

  • Laeti, le 14/11/2007 à 17h33

    La Stivo ne fait pas greve sur l'agglomération de Cergy. Mon voisin a travaillé comme tout les jours en horaires décalées

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