Drapeau à l'emblème de Citigroup, première banque mondiale © TF1/LCILa crise des "subprimes" avait déjà provoqué la chute du patron de Merrill Lynch. Désormais, c'est Citigroup, première banque mondiale, qui se retrouve dans la tourmente. Son PDG Charles Prince a démissionné brutalement dimanche alors que la banque annonçait des dépréciations supplémentaires de 8 à 11 milliards de dollars dans son portefeuille de crédits hypothécaires à risque, qui ne valent presque plus rien, précisant que cela réduira son bénéfice net de 5 à 7 milliards.
Citigroup dévoilait ainsi des pertes et dépréciations très supérieures aux quelque 2,2 milliards que la banque avait déjà publiés en septembre, au titre du 3e trimestre. Il s'agit aussi des pires pertes annoncées par une grande banque dans le monde à cause de cette crise, encore supérieures aux 8 milliards de dépréciations annoncées par la banque Merrill Lynch fin octobre. La banque précise toutefois qu'elle escompte un retour à ses ratios financiers d'ici la fin du 2e trimestre 2008 et qu'elle ne compte pas réduire son dividende.
L'action chute et la SEC enquête
Les marchés spéculaient sur le départ de "Chuck" Prince depuis des semaines. Il part toutefois avec une somme substantielle, selon le Wall Street Journal et le New York Times, qui citent des chiffres compris entre 31 et 94 millions de dollars. Pour le remplacer, selon le Wall Street Journal, le conseil d'administration du groupe a nommé comme président du conseil l'ex-secrétaire au Trésor, Robert Rubin, et comme dirigeant exécutif par intérim Sir Win Bischoff, qui jusqu'ici dirigeait la branche européenne de Citigroup.
La crise de Merrill Lynch s'est donc véritablement reproduite à l'identique chez Citigroup : l'un comme l'autre avait dans un premier temps minimisé les pertes provoquées par la crise des subprimes, et à chaque fois, le patron est tombé quand l'énormité des pertes a été révélée. La crise, qui a débuté par le ralentissement du marché immobilier américain et a déstabilisé le secteur des prêts hypothécaires à risque - ceux accordés aux ménages au profil financier fragile -, a eu un effet domino sur plusieurs types de placements, en raison de la multiplicité sur le marché de titres dérivés de créances. Ces titres, qui présentaient en théorie de forts rendements, sont devenus des coquilles vides en raison du grand nombre d'emprunteurs incapables d'honorer leurs créances, notamment les foyers qui ont emprunté à des taux très élevés pour acheter un logement quand le marché immobilier s'envolait.
"Chuck" Prince s'est fréquemment vu reprocher de ne pas en tirer le maximum de rentabilité. Il a également été jugé insuffisamment prudent face au tumulte financier estival qui a fortement pénalisé les derniers résultats de la banque. Citigroup avait vu son bénéfice net au 3e trimestre plonger de 57%, à 2,38 milliards, et dû déprécier dans ses comptes 1,35 milliard. Elle avait perdu 1,56 milliard sur son portefeuille de titres obligataires adossés à des crédits "subprimes" et 636 millions dans les activités de marché. Son action a perdu près de 32% depuis le début de l'année dont près de 9% la semaine dernière. Et selon le Wall Street Journal, Citigroup ferait en outre l'objet d'une enquête préliminaire de l'autorité de contrôle des bourses américaines sur la façon dont elle a comptabilisé certaines transactions hors-bilan.
D'après agence
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