La France défend son PMU à Bruxelles

le 06 novembre 2007 à 06h00 , mis à jour le 06 novembre 2007 à 10h03

Eric Woerth et Jean-Pierre Jouyet défendront mardi leur projet "d'ouverture maîtrisée" du secteur lucratif des paris sportifs en ligne. Actuellement la Française des Jeux et le PMU bénéficient d'un monopole.

PMU courses chevaux jockey paris sportifs jeux d'argent © DR

Après un courrier fin octobre adressé à la Commission européenne, le ministre du Budget, Eric Woerth, et le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, se déplacent en personne mardi à Bruxelles à la rencontre commissaire au Marché intérieur, Charlie McCreevy, très critique sur le monopole du PMU et de la Française des Jeux (FDJ) sur les paris sportifs.

La France devrait défendre le principe d'une "ouverture maîtrisée" de ses paris sportifs en ligne (courses hippiques, rencontres sportives), étape dans le processus d'ouverture du monopole français des jeux. La France elle refuse d'octroyer des licences à des opérateurs privés dans le domaine des paris sportifs en prétextant de la protection des jeunes et des consommateurs, ainsi que de la lutte contre la fraude, difficile à contrôler sur Internet.

Dans une interview au Parisien-Aujourd'hui en France mardi, Eric Woerth précise que la France veut "garder la main sur l'agrément" ainsi que sur la fiscalité des opérateurs. En ce qui concerne le PMU, le ministre souhaite maintenir le "principe du pari mutuel, qui est le meilleur garant de la régularité des épreuves" et indique qu'il refusera les paris à côtes fixes.

Le "oui mais" de la FDJ et du PMU

La Commission avait adressé en juin un "avis motivé" à la France lui demandant d'ouvrir son monopole pour se mettre en conformité avec la législation européenne. La France avait jusqu'à la fin octobre pour répondre.

Evoquant les risques de "blanchiment, de fraudes, d'addiction" présentés par ce type de paris, Eric Woerth avait prévenu que "la protection contre tous ces risques n'était évidemment pas négociable". Quant aux deux opérateurs français concernés, ils ne sont pas opposés à une ouverture mais sous conditions. Le président du PMU, Bertrand Belinguier, avait demandé "l'égalité de traitement fiscal" entre les futurs opérateurs et le PMU et prôné que ces opérateurs versent le même pourcentage de leurs résultats à la filière hippique que le PMU (650 millions d'euros en 2006).

Un marché immense

En 2006, le PMU a enregistré 400 millions d'euros pour les paris hippiques en ligne (5% de son chiffre d'affaires de 8,1 milliards). La FDJ a relevé 10 millions pour les paris en ligne sur les rencontres sportives (0,1% de son chiffre d'affaires). Mais derrière ces chiffres plutôt modestes, les deux opérateurs étant tenus à limiter le volume de leurs paris, se cache l'énorme marché des paris en ligne. Selon Graham Wood, consultant en jeux d'argent, ce marché a dépassé les 4 milliards d'euros en Europe en 2006.

le 06 novembre 2007 à 06:00
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3 Commentaires

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  • Betty, le 06/11/2007 à 10h13

    Merci l'Europe, nous sommes entrain de perdre notre identité, où est la baguette, le beret, et le petit coup du dimanche au PMU pendant que Mme est à la messe ou prépare le repas ?RINGARD MAIS TELLEMENT SYMPAT !!!laissez nous un peu de notre image

  • Michel, le 06/11/2007 à 08h44

    Le problème de la France, c'est qu'elle veut bien aller chez les autres et profiter de leurs avantages, mais dès qu'il faut que Paris face la même chose, c'est le blocage. L'Europe est conçue sur l'échange et si vous n'êtes pas d'accord, Mrs les Français, quittez-là !

  • Martin, le 06/11/2007 à 06h18

    La France gaspille bien trop d'énergie à faire semblant d'être européenne et encore plus à ne pas l'être. A l'étranger, on nous considère comme des rigolos.

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