Laboratoires et médecins, les liaisons dangereuses

le 07 novembre 2007 à 10h26 , mis à jour le 07 novembre 2007 à 11h03

Reconnaissant l'emprise du marketing des laboratoires pharmaceutiques sur les médecins, Roselyne Bachelot veut "s'employer à résoudre le problème".

roselyne bachelot politique santéRoselyne Bachelot, le 13 septembre 2007 © TF1/LCI

Le corps médical est-il trop dépendant de l'emprise du marketing des laboratoires pharmaceutiques ? Roselyne Bachelot ne le nie pas. Mais suggère des solutions, après la diffusion d'un rapport officiel très critique. Rendu public vendredi dernier, ce rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) accablait notamment les pouvoirs publics en jugeant leur action "timide" et "limitée au regard de l'action de l'industrie pharmaceutique". Et il appelait à "une action plus vigoureuse" pour limiter son influence sur les médecins, et réduire "de moitié les dépenses de promotion" des laboratoires.

L'action de la Haute autorité de santé, à qui une loi de 2004 réformant l'assurance maladie "a confié un rôle central" en matière d'information des médecins, était particulièrement pointée du doigt car elle se déploie "sans prendre suffisamment en compte les stratégies d'influence de l'industrie pharmaceutique", selon l'Igas. Sachant que l'industrie consacre à ses actions de promotion "au moins trois milliards d'euros", dont les trois-quarts sous la forme de démarches des visiteurs médicaux auprès des médecins, "les institutions publiques (...) se doivent de promouvoir le bon usage" des médicaments, rappelait l'Igas.

Des solutions "dans le courant 2008" ?

Face à ces critiques acerbes, la ministre de la Santé a déclaré mercredi qu'elle allait "s'employer à résoudre le problème de formation continue des médecins". Et Roselyne Bachelot de décrypter : "Pourquoi il y a ce taux de visites médicales (visites de représentants des laboratoires, ndlr), c'est parce que les médecins ont de vrais problèmes de formation médicale continue, et d'évaluation des pratiques professionnelles, et l'industrie pharmaceutique s'est engouffrée dans ce vide".

Pour la ministre de la Santé , "nous devons résoudre cette question, et je vais m'y employer avec les syndicats de médecins et le conseil national de l'Ordre". Roselyne Bachelot a évoqué une deuxième "piste d'action", consistant à "réfléchir sur le rôle" des trois institutions destinées à assurer l'information des médecins et à la garantir : la Haute autorité de Santé, l'Agence française de sécurité sanitaire, et la Caisse nationale d'assurance-maladie. "Il faut mettre ces institutions autour d'une table, réfléchir à leurs missions, à leurs moyens, tout cela demandera des dispositions législatives, mais on peut avancer vite, en tout cas, dans le courant 2008", a ajouté la ministre.

D'après agence

le 07 novembre 2007 à 10:26
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