Où passe l'argent des banlieues ?

Par A.C., le 07 novembre 2007 à 10h17 , mis à jour le 07 novembre 2007 à 21h59

Selon la Cour des comptes, il se perd dans les rouages administratifs. elle stigmatise notamment les lourdeurs des différentes politiques de la ville.

TF1/LCI : HLM dans la banlieue parisienneHLM dans la banlieue parisienne © TF1/LCI
Alors que Fadela Amara tente de mobiliser tous les ministres autour de son plan banlieue (voir encadré), la Cour des comptes a publié mardi un rapport cinglant sur l'action de l'Etat dans les quartiers sensibles. En premier lieu, la Cour des comptes stigmatise les lourdeurs des différentes politiques de la Ville élaborée depuis 2002, et notamment la complexité des procédures d'attribution des aides. Un constat que Fadela Amara dénonce également : "il y a trop de lourdeurs administratives", s'émeut-elle dans Le Parisien. "On ne capte rien aux sigles", dit-elle. Entre les ZFU, ZRU, CNV, ZUS, ACSE... difficile de s'y retrouver pour les associations.
 
Deuxième point : le dysfonctionnement dans la gestion des subventions de l'Etat aux associations. Promis au début de l'année civile, les crédits sont, en général, versés six mois plus tard, ce qui ralentit l'action des associations sur place. Les fonds pour les banlieues ont bien augmenté en 2006, à 181 millions d'euros, mais pour les élus locaux, c'est le décalage entre les promesses et le versement des fonds qui grippe le système. "Les associations qui s'en sortent sont celles qui sont riches", commente Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la politique de la Ville. "Mon objectif, c'est qu'elles soient payées en début d'année, mais attention, c'est pas la fête au village, il y aura une exigence de résultats", dit-elle en réaction aux conclusions du rapport.
 
Stabiliser la politique de la Ville
 
La Cour des comptes estime en outre que la politique de la Ville ne peut pas avoir d'effet concret avec les changements perpétuels de ministre. 19 ministres se sont succédés à ce poste en 17 ans. D'après le rapport, cette valse incessante nuit à l'efficacité des actions mises en place. La Cour propose de créer un ministère d'Etat, dont les attributions resteraient inchangées pendant dix ans, pour "donner un cadre stable à la politique de la ville et d'en évaluer les résultats". 
 
La Cour des comptes pointe encore du doigt le désengagement de l'Etat, notamment avant les émeutes de 2005. Il aura fallu en effet attendre que les banlieues s'embrasent pour que le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin réunisse le Comité interministériel des villes, qui joue un rôle clé pour fixer les grandes lignes et les budgets de la politique de la ville. Le gouvernement Jospin l'avait réuni une fois par an entre 1997 et 2002, note la Cour. Le rapport avance enfin que l'Etat a diminué le montant de ses aides aux associations de Seine-Saint-Denis. En 2002, la préfecture aidait 829 d'entre elles. En 2005, elles n'étaient plus que 150...

Amara : "Le plan banlieue, l'affaire de tous les ministres"

Fadela Amara, secrétaire d'Etat à  la politique de la Ville, a souhaité mardi que "le plan banlieue soit l'affaire de tous les ministres", lors d'une rencontre avec des associations dans les Yvelines. "La construction du plan banlieue n'est pas le dossier personnel de Fadela", a-t-elle déclaré en marge d'une nouvelle "rencontre territoriale" organisée pour  l'élaboration du "plan banlieue" qu'elle doit présenter en janvier. La secrétaire d'Etat a également souhaité "amener les  entreprises du CAC 40 à investir dans les quartiers", et "faire se rencontrer ces deux mondes" qui, selon elle, "se ressemblent un peu, étrangement".

D'après agence
 

Par A.C. le 07 novembre 2007 à 10:17
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4 Commentaires

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  • Nouchka, le 07/11/2007 à 13h53

    C'est une bonne question ; merci de l'avoir posée. Ca sera comme pour tout le reste : il n'y aura jamais de réponse.

  • Michel, le 07/11/2007 à 12h48

    Comme d'habitude, c'est la fonction publique qui gêne. Je comprends les associations.

  • Quesada, le 07/11/2007 à 11h38

    Mais ces associations elles en font quoi de l argent qu elles recoivent ? Elles payent 1 ou 2 ou permanents , le telephone , la location d un local .Mais apres elles font quoi concretement ?

  • Natacha, le 07/11/2007 à 11h24

    Si cette aide de l'Etat va aux assos ,il devrait y avoir plus de contrôles .Certaines assoc profitent de cette manne mais les jeunes continuent à galérer. Pour la 1ère fois ,la Cour des Comptes donne son avis et je désirerai qu'elle est le pouvoir de sanctionner les abus.Il y a de la gabégie dans certaines aides!

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