Tirage du jeu Euro Millions/archives © TF1/LCILe chiffre d'affaires de la Française des Jeux a légèrement baissé cette année, la faute à Euro Millions qui lui aura moins porté chance qu'en 2006. Pas de quoi entamer le moral de l'entreprise qui explique cette performance par "le hasard". Christophe Blanchard-Dignac, son président, a présenté de nombreux projets pour 2008. Outre un lifting en profondeur, une "cure de jouvence", pour le Loto et le Millionnaire, il a annoncé une loterie mondiale pour 2010. En exclusivité pour LCI.fr, il revient sur ce projet inédit.
LCI.fr : Vous avez annoncé plancher sur une loterie mondial. Ce projet est-il déjà lancé?
C.B-D. : L'aventure de l'Euro Millions nous a en effet donné envie de continuer. Nous travaillons donc avec les Britanniques et maintenant avec le représentant de la loterie américaine à une loterie internationale. Des dizaines de pays sont intéressés. L'objectif est un lancement en 2010 avec une première étape, sur le principe, dès cette année. Il nous faudra ensuite bien trois ans pour régler les problèmes de jeu, obtenir l'autorisation des régulateurs... Nous travaillons aussi sur les questions de droit, de garanties, et bien sûr les impératifs de sécurité. C'est un projet passionnant : on se met ensemble pour être plus fort.
LCI.fr : Peut-on espérer une cagnotte record pour ce nouveau jeu?
C.B-D. : Ce n'est pas la priorité. Nécessairement, si vous faites une loterie mondiale, les sommes en jeu seront significatives mais il faut aussi qu'elles soient bien partagées, qu'il y ait suffisamment de gagnants dans chaque pays.
LCI.fr : On évoque déjà l'adossement du jeu "à une cause mondiale", pour que ses profits soient "utiles". Le développement durable tiendrait la corde...
C.B-D. : En effet, à titre personnel, c'est ma conviction. Y a-t-il aujourd'hui plus belle cause mondiale que la préservation de la planète ? C'est aussi l'avis de mon homologue britannique mais la décision ne nous appartient pas. Nous devons consulter les autres loteries et les régulateurs de chaque pays.
LCI.fr : Quel bilan faites vous de l'Euro Millions ?
C.B-D. : L'Euro Millions est un grand succès. Comme nos autres jeux, il continue à recruter des joueurs. Nous avons du régler des problèmes de monnaie, de droits en travaillant avec nos confrères anglais. Nous avons même créé un trust à Londres pour assurer le paiement de joueurs Anglais. Les gains ayant tout de même atteint jusqu'à 183 millions d'euros en 2006.
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| Le PDG de la Française des jeux, Christophe Blanchard-Dignac, entre ses collègues européens pour le lancement de l'Euro Millions. |
LCI.fr : Avec ces cagnottes record, le pari n'était-il pas gagné d'avance?
C.B-D. : Pas du tout ! Quand ma collègue britannique a présenté à son régulateur notre projet d'Euro Millions, il n'y a pas cru et ne l'a même pas inscrit dans ses prévisions. Pourtant, le jeu s'est fait et pour ce nouveau jeu mondial, elle a donc trouvé une oreille ben plus attentive.
LCI.fr : Pourtant, avec un milliard d'euros de recettes, le jeux vous a rapporté 300 millions d'euros de moins cette année...
C.B-D. : C'est le hasard! Cela s'explique par le fait qu'il y a eu deux fois de séries très longues sans gagnants en 2006. En France, il y a ainsi eu deux fois plus de gagnants en 2007 qu'en 2006. Mais je suis toujours content quand des Français gagnent !
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