
Les nouvelles ne sont pas bonnes sur le front de la croissance. Les ministres des Finances et banquiers centraux des pays riches du G7 ont ainsi estimé samedi que leurs économies allaient toutes subir à court terme un ralentissement. L'environnement économique mondial est "plus difficile et incertain" que lors de la dernière réunion en octobre, ont jugé les grands argentiers du G7. Et comme le prouve la dégringolade boursière, la confiance peine à se rétablir après la crise des "subprimes". Les pertes sur les marchés mondiaux dues aux retombées de la crise, ainsi qu'aux craintes d'un ralentissement de la croissance mondiale dans le sillage des Etats-Unis, ont été de 5200 milliards de dollars en janvier, a indiqué samedi l'agence de notation financière Standard and Poor's.
Réunis à Tokyo, les ministres des Finances et banquiers centraux du G7, dans un projet de communiqué final, ont donc demandé samedi aux institutions financières de dévoiler "entièrement et rapidement" toutes leurs pertes liées aux crédits immobiliers à risques américains. Ainsi que la valorisation des créances à risques dont elles disposent encore... Ces efforts de transparence doivent s'accompagner "de mesures pour renforcer leur base capitalistique si nécessaire", ont estimé les membres du G7. Selon eux, de telles mesures joueront "un rôle important pour réduire les incertitudes, améliorer la confiance et rétablir le fonctionnement normal des marchés", en pleine tourmente depuis l'éclatement de la crise l'été dernier.
Message à l'attention des agences de notation financière
Les pays du G7 ont également exhorté les agences de notation financière à "empêcher les conflits d'intérêt potentiels". Ces agences sont chargées d'évaluer les capacités de remboursement des entreprises et des institutions publiques qui s'endettent. Leurs notes servent à orienter les choix des investisseurs. Les agences sont toutefois critiquées depuis l'éclatement de la crise des "subprimes" l'été dernier en raison d'un conflit d'intérêt potentiel, puisqu'elles tirent aujourd'hui l'essentiel de leurs revenus des émetteurs de titres qu'elles sont chargées d'évaluer objectivement.
Le G7 a également appelé "les pays producteurs de pétrole à augmenter leur production", afin de freiner l'envolée actuelle des cours du brut qui aggrave les risques de récession dans plusieurs économies. Le communiqué final devait, en outre, comporter un passage sur les taux de change, traditionnelle pomme de discorde entre les sept grandes économies. Les pays de la zone euro souhaitaient que le communiqué final du G7, outre la traditionnelle mention sur la faiblesse jugée excessive du yuan, s'alarme également de la dégringolade continuelle du dollar face à la devise européenne, qui pénalise fortement les exportateurs du vieux continent.
Strauss-Kahn appelle à une "coordination" fiscale |
A l'issue de la réunion du G7, le directeur général du Fonds Monétaire International, Dominique Strauss-Kahn, a appelé samedi à une "coordination" des politiques fiscales des Etats pour relancer l'économie mondiale. Selon lui, "la politique monétaire et la coordination doivent être la première ligne de défense" des Etats contre la crise des "subprimes" américains, qui a déclenché une crise financière internationale. Dominique Strauss-Kahn a estimé que les pays ou zones assurant 20 ou 25% du PIB mondial devaient adopter des plans de relance fiscaux. Sans donner de noms, il a évoqué "des pays exportateurs de pétroles ou de matières premières", "des pays d'Amérique du Sud, d'Europe et d'Asie", ajoutant que la plupart de ces pays, dont la Chine, étaient absents des discussions du G7. |
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