Le Premier ministre François Fillon, le 25 février 2008 © TF1/LCI| La déclaration de François Fillon |
Face à la flambée des prix des produits alimentaires, Matignon n'entend pas rester sans rien faire. François Fillon a ainsi promis lundi soir une série de mesures "coup de poing" pour lutter contre ce qu'il a estimé être des abus de la part des industries et des distributeurs de produits alimentaires en matière de prix. "Il y a manifestement des abus de la part d'industries et des distributeurs qui profitent des hausses de matières premières agricoles pour accroître leurs marges", a déclaré François Fillon. D'où le lancement "dès demain", soit mardi, d'une "opération coup de poing" conduite par les services du ministère de l'Economie et des Finances pour "enquêter sur les comportements de marge" afin de voir "où sont les abus".
Le Premier ministre a par ailleurs demandé la publication dès le 10 mars "des premiers résultats de l'Observatoire des prix et des marges", créé en novembre 2007. "Un premier panel, portant sur vingt produits phares, sera analysé d'ici la fin de la semaine", a ensuite précisé Matignon. Selon Christine Lagarde, cet Observatoire a pour objectif de comprendre comment fournisseurs et distributeurs "construisent" leurs prix. A partir des données recueillies, le Premier ministre a dit vouloir prendre des initiatives visant à dynamiser la concurrence et faire baisser les prix. Une Haute autorité de la concurrence "aux pouvoirs accrus" sera notamment créée dans le cadre du projet de loi pour la modernisation de l'économie. Matignon promet en outre une "réforme de la règlementation afin de permettre la négociabilité des tarifs et une compétition accrue entre les distributeurs". Et Christine Lagarde ajoute mardi matin dans La Tribune qu'en plus de l'action de l'Observatoire et de la Haute autorité, la Direction générale de la répression des fraudes doit en permanence "vérifier que nous ne sommes pas en situation d'action concertée ou d'entente entre les différents acteurs".
Jusqu'à 45% d'augmentation sur les spaghettis
Ces annonces interviennent après une rencontre à Matignon entre François FIllon, la ministre de l'Economie Christine Lagarde, le ministre de l'Agriculture Michel Barnier et le secrétaire d'Etat à la Consommation Luc Chatel. Une réunion annoncée après la parution d'une étude de l'Institut national de la consommation, à paraître mardi dans 60 millions de consommateurs. Selon elle, les prix de produits laitiers et céréaliers se sont envolés entre novembre et janvier de 5% à 48%. De 31% à 45% d'augmentation pour les spaghettis, 17% à 40% pour les yaourts, 10% à 44% pour le jambon, "ça n'augmente pas, ça flambe !", lit-on dans l'étude de l'INC. "Grandes marques, premiers prix ou marques de distributeurs, aucun type de référence ne semble épargné, même si toutes ne brûlent pas avec la même ferveur", écrivent les auteurs.
Pour le secrétaire d'Etat à la Consommation, Luc Chatel, la répercussion sur les prix d'une partie de la hausse des matières premières agricoles n'"est pas complètement anormale". "Ce qui est anormal, c'est que certains industriels et certains grands distributeurs utilisent cet événement mondial comme alibi pour passer des hausses complètements injustifiées", a-t-il expliqué sur France 3. Selon Luc Chatel, la loi sur la consommation qui entrera en vigueur le 1e mars "va permettre aux distributeurs de refaire du commerce, c'est-à-dire d'abaisser le seuil de revente à perte, de rendre au consommateur le fruit des négociations qu'il a avec ses fournisseurs". De son côté, la présidente du Medef, Laurence Parisot, a estimé lundi que face à la flambée des prix des produits alimentaires, il fallait "créer les conditions d'une concurrence totale" pour arriver "au prix vrai".
Des décisions "décevantes" |
Le porte-parole du PS, Julien Dray, a jugé lundi que les décisions annoncées par François Fillon en matière d'augmentation des prix à la consommation étaient "décevantes". "Les décisions prises, dans l'urgence, sont décevantes et révélatrices de l'incapacité, qui les mois passant, devient inquiétante à répondre efficacement à l'envolée des prix et à la baisse du pouvoir d'achat des salaires", déclare-t-il dans un communiqué. "Il n'y a rien dans l'immédiat qui peut produire des effets réels attendus." |
(D'après agence)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




