Une caisse de supermarché © TF1/LCIIls sont neuf. Neuf groupes multinationaux suspectés d'entente sur les prix de produits d'entretien et d'insecticides par les autorités de la concurrence française, selon des révélations du Figaro. Le quotidien affirme que les américains Procter & Gamble, Sara Lee, Colgate-Palmolive, SC Johnson, l'allemand Henkel, le britannique Reckitt Benckiser et l'anglo-néerlandais Unilever sont notamment concernés par l'enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
Ces groupes auraient depuis la fin 2004 pris l'habitude de se téléphoner régulièrement et de tenir des réunions secrètes, écrit le Figaro, qui évoque aussi des échanges de courriels et d'études de marché. Les enquêtes sont quasiment bouclées, selon le journal, qui affirme que les agents de la DGCCRF ont mené une perquisition à l'Institut de liaison et d'études des industries de consommation (Ilec), une association d'industriels qui réunit ces acteurs. Dominique de Gramont, délégué général de l'Ilec, affirme à LCI.fr n'avoir été au courant "de rien".
LCI.fr : Le Figaro révèle que dans le cadre d'une éventuelle entente des grands acteurs de l'hygiène, une perquisition a eu lieu au siège de votre association en 2006. Vous le confirmez?
Dominique de Gramont, délégué général de l'Ilec : Je ne démens pas les informations du Figaro mais les perquisitions sont autorisées par un juge et je respecte le secret de l'instruction. On ne m'a en tout cas posé aucune question et contrairement à ce qu'affirme le Figaro - qui doit nous confondre avec un autre acteur, nous ne sommes pas le "syndicat représentatif de la profession". Nous sommes une association qui représente 60% des marques vendues en supermarchés.
LCI.fr : Démentez-vous avoir servi de cadre pour une entente sur les prix des produits d'hygiène au détriment des consommateurs?
D. de G. : Nous ne sommes ni l'agent, ni le support d'une entente sur les prix, ni même un lieu d'échange d'informations sur ces prix. A une autre occasion, nous avons été attaqué en 2005 par la centrale d'achat de Leclerc qui nous accusait de "boycott". Le Conseil de la concurrence a conclu que nous travaillons proprement. Je ne vois pas pourquoi nous aurions depuis changé nos méthodes. Si des acteurs se sont laissés aller à une entente, nous n'étions pas au courant.
LCI.fr : Quelle est donc votre réaction à ces révélations?
D. de G. : C'est pire qu'une surprise, cela m'a violemment heurté. Nous sommes comme le cocu de Feydeau, tout le monde était au courant sauf nous ! En Allemagne, une enquête similaire a conduit à la condamnation d'acteurs du secteur chimique, beaucoup plus vite. Mais il y a eu en France des problèmes de procédure...
LCI.fr : Cette affaire sort en pleine polémique sur les prix dans l'alimentaire. Voyez-vous un lien?
D. de G. : C'est vous qui le dites mais c'est vrai qu'on ne peut s'empêcher d'y penser.
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