Image d'archives © TF1Les départs en vacances souffrent-ils de la flambée du prix des pâtes et du plein d'essence? C'est ce que laisse pense une étude que vient de mener le cabinet Raffour Interactif sur les vacances de nos concitoyens. Elle révèle que, l'an dernier, 59,7% des français seulement sont partis en "séjour de loisir marchand" (des vacances payantes) contre 64% en 2003.
Les classes moyennes subissent le plus fortement cette baisse qui s'est accélerée l'an dernier. Alors que les départs en vacances stagnent sur les revenus supérieurs à 1900 euros, ils subissent cette année une chute spectaculaire pour la tranche comprise entre 1200 et 1900 euros avec une baisse de près de 10% (de 58% en 2006 à seulement 49% en 2007). Pour les salaires de moins de 1200 euros, le taux de départ plafonne à 40%.
Moins de vacances chez Mamy
Cette baisse concerne même les séjours "non-marchands" passés en famille, probablement à cause de l'augmentation du prix de l'essence alors que les Français sont 75% à partir en vacances en voiture. En clair, le prix rédhibitoire du plein a dissuadé certains de prendre la route pour aller passer une semaine chez Mamy. Parallèlement, la légère hausse du taux de départ en court séjour montre que d'autres choisissent de raccourcir la durée de leurs vacances.
Preuve que le pouvoir d'achat exerce une pression importante sur les vacances des Français, ils sont davantage à s'organiser financièrement pour pouvoir partir. 76% ont prévu un budget spécifique avant leur départ contre 68% en 2006. Un bond de 8% en un an qui confirme une tendance entamée les années précédentes. Mais cette organisation à des limites : "Les Français ne vont pas manger des pâtes tous les jours pour partir en vacances, c'est un budget trop important", explique Guy Raffour, qui a supervisé l'étude.
Pas de cadeaux pour les pros
Les professionnels du tourisme trouvent face à eux des clients de plus en plus exigeants. "La campagne présidentielle a mis le pouvoir d'achat dans toutes les têtes", poursuit Guy Raffour. "Après une perte de repères liée à l'euro, les prix sur certaines marques alimentaires qui ont augmenté de 30%, il y a un halo sur les prix, que les Français conjuguent à une exigence de qualité".
Pour payer moins cher, ils se tournent de plus en plus vers le Web. "13,4 millions de Français utilisent désormais Internet pour préparer leurs vacances, soit 44% des Français partis en 2007. Cette population préparant ses vacances sur Internet a doublé depuis 2003!", se réjouit le site de voyages Opodo qui participe à l'étude. Juste après le choix, les français placent 'la recherche du meilleur rapport qualité/prix" dans les avantages de préparer ses vacances sur le Web.
Du temps, pas d'argent
Pour sortir les vacances de cette ambiance "serrage de ceinture", il n'y a que deux solutions : augmenter leurs salaires, et donc les revenus disponibles des Français, ou faire baisser des "dépenses obligatoires", comme le logement ou l'alimentation. Dans cette optique, Guy Raffour place beaucoup d'espoir dans la réforme des heures supplémentaires engagée par le gouvernement.
"Elles vont avoir un impact sur les ménages qui ont le plus baissé leur taux de départ en vacances", explique-t-il. "Les RTT ont donné du temps libre à dix millions de personnes mais seulement deux millions d'entres elles avaient effectivement les moyens de partir davantage en vacances". En clair, pour partir plus, il faudra travailler plus. Et vous appelez ça des vacances?
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