Champagne © TF1 - LCILa décision était impatiemment guettée dans le petit monde des viticulteurs : l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) a voté jeudi à l'unanimité le principe de l'extension de l'aire d'appellation champagne à 38 nouvelles communes, répondant à la demande des viticulteurs et des producteurs confronté à une demande grandissante dans le monde. Cette fameuse aire pourra donc passer de 319 communes, réparties sur 33.500 hectares, à 357 communes. La liste des heureuses élues sera connue dans une quinzaine de jours, lors de la publication de la décision de l'INAO au Journal Officiel.
Ce n'est toutefois qu'en 2015, après la période des enquêtes publiques, que l'INAO déterminera les parcelles des nouvelles communes sur lesquelles de nouvelles vignes seront autorisées a être plantées. Comme il faut à une vigne 3 ans pour produire du raison pour le champagne et encore 3 ans pour que les bouteilles se bonifient dans les caves, ce n'est qu'en donc 2021 que la décision prise par l'INAO jeudi produira ses premiers effets, en apportant une production supplémentaire de champagne.
"Il n'y a pas d'interêt à tirer le champagne vers le bas"
Pour Patrick Le Brun, président du Syndicat général des Vignerons (SGV), cette révision permettra d'éviter la multiplication des recours en justice de communes désireuses d'intégrer l'appellation en mettant fin à "un vide juridique" entre la loi de 1927 délimitant l'AOC et des critères techniques définis plus tard, en 1984, par l'INAO. Dès 1995, la commune de Fontenay-sur-Ay, dans la Marne, avait créé un précédent en obtenant du Conseil d'Etat le droit de planter 30 hectares de vignes après treize ans de bataille juridique. "A terme, la multiplication des recours risquait de décrédibiliser l'appellation et la typicité du produit", explique Patrick Le Brun.
Cette révision de l'aire d'appellation intervient dans un contexte bien particulier, alors que le champagne connaît un succès croissant dans le monde : les ventes en 2007 ont atteint un nouveau record avec 338,7 millions de bouteilles contre 321,6 millions en 2006. Un maximum de 400 millions de bouteilles peut être produit par an. Mais le SGV assure que la révision de l'aire n'a pas de lien direct avec l'explosion des ventes et les tensions sur le marché de l'approvisionnement en raisin acheté déjà très cher par les maisons de champagne (entre 4,50 et 5 euros le kg). "La question de l'aire est débattue depuis les années 1990, alors qu'il nous restait 5000 hectares à planter", justifie Patrick Le Brun. "Il s'agit de faire en sorte que la filière champagne réussise à relever le défi majeur de la gestion de sa croissance en préservant sa typicité. Il n'y a pas d'interêt à tirer le champagne vers le bas", affirme aussi Daniel Lorson, porte-parole du Comité interprofessionnel du vin de champagne (CIVC).
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




