© TF1/LCIPlus de soldes et de concurrence : voilà la recette pour faire baisser les prix concoctée en un temps record par le groupe de travail lancé par Bercy en janvier. Selon son rapport provisoire détaillé par le Figaro, deux semaines supplémentaires de soldes, une libération de la concurrence, et un comparateur de prix dans le commerce alimentaire, permettraient de "multiplier les occasions pour les consommateurs d'accéder à des prix bas".
Pour le groupe constitué d'associations de consommateurs et de fédérations de commerce, il n'est toutefois pas question de toucher à l'interdiction de la revente à perte, comme le préconise le rapport Attali, une mesure "trop brutale et trop risquée", qui certes "a suscité des baisses de prix significatives dans le cas de l'Irlande, mais s'est traduite aux Pays-Bas, par des destructions d'emplois à court terme", indique ce rapport. Les deux périodes de soldes, seuls moments de l'année où les commerçants sont autorisés à revendre à perte, doivent donc être maintenues, avec une durée maximale de six semaines à chaque fois.
"Soldes flottants" et high-tech bradé
Un assouplissement est malgré tout proposé, le rapport préconisant d' "autoriser chaque établissement à pratiquer deux semaines supplémentaires de soldes par an, aux dates de son choix". Ces soldes flottants permettraient "d'offrir aux consommateurs de nouvelles opportunités d'achat à prix réduits tout en préservant le caractère exceptionnel des périodes réglementaires".
Christine Lagarde, qui avait alors suggéré que des soldes "récurrents" doperaient la consommation. Elle avait déclenché un tollé chez les petits commerçants, les détaillants de chaussures et les grands magasins, pour qui les soldes doivent demeurer un évènement "spécial". Seule dérogation en matière de revente à perte: les produits technologiques à "obsolescence rapide" pourraient être écoulés à perte toute l'année s'ils "ne font pas l'objet d'un réapprovisionnement par le commerçant".
La loi Raffarin soldée
Le groupe de travail s'intéresse également à la loi Raffarin sur l'implantation commerciale, qui devrait être "abrogée et remplacée par une régulation plus souple", pour favoriser le déploiement de nouveaux concepts commerciaux, comme les magasin de hard discount qui cassent les prix. Des associations de consommateurs, UFC-Que Choisir en tête, jugent que la situation de quasi monopole des enseignes alimentaires dans certaines zones de chalandise explique en partie la flambée des prix. Les propositions retenues seront annoncées fin mars et insérées dans la loi de modernisation de l'économie, qui sera présentée au printemps.
Le rapport évoque aussi la mise en place d'un comparateur de prix qui offrirait "au consommateur une information impartiale et la plus exhaustive possible sur les prix" des produits alimentaires. En mars 2007, la Direction de la consommation (DGCCRF) avait rappelé à l'ordre 11 sites Internet de comparateurs de prix en raison notamment d'un "manque de "loyauté de l'information donnée au consommateur". En clair, ils favorisaient certains vendeurs.
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