Supermarchés : comment ils se partagent vos courses

Par , le 06 mars 2008 à 18h58 , mis à jour le 07 mars 2008 à 11h17

Une étude révèle que la concurrence affichée entre les distributeurs au niveau national dissimule un système de baronnies locales préjudiciable au consommateur.

caisse supermarché magasin © TF1/LCI

Entre les grandes surfaces, la concurrence fait apparemment rage : le meilleur exemple en est la guerre permanente que se livrent Carrefour et Leclerc à grands coups de pages et spots de publicité dans les journaux et à la télévision. Au niveau local, la réalité est pourtant toute autre.
 
Une étude du cabinet spécialisé Asterop que s'est procurée LCI.fr révèle ainsi que dans 87% des territoires étudiés en France, il n'y a pas ou peu de concurrence : 60% de ces bassins de consommation sont en effet archi-dominés par un seul acteur tandis que 27% d'entre eux sont "partagés" par deux d'entre eux dans une forme d'oligopole local. Ce qui ne laisse que 13% de territoire véritablement concurrentiel en France....
 
Pour mener cette étude, les enquêteurs ont découpé l'Hexagone en 630 zones élaborées à partir du mode de vie des Français (trajets, habitudes de consommations...) qui montrent mieux que les départements - un découpage qui date de Napoléon - l'organisation du marché de la grande distribution en France.
 
Un géant, un titan
 
Les grands gagnants de ce découpage sont en apparence Carrefour et Leclerc qui détiennent chacun plus de 100 des 630 zones de vies passées au crible par l'étude loin, devant Système U, les Mousquetaires (Intermarché), et Auchan. Mais entre les deux géants de la grande distribution française, il suffit d'y regarder d'un plus près pour constater que c'est Carrefour qui a les épaules les plus larges. Les zones dominées par le groupe représentent, en valeur, près de 41% du marché français de la distribution contre  moins de 11% pour l'entreprise de Michel-Edouard Leclerc.
 
Les exemples locaux sont particulièrement criants. Sur  la zone de vie de la région Lyonnaise, une des plus mal loties en surface de supermarchés avec la région parisienne, Carrefour détient avec ses différentes enseignes 40% du marché. Philippe Askenazy, chercheur au CNRS qui a consacré deux ans à passer au crible les grandes surfaces décrivait récemment à LCI.fr que "le week-end, les grandes surfaces de la région sont bondées, on y voit des couples avec des enfants patienter plus d'une demi-heure en caisse". Un manque de supermarchés qui laisse Carrefour libre d'encaisser des marges outrancières?
 
La carte élaborée à partir de l'étude révèle que chaque grand groupe s'est forgé des zones de domination écrasante sur le territoire national. C'est le cas de Carrefour, sur une large bande du Nord au Sud de la France passant par les régions parisienne et lyonnaise, de Leclerc, dans l'Est et le Sud-Ouest, ou encore de Système U dans l'Ouest. Cette domination n'est pas toujours visible : qui sait que les magasins Carrefour, Champion, Ed et 8 à huit appartiennent au même groupe (Carrefour) comme Casino, Leader Price, Franprix et Spar (Groupe Casino)?
 
Quand Leclerc concurrence Leclerc
 
Le PDG d'Asterop suggère pourtant de rester prudent sur l'analyse à tirer du constat de "paysage très concentré de la distribution" qui laisse présager une concurrence au rabais. "Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain", explique Christophe Girardier. "Par exemple, dans la zone de Nantes, archi-dominée par Leclerc, les magasins du distributeur appartiennent à différents franchisés qui se livrent une guerre des prix acharnée. La réalité est donc parfois assez subtile".
 
La prochaine étape consiste à évaluer localement les conséquences sur les prix et donc le pouvoir d'achat des consommateurs, avant de faire le ménage dans le marché français de la grande distribution. C'est la mission, que s'est donnée le gouvernement qui entend lutter contre les abus. Les sénateurs qui planchent sur le sujet ont déjà prévu de rencontrer les auteurs de l'étude le 2 avril prochain. Ils pourront ensuite s'attaquer à une refonte de la loi Raffarin de 1996 qui, en bridant l'implantation de nouvelles grandes surfaces, a favorisé le partage des marchés locaux.
 
Une autre piste sera d'informer directement le consommateur des rapports de force dans sa propre zone de vie. L'étude complète du groupe Asterop étant disponible à un prix catalogue de 55.000 euros, elle ne devrait pas trouver preneur auprès du grand public. Mais le PDG d'Asterop révèle à LCI.fr qu'il planche sur un site grand public qui reprendra ces informations. Un outil  sur le Web qui devrait vous permettre de savoir qui fait la loi sur le prix des pâtes et du lait dans votre quartier.
 
Pour savoir quel acteur domine votre "zone de vie", vous pouvez agrandir la carte qui illustre cet article, en haut de page. Vous pouvez ensuite laisser un commentaire en cliquant ci-dessous sur "réagir à cet article".

Par Olivier Levard le 06 mars 2008 à 18:58
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35 Commentaires

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  • Franckenstein, le 24/05/2009 à 18h55

    Les grandes surfaces se font une marge énorme! Personne n'aurai-t'il pas le courage de dénoncer la pression qui existe sur les producteurs qui finisse par travailler a perte alors que les distributeurs augmentent chaque jours leurs prix.

  • Fff, le 11/03/2008 à 17h29

    JE DIS TOUT SIMPLEMENT VIVE LALLEMAGNE JE SUIS HEUREUSE DE VIVRE A COTE DE LALLEMAGNE OU TOUT EST MOINS CHERE NOURRITURE VOITURES ABSOLUMENT TOUT ET VIVE LA SUISSE QUI ME DONNE DU TRAVAIL LA FRANCE CA COMMENCE A DEVENIR MISERABLE DANS TOUS LES SENS DU TERME.........

  • Pierre, le 08/03/2008 à 20h02

    Aura-t-on un jour le courage de révéler les 30 à 40% de marges arrières sur les principales marques de lessive par exemple que percoivent chaque année les grandes enseignes et que payent forcément les consommateurs que nous sommes???

  • TEYCHENE, le 08/03/2008 à 18h09

    Ce sont des voleurs.Pour gagner plus ils ont decidés de vendre les pomelos à la pièce 1.25 euro pièce. les salades entre 1et1.8 pièce le premier jour à la fin elles ont diminuées des 3/4 et sont toujours au même prix.Les noix fraiches détrempées l'eau coule encore et sont vendue entre 5et8 euro le Kg une honte sans compter le reste des legumes pouris.

  • Mary, le 07/03/2008 à 21h09

    Vive les marchés !!!

  • Antoine, le 07/03/2008 à 16h50

    Et maintenant les distributeurs nous sorte l'epouventail de l'emploi de qui se moque-t-on......

  • Regis, le 07/03/2008 à 16h29

    Si comme moi vous n'etes pas trop loin d'une frontiere, deplacez vous, faites vos courses, faites le plein d'essence et de cigarettes, les economies realisées remboursent largement le prix du deplacement :-)

  • Ribouldingue, le 07/03/2008 à 16h28

    Il est bien évident que ces messieurs ne sont pas des philanthropes, et que seul le profit les guide.......Les supposés prix bas sont juste un appel marketing. Mais, les prix sont peut être bas, mais les produits ne sont pas de qualité. Notre pouvoir d'achat baisse? Pas seulement à cause de l'euro, mais aussi à cause des 35 heures, (grosso modo, nous travaillions 35 heures payées 39 en 2000, et nous avons rattrapé notre retard aujourd'hui en travaillant 35 heures payées 35), Mais aussi parce que nous voulons tout: Des fruits, des légumes, (des fraises en décembre et des cerises ou des tomates en janvier), des produits préparés (plein de graisses polyinsaturées, mais aussi, des vétements de marque pour toute la famille, une voiture, une télé, un lecteur DVD et un ordinateur, l'hiver aux antilles, etc.... etc.... Ce n'est pas le pouvoir d'achat qui s'effrite, c'est l'offre et la demande qui s'affolent. Consommez moins, mais mieux, voilà la solution: Donc plûtot des artisans et des petits commerçants dans des centres villes accueillant que des hypers dans des balieues sordides où l'on finit par s'étonner que les gosses trainassent sur les parkings d'hyper...... Il n'y a plus que ça!

  • emeric, le 07/03/2008 à 16h09

    Mais non,la hausse des revenus ne peut que créer une nouvelle inflation...sauf s'il y a vraiment une augmentation de la production en france!!! mais pour ça,il faut travailler plus sans chercher à gagner plus d'argent au départ

  • Candide, le 07/03/2008 à 15h24

    Ce qui est effrayant c'est de voir l'ignorance de la plupart des consommateurs sur l'organigramme des distributeurs , notamment Sylvain qui croit que son petit épicier est un indépendant ....En fait il est obligé de passer soit dans un cash and carry ,soit un promo cash c'est kif-kif ,mais en haut de la pyramide il n'y a qu'un seul ou deux distributeurs hallais ,mulliez et autres métro ,promodès !Voyez cela plus en détail sur internet:bilderberg !

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